Un atelier inclusif sur l’évolution de l’écriture réunit personnes voyantes et non-voyantes à Angers
Société

Un atelier inclusif sur l’évolution de l’écriture réunit personnes voyantes et non-voyantes à Angers

À l’occasion de l’exposition « De la plume au texto, l’écrit du Moyen Âge à nos jours », les Archives départementales du Maine-et-Loire ont collaboré avec l’association Valentin Haüy, en février dernier, pour proposer un atelier sur l’évolution de l’écriture. Ce dernier a eu la particularité d’inviter des personnes voyantes à s’associer avec des personnes malvoyantes et non-voyantes pour s’entraider.

Des personnes voyantes et non-voyantes réunies à l’occasion d’un atelier sur l’évolution de l’écriture. – © Département de Maine-et-Loire

Assis à des tables en demi-cercle, une dizaine d’Angevins ont fait le déplacement pour assister à l’atelier. « On vous invite à manipuler le calame et le faire glisser sur la feuille », annonce Arnaud Blond, médiateur culturel aux Archives départementales du Maine-et-Loire.

Les participants ont eu l’opportunité d’écrire avec ce roseau taillé en pointe utilisé en France au XIIe siècle. Ils ont eu l’occasion par la suite de tracer des lettres avec des plumes d’oiseaux, des plumes métalliques et enfin, plus connus à notre époque : les stylos plume.

Une expérience inclusive autour des gestes de l’écriture

« On avait vraiment cette volonté de surprendre notre public. Un atelier classique d’écriture à la plume n’a rien de particulier mais le réaliser en invitant une personne voyante à s’associer avec une personne non-voyante est rare, se réjouit Arnaud Blond. On voulait que l’un apprenne de l’autre, c’est une véritable expérience accessible à tous ».

Gilles, membre de l’association Valentin Haüy, est non-voyant. Il est venu enseigner la lecture et l’écriture du braille aux participants puis a eu l’occasion d’essayer lui-même les plumes et les stylos : « J’étais très content de pouvoir écrire, de tenir un stylo plume entre mes doigts. Plus on a des interactions avec des personnes voyantes et plus l’intégration dans la société pour nous est facile. »

Depuis quelques années, le braille se modernise grâce aux nouvelles technologies. Il est maintenant possible pour les personnes malvoyantes et non-voyantes d’utiliser des téléphones portables grâce aux guides sonores et à l’écriture braille intégrée aux smartphones.

Les six cercles numériques qui apparaissent sur l’écran permettent à Gilles d’écrire des notes et d’envoyer des messages : « Grâce à cette technologie, je ne suis pas obligé de passer par un clavier classique pour écrire. Je peux me servir de mon écriture naturelle. C’est une avancée intéressante de ces dernières années. »

Gwenola, malvoyante et participante à l’atelier, n’a pas appris le braille. Grâce aux nombreuses aides qu’offrent les outils numériques, elle n’en ressent pas le besoin. « L’apprentissage du braille me demanderait trop de temps. Il vaut mieux être malvoyante aujourd’hui qu’à une certaine époque. Grâce au numérique, je peux écrire des mails, des documents… C’est extrêmement agréable de pouvoir rester active malgré mon handicap. »

L’atelier a particulièrement touché Arnaud Blond : « Les échanges étaient intéressants entre les participants, ils étaient tous très curieux et surpris d’apprendre l’écriture naturelle de l’autre. »

Après avoir été présentée aux Archives départementales du Maine-et-Loire à Angers pendant plusieurs mois, l’exposition « De la plume au texto, l’écrit du Moyen Âge à nos jours » doit désormais circuler dans le département sous forme itinérante, afin de permettre à un public plus large de découvrir l’évolution de l’écriture à travers les âges.

Article proposé par Paolo Droillard, en partenariat avec Radio Campus Angers.

 

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