Clotilde, Rachel et Emma Routier ouvriront ce mercredi 29 avril, La Smala angevine, au 9 jardin Éblé à Angers. Pensé comme un lieu hybride mêlant café, petite restauration, espaces de jeux, ateliers et massages, l’établissement a été imaginé pour permettre aux parents de sortir avec leurs enfants sans contrainte ni culpabilité.

Les trois sœurs, Clotilde, Emma et Rachel, ont créé leur propre lieu adapté aux familles. – © Angers.Villactu.fr
Au 9 jardin Éblé, derrière la gare d’Angers, un nouveau lieu s’apprête à ouvrir ses portes ce mercredi 29 avril. Baptisé La Smala angevine, cet espace hybride imaginé par trois sœurs, Rachel, Clotilde et Emma Routier, entend répondre à une difficulté bien connue de nombreux jeunes parents : trouver un endroit où sortir avec de jeunes enfants sans avoir le sentiment de déranger.
Le projet réunit un café-bar, de la petite restauration, des espaces de jeux, des ateliers autour de la parentalité et des soins bien-être. L’ambition est simple : permettre aux familles de profiter d’un moment de détente sans devoir choisir entre le confort des adultes et celui des enfants.
« On sentait qu’à chaque fois, il fallait que soit le parent, soit l’enfant fasse un pas de côté, résume Emma Routier. Si on décidait d’aller dans un bon resto, pour le coup, c’était les enfants qui ne semblaient pas adaptés au lieu. Donc l’objectif c’est aussi de pouvoir créer un lieu où petits et grands ont vraiment leur place, à 100 %. »
Un projet né d’expériences personnelles
Clotilde et Rachel, sœurs jumelles, et leur cadette Emma ont grandi à Angers après avoir quitté les Deux-Sèvres dans l’enfance. Toutes les trois viennent d’univers professionnels différents mais complémentaires, que ce soit dans la petite enfance, la protection de l’enfance, ou encore le bien-être.
Clotilde et Emma ont travaillé en micro-crèche, Rachel est masseuse bien-être. Depuis plusieurs années, elles échangeaient régulièrement sur leurs métiers, leurs envies d’évolution et les difficultés rencontrées par les familles.
« On arrivait toutes un peu au bout de notre évolution professionnelle, raconte Rachel. On aimait nos métiers, mais on voulait toutes les trois faire autrement. »
À cela s’ajoutait la vie familiale. Les deux aînées sont devenues mères et ont constaté combien il était difficile de concilier travail, parentalité et vie sociale : « On est arrivées à un moment où on s’est dit qu’il était possible de tout concilier, sans avoir à mettre notre vie de famille de côté », poursuit-elle.
Un constat partagé par de nombreux parents
Le besoin s’est imposé au fil de leurs propres sorties avec enfants, mais aussi au contact des familles rencontrées dans leurs métiers.
Restaurants peu adaptés, absence de tables à langer, regards insistants quand un enfant fait du bruit, difficulté à sortir en hiver avec des tout-petits… Pour elles, les exemples se multipliaient.
« Dès que l’on a des enfants entre 0 et 3 ans, c’est souvent compliqué », souligne Rachel. En été, on peut aller dans les parcs, dans des guinguettes, mais en hiver, on est plus limité. On se retrouve à aller les uns chez les autres. »
Pour les parents isolés, la situation peut devenir encore plus compliquée : « Il y a quand même pas mal de mamans solo ou de parents seuls qui demandent : qu’est-ce que l’on peut faire ? Où est-ce que l’on peut aller ? », observe Emma.
Le trio revendique aussi une forme de contre-courant face à une tendance qu’elles jugent de plus en plus présente, celle d’une société où les enfants semblent parfois indésirables.
« On nous a dit que l’on était un peu à contre-courant, sourit Emma. La tendance a l’air d’être plus à dire : non, on éloigne les enfants de notre quotidien. Nous, on trouve que les enfants ont leur place à part entière. »
Un lieu de vie familial et intergénérationnel
Sur 180 m², La Smala angevine a été pensée pour accueillir aussi bien les parents que les enfants, des bébés aux plus grands.
Le café proposera boissons chaudes, jus, gâteaux maison, quiches, tartes salées, soupes, salades ou planches apéritives, avec une volonté affirmée de travailler autant que possible avec des produits locaux : « C’est de la petite restauration sur le pouce. On voulait quelque chose de convivial, pas ouvrir un restaurant classique », précise Emma.
Deux espaces de jeux seront aménagés, dont notamment un coin pour les bébés avec tapis au sol, barre d’appui et possibilité de sortir les enfants de la poussette, et un autre pour les plus grands avec kitchenette, jeux d’imitation, livres et jeux de société.
Un meuble spécifique permettra de stationner les poussettes, tandis que les sanitaires ont été pensés pour les familles avec marchepieds, tables à langer et équipements adaptés :« On a toutes déjà dû changer les enfants au sol avec le manteau en dessous. Toutes ces situations ont nourri nos idées pour ce lieu », raconte Rachel.
Ateliers, massages et soutien à la parentalité
Au-delà du café, La Smala angevine proposera aussi des ateliers pour enfants, parents-enfants et adultes. Ateliers créatifs, cuisine, éveil sensoriel, portage, cafés-rencontres autour de la parentalité, grossesse ou post-partum… L’idée est d’offrir un espace de discussion plus informel que les structures médicales traditionnelles.
« On n’est pas obligé de se dire ‘je prends rendez-vous dans un cabinet’. Ici, ce sera plus informel, le tout dans la bienveillance et sans culpabiliser les parents », explique Emma.
Rachel assurera également des massages pour bébés, enfants et adultes, ainsi que des soins spécifiques pour les futures mères et le post-partum. L’une des particularités du lieu repose aussi sur la possibilité, validée avec la Protection maternelle et infantile (PMI), de faire garder son enfant sur place pendant un soin : « Pendant une heure, je prends soin de moi et je sais que mon bébé est surveillé, résume Rachel. On sait que c’est difficile de demander à quelqu’un de se déplacer juste pour ça. »
Une localisation soigneusement choisie
Installée dans le quartier Saint-Laud, à proximité immédiate de la gare, La Smala angevine ouvrira du mardi au vendredi de 8 h 30 à 18 h 30, et le samedi de 10 h à 19 h 30.
Le choix de ce secteur n’est pas un hasard. Les trois sœurs voulaient éviter l’hypercentre tout en restant facilement accessibles en voiture, en tramway ou en train. « Quelqu’un qui a trois heures de battement entre deux trains peut venir ici, on est seulement à cinq minutes », souligne Emma.
Après trois ans de réflexion, deux ans d’accompagnement entrepreneurial et plusieurs mois de travaux, l’ouverture approche enfin : « On a eu beaucoup de retours de parents, de papas aussi, qui nous disaient que ça faisait du bien qu’un lieu comme ça existe », confie Rachel.
Pour les trois sœurs, l’objectif reste inchangé : proposer un espace où les familles n’ont plus à se justifier d’être là : « Les enfants ont aussi le droit de profiter, il ne faut plus les cacher de l’espace public », résume-t-elle.
Par Eline Vion.
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