Face à la multiplication des infractions impliquant les trottinettes électriques, la Ville d’Angers renforce son arsenal. Après l’adoption d’un tarif de mise en fourrière par le conseil municipal, les trottinettes seront également interdites sur le plateau piétonnier à partir du 1er septembre.

En plus de la possibilité de mise en fourrière, les trottinettes seront également interdites sur le plateau piétonnier. – © Adobe Stock
Les utilisateurs de trottinettes électriques devront bientôt redoubler de vigilance à Angers. Le conseil municipal a adopté lundi 29 juin un nouveau tarif permettant la mise en fourrière de ces engins dans certains cas. Une mesure qui s’inscrit dans un renforcement plus large de la politique de sécurité routière de la Ville.
« L’accroissement des trottinettes électriques est une bonne chose dans l’absolu parce que cela participe à la décarbonation de nos transports et à des mobilités plus durables. Mais cela s’accompagne malheureusement de nouvelles incivilités », explique Anthony Lusson, adjoint à la Sécurité et à la Prévention.
Selon l’élu, près de 500 verbalisations ont été dressées en 2025 à l’encontre de conducteurs de trottinettes électriques pour diverses infractions. « Il a fallu ajuster notre réponse », justifie-t-il.
Deux motifs de mise en fourrière
La mise en fourrière sera désormais possible dans deux situations. La première concerne les trottinettes débridées : « Le fait de rouler au-delà des 25 km/h est un motif qui permet de mettre en fourrière la trottinette », rappelle Anthony Lusson, précisant que cette infraction peut être constatée grâce aux radars ou à un appareil mesurant la vitesse potentielle de l’engin.
Le second motif est le défaut d’assurance : « Ce que les gens, de bonne foi ou pas, ne savent pas, c’est qu’il faut assurer une trottinette. Le défaut d’assurance est également un motif qui permet sa mise en fourrière », insiste l’adjoint. Ce défaut est généralement découvert lors d’un contrôle portant sur une autre infraction, comme l’utilisation du téléphone au guidon, le port d’écouteurs ou encore le transport d’un passager.
En plus des frais de fourrière de 130 euros, un tarif journalier sera appliqué tant que le propriétaire ne récupère pas sa trottinette.
Les trottinettes bannies du plateau piétonnier
Autre évolution annoncée : à compter du 1er septembre, les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), dont les trottinettes électriques, seront interdits sur le plateau piétonnier du centre-ville.
La Ville laisse toutefois deux mois de pédagogie, en juillet et en août, pour informer les usagers avant l’entrée en vigueur de la mesure. Les contrevenants s’exposeront ensuite à une amende pouvant atteindre 150 euros.
« La règle est assez simple : le plateau piétonnier est fait pour les piétons. C’est pourquoi, les trottinettes ne pourront plus y circuler », résume Anthony Lusson.
Pour l’élu, cette décision répond à une évolution des usages de l’espace public. « Il y a six ans, la demande forte était de mieux protéger les cyclistes. Aujourd’hui, le plus vulnérable est devenu le piéton. Le piéton doit être protégé sur le plateau et sur les trottoirs », estime-t-il.
Anthony Lusson souligne également que cette demande émane aussi des commerçants : « La rue Lenepveu n’est pas une autoroute, la rue Saint-Aubin n’est pas une rampe de lancement. Certains comportements mettent clairement en danger des piétons et, au final, nuisent à l’attractivité commerciale du centre-ville », conclut-il.
Par Eline Vion.
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