« Nous sommes très dépendants des niveaux des cours d’eau » : le Maine-et-Loire face au défi de la ressource en eau
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« Nous sommes très dépendants des niveaux des cours d’eau » : le Maine-et-Loire face au défi de la ressource en eau

Les canicules qui s’enchaînent ces dernières semaines assèchent les cours d’eau et les sols. Le Syndicat de l’Eau de l’Anjou, premier gestionnaire de réseau d’eau en Maine-et-Loire, surveille la situation de près.

Le niveau des cours d’eau est particulièrement bas – © Archives Angers.Villactu.fr

Créé en 2017, le Syndicat d’Eau de l’Anjou (SEA), premier gestionnaire de réseau d’eau en Maine-et-Loire et troisième des Pays de la Loire, alimente en eau potable 160 000 habitants répartis sur 62 communes. Avec les canicules et l’absence de précipitations, la ressource en eau s’avère d’autant plus précieuse. Entretien avec Étienne Glémot, président du SEA.

Quelle est la situation de la ressource en eau dans notre département ?

Étienne Glémot : « Il faut savoir qu’en Bretagne, à partir du 1er avril, la moitié de l’eau potable qui est distribuée est de l’eau qui a été stockée. Dans le Maine-et-Loire, nous ne stockons pas l’eau, car nous avons la Loire et nous utilisons aussi les eaux en sous-sol et dans la Mayenne. Nous sommes très dépendants des niveaux des cours d’eau. Aujourd’hui, à l’usine de Saint-Georges-sur-Loire, parmi les trois puits, un est à l’arrêt, faute d’eau suffisante.

Actuellement, nous achetons de l’eau à Angers Loire Métropole pour compenser. Comme le niveau de la Loire baisse, nous nous rapprochons de la situation de 2022 où nous avions dû arrêter l’usine, car il n’y avait plus assez d’eau dans la Loire. »

Existe-t-il un risque de manquer d’eau potable ?

« Nous ne nous considérons pas en alerte rouge même si la Loire est dans une situation pire qu’en 2022 à la même période. Cependant, les réserves ont pu être bien remplies cet hiver grâce aux fortes pluies. Nous sommes plutôt sereins, mais nous voyons que la situation est fragile. On ne peut pas se permettre de gâcher l’eau, il faut qu’on fasse tous attention. »

Comment préparez-vous l’avenir avec la multiplication attendue de ces périodes de sécheresse à cause du réchauffement climatique ?

« Nous avons des millions de mètres cubes d’eau qui passent sur le territoire l’hiver que nous ne retenons pas. Dans le Maine-et-Loire, nous allons devoir faire des retenues d’eau à la fois pour l’eau potable, mais aussi pour les agriculteurs. Cela passe également par la préservation des zones humides, par la désimperméabilisation et la végétalisation des villes. Il n’y a pas une solution, c’est une mosaïque de solutions qui permettra de réussir.

Nos investissements visent par ailleurs à améliorer les infrastructures et à trouver de nouvelles ressources en eau. Nous sommes en train de regarder si nous ne pourrions pas puiser de l’eau dans les mines au Nord du département. Nous faisons des tests, car il ne faut pas faire n’importe quoi. Nous allons devoir mettre l’ensemble des acteurs autour de la table pour trouver des solutions et adapter nos pratiques. »

Qu’en est-il de la pollution de l’eau ?

« C’est un vrai sujet. Le pollueur c’est l’homme. Il suffit d’ouvrir nos placards pour voir tous les produits que nous avons et qui finissent dans l’eau. Pourtant, nous avons des alternatives qui préservent l’environnement. Il y a également un sujet agricole où nous devons aider les agriculteurs à se passer des produits polluants. Les industriels ont aussi des efforts à faire. »

Étienne Glémot, maire du Lion-d’Angers et président du Syndicat de l’Eau de Anjou – © Angers.Villactu.fr

Par Sylvain Réault.

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