Créée par Henri Barraya et Simon Rosolen, la jeune entreprise Revila a mis au point un procédé permettant d’associer une vidéo à une photo imprimée grâce à la technologie NFC. Récompensée par une médaille d’or au concours Lépine 2026, la start-up entend désormais accélérer son développement en France.

Henri Barraya et Simon Rosolen ont remporté la médaille d’or au concours Lépine 2026 grâce à leur innovation. – © Angers.Villactu.fr
Une simple photo que l’on approche de son téléphone et qui déclenche instantanément la lecture d’une vidéo. C’est le principe imaginé par deux jeunes entrepreneurs angevins, Henri Barraya, 23 ans, et Simon Rosolen, 24 ans. Une innovation qui leur a valu une médaille d’or au concours Lépine 2026. Avec Revila, ils ambitionnent de transformer la manière dont les souvenirs vidéo sont conservés et partagés.
L’idée est tout d’abord née d’une expérience personnelle : « Je me suis rappelé d’un de mes plus grands fous rires avec mes grands-parents quand j’avais 8 ans », raconte Henri Barraya. Une vidéo de ce moment existait, mais a disparu au fil des années. « Je me suis dit : il y a des parties de nous, des souvenirs vivants, qui finissent par nous filer entre les doigts. Il faut absolument trouver un moyen de matérialiser ces souvenirs vidéo dans le monde réel. »
À l’époque, le jeune Angevin développe déjà un projet entrepreneurial en parallèle de ses études de langues. Son futur associé, Simon Rosolen, suit de son côté une formation d’ingénieur à l’ISTOM et multiplie les initiatives, des jeux éducatifs à un projet immobilier. Les deux hommes se rencontrent en 2025 au sein du dispositif Pépite, dédié à l’entrepreneuriat étudiant.
« Le fait que l’on puisse ‘imprimer des vidéos’ m’a tout de suite séduit, se souvient Simon Rosolen. En testant, je me suis dit qu’il fallait vraiment passer de l’idée au projet. »
Des prototypes testés dans une brocante
Plutôt que de passer des mois à perfectionner leur concept, les deux associés choisissent de le confronter rapidement au public. Quelques prototypes rudimentaires sous le bras, ils s’installent un jour dans une brocante angevine pour recueillir les réactions des passants.
« On voulait se confronter à la vraie vie le plus vite possible pour savoir si notre projet était à mettre à la poubelle, ou s’il fallait persévérer, sourit Henri Barraya. Et là, les passants ont été séduits, ça a été un moment clé pour nous ».
Ce qui fait la force du projet, c’est que le principe est simple. L’utilisateur télécharge une vidéo sur le site de Revila, choisit une photo qui sera imprimée, puis reçoit une carte équipée d’une puce NFC. En approchant un smartphone de l’image, la vidéo se lance automatiquement.
Pour les deux entrepreneurs, le produit répond à un usage devenu universel. « On a la fausse impression qu’on possède nos souvenirs parce qu’ils sont dans notre téléphone, mais on ne les regarde jamais, estime Simon Rosolen. Nous, on les matérialise. »
L’entreprise propose également un service de montage automatique permettant de transformer une série de photos et de vidéos en un film prêt à être associé à une carte.
Mariages, entreprises et événements
Très vite, les fondateurs découvrent que les applications possibles dépassent largement le cadre familial. Les premiers retours du marché arrivent lors d’un salon du mariage.
« En moyenne, sur les trois jours, on avait un couple qui s’inscrivait toutes les quatre minutes », affirme Simon Rosolen. Une validation importante pour une jeune société qui cherche alors encore son modèle économique.
Depuis, Revila a élargi son champ d’action. Des vidéastes et photographes de mariage proposent désormais le produit à leurs clients. Des entreprises s’en servent également comme support de communication.
L’un des contrats marquants pour le duo d’entrepreneurs a été signé avec la Marine nationale, qui a commandé plusieurs milliers de cartes destinées à présenter différents métiers lors de salons d’orientation. « Ils nous ont dit : on croit en votre projet », relate Simon Rosolen.
Pour les entreprises, le dispositif permet de remplacer ou compléter les traditionnels supports papier et QR codes par une expérience plus interactive.
Parmi les derniers développements figure notamment le lancement d’un format magnétique destiné à être fixé sur un réfrigérateur, preuve que les deux entrepreneurs continuent d’explorer de nouveaux usages autour de leur invention.
Une médaille d’or au concours Lépine
Après plusieurs mois de développement et de tests, les deux associés décident de participer au concours Lépine, rendez-vous incontournable de l’innovation française. « On ne peut le faire qu’une seule fois, donc on s’est dit que si on participait, il fallait vraiment tout donner », explique Simon Rosolen.
Sur place, leur stand attire rapidement les visiteurs. Les démonstrations s’enchaînent et les réactions se ressemblent souvent : « Les gens étaient émerveillés, ils étaient surpris, observe Henri Barraya. Je pense que c’était ça la valeur de notre stand. »
Cette visibilité leur vaut finalement une médaille d’or, une distinction qui marque un tournant pour l’entreprise. « Ça a été une reconnaissance très émouvante », confie Henri Barraya.
Selon les fondateurs, les retombées ont été immédiates. Les commandes ont fortement augmenté et les sollicitations se sont multipliées, y compris à l’étranger. Des contacts ont ainsi été pris depuis le Brésil, le Canada ou encore l’Australie.
Une ambition nationale avant l’international
Aujourd’hui, Revila fonctionne encore avec ses deux cofondateurs, mais l’entreprise prépare une nouvelle phase de développement avec le recrutement prochain d’alternants en communication et marketing, ainsi que la constitution d’une force commerciale.
À court terme, l’objectif est de renforcer la notoriété de la marque en France. « Notre vraie ambition, c’est que les gens, quand ils voient ce concept, n’appellent pas ça une photo NFC, mais une Revila », résume Henri Barraya. À plus long terme, les deux associés envisagent un déploiement à l’international, tout en conservant leur ancrage angevin. « On espère que Revila ne restera pas une PME d’Angers, affirme Simon Rosolen. Mais on veut garder cette qualité française et ce savoir-faire-là. »
Par Eline Vion.
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