Avec plus de 70 spectacles de théâtre, danse et musique, le Quai CDN et le Centre national de danse contemporaine (CNDC) ont présenté leur saison 2026 – 2027, entre créations, grands plateaux et artistes internationaux.

Le Quai et le CNDC viennent de dévoiler leur saison 2026 – 2027. – © Angers.Villactu.fr
Vingt ans après l’ouverture du nouveau bâtiment du Quai et alors que le CNDC se rapproche de son cinquantième anniversaire, les deux institutions angevines ont présenté leur programmation 2026 – 2027. Plus de 70 rendez-vous de théâtre, danse et musique sont annoncés, avec une ligne directrice assumée : faire de la création contemporaine le cœur du projet artistique.
« La question de la maison de création est centrale pour nous, encore plus lorsque l’on prête attention au contexte », souligne Marcial Di Fonzo Bo, directeur artistique du Quai. Plusieurs spectacles seront ainsi créés ou répétés à Angers avant d’être diffusés dans d’autres salles en France et à l’étranger.
La saison s’ouvrira avec À nos enfants glorieux, de Sonia Chiambretto. Issue d’une immersion menée auprès de jeunes vivant aussi bien en milieu rural qu’urbain, cette création entend faire dialoguer « les jeunesses de la campagne et de la ville », explique Marcial Di Fonzo Bo. La dramaturge retrouvera ainsi le Quai après Au Bon Pasteur, peines mineures (2), présenté cette année autour des anciennes pensionnaires des établissements du Bon Pasteur.
Une programmation largement portée par les femmes
Le directeur artistique revendique également une saison marquée par les créatrices. « Beaucoup de créations seront portées par des artistes féminines, notamment sur grand plateau », annonce-t-il. Parmi elles figurent Carme Portaceli, qui revisitera la figure de Marie-Madeleine dans Maria Magdalena, Caroline Guiela Nguyen avec Lacrima, ou encore Pascaline Daniel-Lacombe, qui adaptera la littérature contemporaine norvégienne dans Et au-delà rien n’est sûr.
Le théâtre fera également la part belle aux classiques revisités, avec La Maison de Bernarda Alba de Federico García Lorca dans une nouvelle traduction de Théo Askolovitch, Phèdre relue par François Gremaud ou encore Minetti, de Thomas Bernhard, mis en scène par Mathieu Cruciani. Marcial Di Fonzo Bo assume par ailleurs « un petit focus espagnol cette année », sans pour autant renoncer à une ouverture plus large sur le monde.
Cette dimension internationale se retrouvera notamment dans Le Cabaret de Téhéran, où Gurshad Shaheman rend hommage aux chanteuses iraniennes d’avant la révolution de 1979, mais aussi dans plusieurs spectacles joués en plusieurs langues ou explorant des réalités sociales et politiques contemporaines.
Le CNDC entre futur, mémoire et collectif
Du côté du Centre national de danse contemporaine, la saison s’organisera autour de trois grands axes : le futur, le collectif et les mémoires. « La saison 2026 – 2027 possède trois grands axes, dont un centré sur le futur. C’est une thématique importante, que les artistes imagineront avec inquiétude eux-mêmes », explique Marion Colléter, directrice déléguée du CNDC. Les spectacles exploreront aussi bien les bouleversements liés à l’intelligence artificielle ou à la crise climatique que les questions de transmission, d’identité et d’histoires longtemps restées invisibles. « Le choix de cette thématique servira à observer comment, par le mouvement, on peut faire ressurgir des souvenirs passés », poursuit-elle.
Cette réflexion se traduira notamment avec This is Unreal, de Liz Santoro et Pierre Godard, qui interrogera les frontières entre le réel et les récits générés par l’intelligence artificielle, ou encore avec En même temps d’Olivia Grandville, consacré à la puissance du collectif et à ses paradoxes. Plusieurs créations aborderont également les mémoires familiales, caribéennes ou encore afrodescendantes, faisant du corps un véritable espace de transmission.
La saison sera aussi marquée par plusieurs temps forts. Après trois années de résidence, les artistes associées Léa Vinette et Maud Blandel présenteront leurs dernières créations avant de quitter le CNDC. Le public retrouvera également la chorégraphe américaine Lucinda Childs avec Dance, œuvre interprétée par le Ballet de l’Opéra de Lyon, attendue pour la première fois au Quai.
La programmation musicale ne sera pas en reste. Elle s’ouvrira avec la chanteuse franco-tunisienne Emel, dont le dernier album, MRA, met à l’honneur les voix féminines, avant d’accueillir plusieurs artistes aux univers mêlant jazz, musiques du monde et créations contemporaines.
Au-delà des spectacles, les deux institutions poursuivront leurs actions en direction des publics avec des rencontres, ateliers, expositions, une billetterie solidaire ou encore la première édition angevine du « Kilomètre de danse », une journée ouverte à tous qui réunira amateurs, associations et professionnels autour de la pratique chorégraphique.
Une ambition maintenue malgré les contraintes
Si les responsables ont largement insisté sur le contenu artistique de cette nouvelle saison, ils n’ont pas éludé les difficultés auxquelles le secteur culturel reste confronté. Après la baisse des financements régionaux, certaines productions internationales ont été réduites et le tarif de l’abonnement augmente d’un euro, passant de 16 à 17 euros. Les équipes assurent toutefois avoir préservé leurs engagements auprès des artistes et maintenu les coproductions déjà lancées grâce à un travail renforcé avec les partenaires du territoire.
« Les subventions donnent du travail à bon nombre de familles angevines et offrent une meilleure accessibilité à la culture. Sans elles, le vrai coût des billets pourrait être dix fois plus élevé », rappelle Marcial Di Fonzo Bo. Jacques Peigné, directeur délégué du Quai, voit dans cette période une responsabilité particulière pour les institutions culturelles. « Il y a une bataille culturelle en ce moment », affirme-t-il, estimant que « l’accès aux œuvres et la liberté de création doivent continuer à être défendus ».
La billetterie est d’ores et déjà ouverte en ligne sur le site internet du Quai.
Par Eline Vion.
Suivez toute l’actualité locale en vous abonnant à nos newsletters.
