Le château d’Angers se met en quête de fantasy
Culture

Le château d’Angers se met en quête de fantasy

Jusqu’au 3 janvier 2027, l’exposition « Heroic » propose aux visiteurs du château d’Angers de se plonger dans l’univers de la fantasy à travers une déambulation mêlant mythes médiévaux et contemporains.

L’exposition sera visible jusqu’au 3 janvier 2027 – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr

Le château d’Angers a ouvert, le 4 juillet dernier, son exposition « Heroic », mettant en avant la réinterprétation des mythes moyenâgeux et contemporains liés à l’univers de la fantasy. Jusqu’au 3 janvier 2027, le public pourra découvrir un mélange d’œuvres de fiction modernes issues du cinéma, du jeu vidéo ou encore de la littérature, avec des objets historiques évoquant les mythes célébrés au Moyen Âge.

L’ensemble des représentations médiévales qui sont apparues et se sont construites après le Moyen Âge est rassemblé sous le concept du médiévalisme, qui est le thème central de l’exposition. Ces représentations prennent la forme de créations culturelles reprenant des thèmes, des idées, des objets et des images associées à cette période, dans le but de les réinterpréter.

Des mythes anciens croisent les modernes

Entre l’Épée de légende de The Legend of Zelda faisant face au glaive de Charlemagne et les baguettes magiques d’Harry Potter se mêlant à de véritables reliques de sorcières du Moyen Âge, l’événement veut créer un dialogue entre mythes modernes et anciens.

Les épées alimentent des récits héroïques depuis le Moyen Âge – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr

« Dans cette exposition, des pièces mélangent le réel et l’imaginaire. C’est le cas, par exemple, d’une selle et du harnachement d’un chevaucheur de dragon que les visiteurs pourront découvrir. Dans les séries comme House of the Dragon, on ne voit jamais les écuries dans lesquelles les bêtes sont préparées. Cette création fantastique permet d’imaginer le quotidien que les gens de l’époque auraient pu vivre si ces créatures avaient existé au Moyen Âge », explique Nicolas Baptiste, docteur en histoire médiévale, spécialiste des armes et armures médiévales, ainsi que de la Renaissance. Avec sa compagne, ils ont en partie conçu l’exposition en sélectionnant et en analysant les œuvres de fiction contemporaines que le public pourra observer lors de sa visite.

Ayant séjourné de mai à juin directement dans le château d’Angers, l’historien et artiste plasticien Floryan Varennes a été invité pour créer une installation dans le cadre de l’exposition « Heroic ». Intitulée « Respawn », l’œuvre s’oriente volontairement à contre-courant des représentations communes de la notion d’héroïsme. « J’ai souhaité interroger la notion d’héroïsme. Le concept a longtemps renvoyé, notamment pendant l’époque médiévale, au combat, à la guerre et aux grands exploits. Le but de ma création était de passer de la “guerre“ au “care“, qui signifie le soin, car je considère que le dernier acte d’héroïsme que l’humanité a réalisé à ce jour est le travail qu’ont effectué les soignants pendant la pandémie de Covid-19. Ce ne sont pas des héros parce qu’ils sont glorieux, mais parce qu’ils sont épuisés », confie Floryan Varennes.

Pour cela, l’artiste a suspendu dans la galerie du logis royal des structures faites de PVC utilisé dans les hôpitaux. Il a, par ailleurs, accroché dans la pièce des porte-drapeaux ornés de branches de ciguë et inscrit sur un mur en lettres iridescentes « You died again », référence au jeu vidéo Dark Souls et moyen de signifier le recommencement cyclique de la vie.

Le graphiste et motion designer Mathis Jouet a également été appelé par le château d’Angers, pour concevoir une animation de la tapisserie de l’Apocalypse. Sur un fond sonore constitué de cris guerriers et de rugissements de dragons, la vidéo de deux minutes représente une scène de la tenture rappelant l’héroïsme médiéval, les grandes batailles et les créatures fantastiques.

La figure du dragon a inspiré la littérature contemporaine – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr

Une exposition participative

Entre les épées anciennes prêtées par d’autres musées ou châteaux, les créations uniques d’artistes et les reliques draconiques fournies par des experts et des collectionneurs, une dizaine d’objets provenant de particuliers ont été utilisés pour créer l’exposition. « Plusieurs pièces ont été acquises sur la plateforme Leboncoin. C’est le cas par exemple du Lego Harry Potter qui est exposé. Nous sommes tombés sur l’annonce en ligne d’Axel, douze ans, qui souhaitait s’en séparer. Nous l’avons alors contacté en lui proposant de reprendre ses briques Lego pour les exposer au château d’Angers. Axel est donc venu au logis royal avec ses parents le 24 juin dernier pour tout assembler sur place », précise Catherine Leroi, responsable du service culturel du château d’Angers.

Au-delà des pièces qui composent l’exposition, la déambulation se veut également être participative. « La fantasy est collective, même lorsqu’elle ne semble pas l’être. Le jeu vidéo Dark Souls est une aventure en solo, mais le joueur est invité à se rendre sur Internet afin d’échanger avec d’autres joueurs pour avancer ou mieux comprendre l’univers dans lequel il évolue. En écho, cette exposition est aussi faite pour créer du dialogue. Il est possible de la parcourir seul, mais pour confronter son point de vue et échanger, l’idéal est d’y venir à plusieurs », souligne Floryan Varennes.

L’historien et artiste plasticien Floryan Varennes a créé une installation visible au sein de l’exposition – © Jérôme Pellerin-Moncler

Des animations seront organisées tout au long de la durée de l’exposition. Chaque vendredi, du 17 juillet au 20 août, un atelier pour fabriquer son propre dragon sera proposé aux familles. Le 20 août, une animation nocturne est également prévue à partir de 20 h 30. Les visiteurs pourront découvrir les chauves-souris nichant dans le château d’Angers, accompagnés d’une éducatrice nature de la Ligue pour la protection des oiseaux de l’Anjou (LPO-Anjou).

Le programme complet est disponible sur le site du château d’Angers.

Par Sacha Le Bras.

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