L’annonce de coupes budgétaires met une vingtaine d’associations du secteur de l’économie sociale et solidaire de l’Anjou en difficulté
Société

L’annonce de coupes budgétaires met une vingtaine d’associations du secteur de l’économie sociale et solidaire de l’Anjou en difficulté

Vingt associations d’aide aux personnes éloignées de l’emploi en Maine-et-Loire se mobilisent, après l’annonce le 22 mai dernier de la décision de l’État de procéder à des coupes sur leurs budgets alloués à l’économie sociale et solidaire.

Les associations dénoncent des coupes budgétaires brutales – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr

Parmi les vingt associations mobilisées, quatre se sont réunies dans les locaux de l’Union départementale des associations familiales du 49 (UDAF 49) le 29 juin dernier, pour fustiger de récentes mesures prises par l’État. Pour 2026, ce sont 236 000 euros de coupes budgétaires, allant de -10 % à -23 %, qui ont été communiquées le 22 mai par la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS). Cette réduction va toucher des organismes menant des projets liés à la loi « Plein emploi » et qui ont pour but de repérer et de remobiliser les publics éloignés de l’emploi. Vingt associations de l’Anjou sont concernées. C’est le cas notamment de l’UDAF 49, d’Anjou Insertion Habitat, de l’IRESA ou encore du CIDFF 49.

« C’est une claque. La décision nous est parvenue sans prévenir et fragilise nos modèles associatifs, mais ce sont surtout nos 1 500 bénéficiaires qui vont souffrir. Nous allons devoir arrêter certains dispositifs d’aide en cours », admet Jean-Luc Morin, directeur général de l’association Habitat Jeunes David d’Angers.

Une décision à effet immédiat

Les associations qui ont appelé à la mobilisation sont des organismes qui agissent dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, pour aider des personnes éloignées de l’emploi. Elles accompagnent par exemple les communautés roms vivant dans la dizaine de bidonvilles du territoire d’Angers Loire Métropole, mais aussi les femmes isolées, les familles et les personnes handicapées.

La décision est entrée en vigueur directement après avoir été annoncée, alors que les budgets prévisionnels des associations pour l’année 2026 sont déjà établis et qu’une large part de ces sommes est déjà engagée pour réaliser des missions de proximité.

« Cette coupe brutale va nous obliger à arrêter des actions qui étaient en cours. Nous accompagnions actuellement une personne pour qu’elle passe son BSR et puisse ainsi retrouver une mobilité qui lui permettrait d’aller travailler. Maintenant, si quelqu’un d’autre nous fait une demande similaire, nous ne pourrons pas l’accepter. Un atelier de médiation animale que nous avions prévu d’organiser à l’automne va également être annulé, alors que ce type d’animation est plébiscité par nos bénéficiaires. L’arrêt des financements va coûter plus cher que les dégâts sociaux qu’il va engendrer », rapporte Juliette Maurille, référente de parcours ITIA, qui vise à accompagner des personnes de plus de 25 ans dans la reprise d’un itinéraire professionnel.

Au-delà de peser sur les actions que mènent ces associations, les coupes budgétaires ont des conséquences directes sur les professionnels qui font partie de ces organismes. « Nous nous posons la question de diminuer les temps de travail. Nos budgets sont composés à 80 % de la rémunération des professionnels, car ce sont les salariés qui sont le socle de nos projets. Il y a des contrats que nous n’allons pas pouvoir renouveler et certaines personnes qui aident des bénéficiaires en difficulté vont elles-mêmes se retrouver en situation de précarité », regrette Malika Glanny, directrice de l’UDAF 49.

Les associations se mobilisent

Face à l’annonce des coupes budgétaires, les vingt associations lauréates de l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) Offre de repérage et de remobilisation (O2R) se rassemblent. Ce dispositif O2R, déployé en 2024 par le ministère du Travail et des Solidarités, vise à soutenir des personnes isolées en leur permettant de se réinsérer dans un parcours professionnel.

Visant chacun un type de public différent, les cinq consortiums regroupant cette vingtaine d’associations dénoncent unanimement la décision de l’État.

« Nous allons devoir arrêter des actions déjà en cours. À partir de ce moment-là, quelle crédibilité avons-nous auprès de nos bénéficiaires, si nous ne pouvons plus tenir nos engagements ? Et comment pouvons-nous encore faire confiance à l’État ? En 25 ans, c’est la première fois que je vois des conventions qui sont dénoncées cinq mois après leur mise en place par rapport à l’année en cours. C’est de la maltraitance institutionnelle », déplore Jean-Luc Morin.

Signé par les vingt associations, un courrier a été adressé le 16 juin dernier au ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou. Dénonçant une « rupture de confiance », la lettre sollicite notamment un rendez-vous dans le but d’échanger sur un éventuel rétablissement des budgets de l’année 2026 et la garantie d’un engagement de l’État par rapport aux crédits alloués au dispositif O2R qui doit prendre fin en 2027.

Par Sacha Le Bras.

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