Selon la dernière enquête annuelle de l’Union nationale des étudiants de France (Unef) d’Angers, le coût de la vie pour les étudiants continue d’augmenter, avec une hausse légèrement moins importante à Angers qu’à l’échelle nationale.

Plusieurs dizaines de milliers d’étudiants vont faire leur rentrée ces prochains jours à Angers – © Archives Angers.Villactu.fr
L’enquête sur le coût de la vie étudiante menée par l’Union nationale des étudiants de France (Unef) montre une nouvelle hausse du coût de la vie étudiante à hauteur de 1,66 %. À Angers, cette augmentation s’élève, pour cette rentrée, à 0,84 % « Cette évolution, inférieure à la moyenne française, pourrait donner l’impression d’une amélioration de la situation pour les étudiants angevins. Pourtant, cette donnée doit être replacée dans une perspective plus large. En 2025, le coût de la vie avait augmenté de 4,5 % à Angers, contre 4,12 % au niveau national », souligne la section locale de l’Unef.
Selon les calculs de l’Unef, pour un étudiant non-boursier, le reste à charge chaque mois s’élève à 978,46 €, soit une augmentation de 0,84 % en un an. Avec 809,12 €, un étudiant boursier voit son reste à charge augmenter de 1,01 %.
« La Ville d’Angers ne mène pas de véritable politique publique spécifiquement destinée aux étudiants »
« Dans ce contexte, la Ville d’Angers ne mène pas de véritable politique publique spécifiquement destinée aux étudiants alors même que ceux-ci représentent un tiers des habitants de la ville. Une ville ne peut pas se contenter d’être agréable à vivre pour être réellement une ville étudiante : elle doit permettre aux étudiants d’y vivre dignement. Face à l’augmentation du coût de la vie, la municipalité doit donc prendre ses responsabilités et mettre en place une véritable politique étudiante portant sur le logement, les transports, l’alimentation, l’accès à la culture et aux services publics, afin que l’attractivité d’Angers ne repose pas uniquement sur son cadre de vie mais également sur les conditions matérielles offertes à celles et ceux qui y étudient », écrit l’Unef.
Du côté des transports, le syndicat étudiant déplore qu’il n’existe aucun tarif étudiant sur l’agglomération angevine. Il regrette également la baisse des fréquences de passage des transports en commun le soir et le week-end.
« Les logements abordables sont trop rares »
Le coût du logement est également pointé du doigt. « À Angers, l’accès au logement demeure l’une des principales difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants. Malgré l’arrivée de nouveaux logements Crous et un ralentissement de la hausse des loyers en 2026, la réalité reste celle d’un marché particulièrement tendu, où les logements abordables sont trop rares et où la qualité des logements proposés est indigne », poursuit l’Unef.
Toujours selon le syndicat, le loyer moyen atteint 483 € pour un logement indépendant et 400 € en résidence collective. « L’évolution récente des loyers doit aussi être analysée sur plusieurs années. En 2025, les loyers sur Angers avaient augmenté de 7 %, alors que la hausse nationale n’était que de 3,26 %. Les étudiants angevins ont donc subi une progression des loyers plus de deux fois supérieure à la moyenne nationale cette année-là. En 2026, la situation évolue différemment : la hausse des loyers est de 1,90 % sur Angers, contre 2,87 % au niveau national. Cette évolution constitue un ralentissement important. Mais elle ne doit surtout pas être interprétée comme la fin de la crise du logement », estime l’Unef qui se réjouit de l’arrivée de 620 nouveaux logements étudiants du Crous dans le quartier de Belle-Beille.
Des loyers toujours trop élevés
« Le marché angevin reste extrêmement tendu et les logements proposés à des tarifs réellement abordables demeurent trop peu nombreux », pondère l’Unef. Les loyers élevés poussent de nombreux étudiants angevins à s’éloigner afin de pouvoir se loger, les obligeant ainsi à se déplacer quotidiennement en voiture. « Pour une voiture ancienne, de 2000 à 2010, parcourant environ 10 000 km par an, l’assurance, le carburant et l’entretien peuvent représenter autour de 250 à 300 € par mois, avant même de prendre en compte l’achat du véhicule, le stationnement ou les éventuels péages. Pour un étudiant, consacrer une telle somme à sa mobilité représente donc une charge importante », ajoute l’Unef qui regrette « la réduction progressive des possibilités de
stationnement à proximité des campus et des lieux d’études. La transition vers une ville moins dépendante de la voiture ne peut pourtant pas reposer sur la seule suppression des places de stationnement. Elle doit proposer des alternatives crédibles et accessibles : davantage de liaisons directes depuis les communes périphériques et une tarification adaptée aux étudiants. Le tramway de Belle-Beille constitue une avancée importante mais insuffisante ».
Par Sylvain Réault.
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