Le service de Soins médicaux et de réadaptation du CHU souhaite acquérir la « Station 4 », une plateforme interactive mêlant activité physique adaptée, jeux immersifs et technologies numériques pour accompagner les patients dans leur rééducation. Déjà testé au sein du service, ce dispositif innovant fait l’objet d’une campagne de mécénat visant à financer son installation d’ici fin 2026.

Charlotte Huet, chargée de mécénat, et Guillaume Duval, gériatre et chef du service SMR au sein du CHU d’Angers. – © Angers.Villactu.fr
Le service de Soins médicaux et de réadaptation (SMR) du CHU souhaite se doter d’un nouvel outil pour accompagner ses patients dans leur rééducation. Baptisée « Station 4 », cette plateforme interactive associe activité physique adaptée, jeux immersifs et technologies numériques afin de proposer une approche plus ludique et personnalisée des séances de rééducation.
Le projet fait actuellement l’objet d’une campagne de mécénat visant à réunir 20 000 € pour financer son acquisition d’ici la fin de l’année 2026.
Un service de rééducation au cœur des parcours de soins
Installé dans le bâtiment Terre et Maine depuis mars 2024, le service de SMR du CHU d’Angers accueille des patients à la suite d’un accident, d’une intervention chirurgicale ou d’une pathologie aiguë ou chronique ayant entraîné une perte d’autonomie. Le service dispose de 120 lits d’hospitalisation complète, ainsi que d’un dispositif d’hospitalisation de jour.
« On est vraiment un service au carrefour entre les soins aigus et le domicile ou les autres structures, explique le docteur Guillaume Duval, gériatre et chef du service. On propose une prise en charge qui allie soins médicaux, rééducation et réadaptation, avec l’objectif de maintenir ou regagner une autonomie adaptée à la situation du patient. »
Le service prend en charge des profils variés, allant du jeune adulte à la personne âgée, dans différentes spécialités : gériatrie, cancérologie, neurologie, suites de chirurgie ou encore troubles cognitifs liés à des maladies neurodégénératives. Environ 250 professionnels interviennent au sein du service, parmi lesquels des kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes et enseignants en activité physique adaptée.
Miser sur le jeu pour réinventer la rééducation
C’est dans ce contexte qu’est née l’idée d’intégrer la Station 4 dans les parcours de soins. Conçu par la société angevine Ludhealth et fabriqué en Pays de la Loire, le dispositif a pour objectif d’encourager les patients à reprendre une activité physique dans un environnement moins anxiogène et davantage tourné vers le jeu.
« On se rend compte que certains patients ont du mal à s’engager dans l’activité physique, soit par peur de ne plus être capables, soit à cause du regard des autres ou du caractère répétitif de certains exercices, souligne le docteur Guillaume Duval. L’idée est de redonner envie de se remettre en mouvement, pas dans une logique de performance, mais dans une approche plus ludique et motivante. »
Le dispositif a déjà été testé au sein du service auprès de plusieurs catégories de patients. Grâce à ses modules adaptables, il peut être utilisé aussi bien en fauteuil qu’en position debout, en séance individuelle ou collective. Les exercices peuvent être personnalisés selon les capacités de chacun : « Le patient n’est plus dans une situation de rééducation telle qu’on l’imagine habituellement, mais il est davantage dans une démarche de jeu et d’interaction », poursuit le chef de service.
La Station 4 s’appuie donc sur plusieurs modules interactifs pour transformer les exercices de rééducation en activités ludiques. Pods lumineux à toucher, jeux de coordination, exercices immersifs projetés au sol ou encore activités en duo… Les séances sont pensées pour stimuler les patients tout en travaillant l’équilibre, les réflexes ou la mobilité. Le dispositif comprend également une grande tablette interactive et un système de vidéoprojection permettant de recréer certains environnements utilisés en rééducation.
La station présente également un intérêt organisationnel pour les équipes soignantes. Mobile, elle peut être déplacée dans différents espaces du bâtiment, y compris en dehors des plateaux techniques habituels : « On peut très bien imaginer des séances dans un salon des familles, dans une chambre ou même dans un couloir, indique Guillaume Duval. Cela permet aussi d’utiliser autrement certains espaces et de diversifier les pratiques rééducatives. »
Une collecte lancée pour financer le projet
Au-delà de l’accompagnement des patients, le projet s’inscrit dans une volonté plus large de développement de l’innovation au sein du CHU : « Cela participe aussi à l’attractivité du service et à notre positionnement sur les dispositifs innovants. En tant que CHU, nous avons aussi une mission d’enseignement et de recherche », estime le médecin.
Pour financer l’achat de la Station 4 et des modules souhaités par les équipes, le CHU s’appuie sur sa démarche de dons et mécénat. Une collecte a été lancée depuis le mois de mars auprès d’entreprises, d’associations, de fondations et de particuliers.
« Chaque année, nous accompagnons une cinquantaine de projets de mécénat autour de trois axes : améliorer le quotidien des patients et des soignants, soutenir l’art et la culture à l’hôpital, et accompagner l’innovation et la recherche en santé, explique Charlotte Huet, chargée de mécénat. L’idée est aussi de permettre au grand public de voir concrètement à quoi sert un don et de soutenir des projets très locaux. »
Selon elle, la Station 4 illustre cette volonté d’apporter des réponses concrètes aux besoins des patients : « C’est un projet qui peut aider les personnes pendant leur pathologie et dans leur quotidien. Cela montre aussi que les prises en charge évoluent et qu’il existe aujourd’hui des approches plus modernes et innovantes de la rééducation. »
Les dons peuvent être effectués directement sur le site internet du CHU via un formulaire sécurisé, par carte bancaire, mais aussi par virement ou par chèque en contactant le service mécénat de l’établissement, au 02 41 35 53 05. Entreprises, associations, fondations et particuliers peuvent soutenir spécifiquement la Station 4 ou choisir de réaliser un don plus global au profit des actions portées par le CHU : « Chacun peut choisir un projet », conclut Charlotte Huet.
Par Eline Vion.
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