À deux pas de la cathédrale Saint-Maurice, un nouvel avenir se dessine pour cet îlot vacant d’un hectare
Urbanisme

À deux pas de la cathédrale Saint-Maurice, un nouvel avenir se dessine pour cet îlot vacant d’un hectare

Inoccupés depuis plusieurs années, l’ancienne gendarmerie Saint-Maurice et l’ancien collège de la cathédrale pourraient connaître une profonde transformation. Le conseil municipal d’Angers doit lancer, ce lundi 29 juin, une procédure de dialogue compétitif afin d’imaginer le devenir de cet ensemble situé au cœur du centre historique.

Accolé à la cathédrale Saint-Maurice, l’îlot des Jacobins comprend la caserne Saint-Maurice et un ancien collège. – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr

Quinze ans après le départ des derniers gendarmes de la caserne Saint-Maurice et plusieurs années après la fermeture de l’ancien collège de la cathédrale, la Ville d’Angers engage une nouvelle étape dans le devenir de l’îlot des Jacobins. Réunis en conseil municipal ce lundi 29 juin, les élus doivent voter le lancement d’une procédure de dialogue compétitif destinée à définir un projet de requalification de ce secteur emblématique, situé entre le château et la cathédrale Saint-Maurice.

L’objectif affiché est de « faire émerger un projet conciliant préservation du patrimoine, attractivité du centre-ville et nouveaux usages », explique Jeanne Behre-Robinson, adjointe au maire chargée de l’Urbanisme. L’opération concerne un périmètre de plus d’un hectare comprenant l’ancienne gendarmerie, l’ancien collège, la place Freppel, ainsi que plusieurs espaces publics attenants.

« Tout reste à faire mais c’est une opportunité extraordinaire au milieu du cœur historique d’Angers », poursuit l’adjointe.

Un projet à construire avec plusieurs équipes

La municipalité souhaite lancer dès cet été un appel à candidatures. Trois équipes pluridisciplinaires seront sélectionnées à la rentrée afin de travailler, entre octobre 2026 et juin 2027, à différents scénarios d’aménagement. Le lauréat devrait être désigné dans le courant de l’année 2027.

Pour Christophe Béchu, il ne s’agit pas de reproduire le modèle du concours « Imagine Angers », mais de construire progressivement un projet partagé : « Ce n’est pas un concours d’architectes. Ici, on souhaite co-construire, échanger sur une vision avec les riverains. On se laisse le temps de la réflexion », indique-t-il.

Les équipes retenues devront associer plusieurs compétences, notamment en architecture, paysage et valorisation touristique. Compte tenu de la sensibilité patrimoniale du site, l’Architecte des Bâtiments de France et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) seront également associés aux réflexions.

Plus d’un hectare de bâti sera étudié pour une réhabilitation des lieux. – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr

Une « page blanche », mais avec quelques orientations

À ce stade, aucun projet précis n’est arrêté. La municipalité évoque toutefois la création de logements, de commerces et d’activités compatibles avec le caractère historique du quartier.

« Aujourd’hui, la page est blanche. Tout reste à imaginer », affirme Jeanne Behre-Robinson. De son côté, le maire fixe néanmoins certaines limites : « Il pourra y avoir des commerces, de type brocante ou antiquités, mais il est hors de question qu’il y ait des bars », estime Christophe Béchu.

Le végétal devra également occuper une place importante dans le futur aménagement, afin d’apporter davantage de fraîcheur et de renforcer la qualité paysagère du secteur.

Sur le plan patrimonial, seule la porte de l’ancienne gendarmerie, datant de la fin du XIXème siècle, est protégée au titre des monuments historiques. « Le reste du site n’est pas classé », précise Christophe Béchu, laissant ouverte la possibilité d’une transformation plus profonde des bâtiments existants.

Le maire écarte également, à ce stade, l’hypothèse d’un parking souterrain, en raison notamment du potentiel archéologique du site. « Il n’est pas certain que ce soit une bonne idée de creuser », indique-t-il.

La réflexion ne se limitera pas aux bâtiments. La place Freppel, aujourd’hui largement dédiée au stationnement, fera elle aussi l’objet d’une concertation. Interrogé sur une éventuelle suppression des places de parking, Christophe Béchu reste prudent : « On n’exclut rien », répond-il.

La porte de l’ancienne gendarmerie, donnant sur la place Freppel, est classée. – © Angers.Villactu.fr

Deux autres études sur le centre-ville

Au-delà de l’îlot des Jacobins, le conseil municipal doit également autoriser le lancement de deux autres études d’aménagement au cours de l’année 2027.

La première portera sur l’apaisement du centre-ville, avec pour objectif d’améliorer les déplacements à pied et à vélo, de renforcer la végétalisation et de conforter l’attractivité commerciale, culturelle et touristique de l’hypercentre.

La seconde concernera la requalification de la « ceinture de la Doutre ». Elle vise à repenser les boulevards situés entre le Front de Maine et la Tour des Anglais en réduisant leur caractère routier au profit des mobilités douces et d’une place plus importante accordée aux espaces végétalisés.

Par Eline Vion.

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