Les oiseaux du Maine-et-Loire sont particulièrement exposés à la canicule historique qui s’abat sur la France depuis dimanche dernier. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) donne ses recommandations pour les protéger des fortes chaleurs.

Les oiseaux souffrent de la chaleur – © LPO Aquitaine
Les oiseaux et la faune sauvage ont du mal à faire face aux fortes chaleurs que la France subit actuellement. Le Maine-et-Loire n’est pas épargné avec des températures dépassant les 42 °C depuis plusieurs jours. Déshydratation, épuisement, brûlures avec des sols trop chauds ou destruction des ressources alimentaires menacent les animaux dans cette période de canicule historique.
Les sept centres de la LPO du territoire accueillent en moyenne 60 à 100 animaux par jour, illustrant l’ampleur de la crise actuelle. « Les espèces qui installent leur nid sous les toitures, comme les hirondelles et les martinets, subissent de plein fouet la canicule, avec des températures dépassant les 50 °C aux endroits où ils nichent. Pour ne pas mourir asphyxiés, les jeunes oiseaux sont contraints de quitter prématurément leur nid alors qu’ils ne savent pas encore voler », alerte Allain Bougrain, président de la LPO.
Face à ces températures extrêmes, des gestes simples sont possibles pour permettre de protéger les animaux.
Des solutions pour rafraîchir les oiseaux et la faune sauvage
« Il est possible de placer dans les jardins des bassines d’eau dans lesquelles les oiseaux vont pouvoir s’abreuver et se rafraîchir. Cette initiative bénéficiera également au reste de la faune sauvage qu’il est possible de croiser dans les extérieurs comme les insectes, les renards ou les hérissons. Les récipients d’eau ne doivent cependant pas être trop profonds pour éviter les risques de noyade. Nous recommandons également de placer des rampes ou des surfaces sur lesquelles les animaux et les insectes peuvent s’agripper pour sortir de l’eau, dans le cas où les bassines seraient trop profondes. L’eau est à changer régulièrement, pour la garder fraîche et éviter la prolifération de moustiques », conseillent les experts de la LPO.
Préserver des zones ombragées dans les jardins et laisser des zones non tondues aideront également les oiseaux à se prémunir des hautes températures.
Pour protéger les hérissons en cas de forte chaleur, sécuriser les abords des piscines est une solution efficace. Ces animaux sont nocturnes et sont donc difficiles à repérer quand ils tombent accidentellement dans les bassins en voulant s’hydrater.
Les gestes à adopter si l’on trouve un oiseau en détresse
« Pour un oiseau adulte blessé ou mal en point, il faut hydrater goutte à goutte la pointe du bec de l’animal. D’ordinaire, seuls des soigneurs sont habilités à le faire, mais la situation est trop urgente à cause de la canicule », concèdent les bénévoles de la LPO.
Les experts conseillent ensuite de placer l’oiseau en sécurité dans un carton tapissé de papier journal ou d’essuie-tout, en veillant à ce qu’il y ait des trous pour qu’il puisse respirer. La boîte est ensuite à conserver au calme dans une pièce tempérée pendant au moins trois heures. Il faut veiller à attendre le coucher du soleil pour relâcher le volatile, pour que les températures soient redescendues. Si l’oiseau est toujours mal en point à ce moment-là, il doit être emmené rapidement dans un centre de sauvegarde.
S’il s’agit d’un oisillon, une prise en charge immédiate est nécessaire pour sa survie. Après lui avoir hydraté le bec, l’emmener dans un centre de soins rapidement est conseillé. Pour reconnaître un oiseau déshydraté, les symptômes visibles sont une respiration rapide, des étourdissements, un comportement léthargique ou une confusion apparente.
Les comportements à éviter
« Même en situation de canicule, il ne faut pas mouiller directement les oiseaux en détresse, même partiellement, ni leur verser de l’eau directement dans le bec. Les placer dans une pièce trop froide comme une cave ou un espace climatisé est également à éviter, car cela pourrait créer un risque d’hypothermie chez les individus », avertissent les experts de la LPO.
Mettre les volatiles en cage n’est pas non plus recommandé par l’association, car ils pourraient se blesser en s’agitant.
Pour trouver un centre de soins, un annuaire est disponible sur le site du réseau des centres de soins de la faune sauvage.
Par Sacha Le Bras.
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