Quelles sont les attentes des Angevins pour les élections municipales 2026 ?
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Quelles sont les attentes des Angevins pour les élections municipales 2026 ?

À un peu plus d’un mois des élections municipales, la rédaction d’Angers Villactu a invité les Angevins à exprimer leurs attentes. De la sécurité aux transports, en passant par la question du logement ou du cadre de vie, plusieurs priorités ressortent.

Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars 2026. – © Adobe Stock

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, quels sont les sujets qui préoccupent les habitants d’Angers ? À travers des témoignages recueillis auprès de nos lecteurs, plusieurs priorités émergent, qu’elles soient de l’ordre de la sécurité, de la mobilité, du logement ou encore du dynamisme des quartiers.

La sécurité au premier plan

Difficile d’y échapper, la question de la sécurité s’impose comme l’une des préoccupations majeures pour les Angevins. C’est le cas de Carine Jacquet qui demande « plus de sécurité le soir dans le centre-ville », ne s’y sentant « plus vraiment en sécurité ».

Plusieurs habitants demandent ainsi davantage de présence des forces de l’ordre sur le terrain. Sandrine Tooy plaide pour « plus de police municipale dans les rues et des agents de sécurité autour de la gare », tandis que Jonathan Cadeau souhaite « plus de police dans les transports en commun ».

Les nuisances sonores alimentent aussi les inquiétudes. Lydie Greffier dénonce des cris et vociférations nocturnes à répétition autour d’établissements festifs et estime que « les lois sur la tranquillité publique ne sont pas appliquées ». Pour Véronique Deschamps, l’objectif est clair : parvenir à « une cité réellement apaisée ».

Des transports moins chers, voire gratuits

Parmi les préoccupations principales, la question tarifaire des transports en commun revient elle aussi avec insistance. Brahim Lagoun demande notamment la « gratuité des transports », comme de nombreux autres Angevins.

La question du coût pèse également sur les budgets des usagers. C’est le cas de Marie-France Houdmond qui explique que prendre le tramway avec deux adolescents représente « un gros budget », au point que la voiture devient parfois plus avantageuse. À 79 ans, Gérard Serannes confie n’avoir « jamais pris le tramway » malgré la proximité d’un arrêt, jugeant le tarif trop élevé pour un couple aux revenus modestes sans être éligible aux aides. Il invite la collectivité à « imaginer une possibilité d’un tarif spécial pour les seniors ».

Pour Laurence Lusseau, la question de l’accès aux transports se pose aussi pour les personnes en situation de handicap : « Il faudrait plus de places de parking gratuites, car je ne peux pas prendre ni le bus ni le tramway. Comment faire du shopping si je n’ai accès au centre-ville pour mettre les achats dans ma voiture ? J’aimerais pourtant faire fonctionner les petits commerces et les artisans, mais on ne nous donne pas cette possibilité », explique-t-elle.

D’autres demandent davantage de fréquences de passages : « Plus de bus le dimanche », réclame Lucie Goillandeau, quand Tanguy Dubois appelle à une offre « mieux adaptée aux aléas climatiques » et plus fréquente sur certaines lignes, tout comme Alexandre Triki qui souhaiterait également des services « plus fréquents et moins chers ».

Une cohabitation entre cyclistes, automobilistes et piétons

Angers, une ville cyclable ? Beaucoup y sont favorables, à condition de sécuriser les déplacements. Gaël Souffois demande « davantage de pistes cyclables sécurisées », notamment sur des axes jugés dangereux. Marlène Juret propose même « des rues consacrées seulement aux vélos » et une « campagne de sensibilisation pour les automobilistes ».

Mais l’enthousiasme n’est pas unanime : « Les vélos et trottinettes, ça va dans tous les sens », s’inquiète Agnès Balles, piétonne, qui redoute des accidents. Bernard Ollagnier, lui, appelle à « respecter davantage les automobilistes ».

Entre les deux, plusieurs témoignages appellent à un meilleur équilibre entre les usages. Guy Duveau souhaite « faciliter les déplacements des piétons sur des trottoirs souvent étroits », tandis qu’Alain Potiron demande « plus de fermeté contre les stationnements gênants ».

La question du logement persiste

Autre sujet sensible qui perdure à travers les années : se loger à Angers. Carine Jacquet réclame « plus de logements avec des loyers accessibles », quand Marlène Juret propose de « plafonner les loyers qui ne cessent de grimper », s’interrogeant : « Où iront nos enfants lorsqu’ils seront en âge de prendre un logement ? »

Sous le pseudonyme « Grain de sel citoyen », un habitant pointe un « manque de logements abordables » et une pression immobilière généralisée. Certains appellent également à plus de transparence sur les projets urbains ou à mieux encadrer les locations de courte durée.

Dynamiser le centre-ville et les quartiers

Faut-il attirer de grandes enseignes ou préserver la diversité des commerces du centre-ville ? Le débat reste ouvert. Thierry Houdant souhaiterait voir arriver « de grandes enseignes nationales et internationales dignes d’une grande ville étudiante ». Dans un même temps, Stéphanie Ricard appelle à « maintenir des activités commerciales variées » et à ne pas multiplier « bars et fast-foods », sources selon elle d’une « vie nocturne difficile pour les riverains ».

D’autres redoutent aussi une ville trop centralisée. Xavier Gaumart plaide pour que les quartiers périphériques « ne soient pas des dortoirs, mais bien des lieux de vie ».

Cette question de la gestion des quartiers revient elle aussi de manière récurrente. Certains estiment par exemple le quartier des Justices « totalement abandonné », évoquant des routes abîmées, des transports insuffisants et une disparition progressive de services de proximité. Guy Dugrais appelle de son côté à une « remise à plat » du quartier Chapeau de gendarme, qu’il juge dégradé et peu attractif.

À plus long terme, des habitants avancent l’idée de nouveaux aménagements. Matthieu Vele propose par exemple, la création d’une halte ferroviaire sur la ligne Saumur-Angers afin d’offrir une alternative à la voiture pour les habitants de l’est de l’agglomération : « Les bouchons sont de plus en plus importants pour arriver à Angers le matin. Une halte ferroviaire permettrait à des étudiants, consommateurs et travailleurs d’avoir un autre choix que la voiture, peu complexe à mettre en place. »

Culture, santé, solidarité : des attentes importantes

Alors que les coupes budgétaires et les économies impactent de nombreux secteurs de la vie quotidienne, de nombreux Angevins appellent à faire de la culture, la santé et la solidarité des priorités : « Il faut redonner un élan au secteur culturel », demande Marcelle Klein, quand Thibault Barone suggère de réorienter des investissements vers « la jeunesse, l’égalité hommes/femmes, la culture et le sport ».

Côté santé, un habitant déplore qu’il soit « impossible de trouver des spécialistes disponibles ». Roger Raud propose, lui, la création de centres de santé de proximité pour accompagner le vieillissement de la population : « Pourquoi ne pas avoir des structures dans chaque quartier qui serait en lien avec un réel centre de santé ? », se questionne-t-il.

Au-delà des thématiques abordées, un message revient régulièrement : celui du dialogue. Xavier Gaumart appelle à « une réelle concertation avec la population », tandis que Bernadette Mallon regrette des engagements municipaux restés, selon elle, sans réponse.

Par Eline Vion.

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