Municipales : Valentin Rambault (Angers 2026) répond à nos questions
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Municipales : Valentin Rambault (Angers 2026) répond à nos questions

Âgé de 39 ans, Valentin Rambault conduit la liste « Angers 2026 » pour les élections municipales. L’Angevin, aujourd’hui dirigeant d’une start-up spécialisée dans le développement de solutions juridiques pour les TPE et PME, revendique une démarche construite en dehors des partis politiques traditionnels.

Valentin Rambault mène la liste « Angers 2026 ». – DR

Ces dernières semaines, nous vous avons interrogés sur vos attentes pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains à Angers. De vos réponses, nous avons tiré les principaux thèmes que nous soumettons à chaque candidat à l’occasion d’une interview. Entretien avec Valentin Rambault.

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à l’élection municipale ?

Valentin Rambault : « Je suis parti d’un constat simple : la démocratie ne peut pas se jouer à un seul tour. Angers a besoin d’un nouvel élan. Aujourd’hui, une partie de la population ne se retrouve plus dans les partis traditionnels. Il y a une demande forte pour faire émerger une liste citoyenne. Cette offre politique locale n’existait pas pour cette échéance municipale. C’est ce qui a motivé mon engagement et la création d’une liste citoyenne et humaniste. »

Quel regard portez-vous sur le mandat qui se termine ?

Angers est une ville d’excellence, de diversité, d’histoire et de culture, une ville dans laquelle il est toujours possible d’oser. Je porte un regard bienveillant sur les deux mandats qui s’achèvent. La majorité municipale a à son actif de belles réussites. Mais aujourd’hui, on sent aussi un essoufflement. L’objectif de notre collectif citoyen est de redonner un nouveau souffle à la vie municipale.

Quelle est votre vision pour Angers pour les six prochaines années ?

Ma vision se décline à court, moyen et long terme. Elle repose sur une approche partagée du territoire et sur plusieurs dimensions majeures : le logement, le pouvoir d’achat, l’éducation et la famille, l’économie ainsi que la sécurité, ou la tranquillité publique.

Quelles sont vos trois priorités principales si vous êtes élu ?

Si nous devions choisir trois piliers, ce serait le logement, le pouvoir d’achat et la redynamisation des commerces de centre-ville.

Comment comptez-vous répondre à la demande de logements à Angers ?

Il existe à Angers un manque important de logements, notamment pour les étudiants. Notre objectif est de créer 1 000 nouveaux logements étudiants sur la durée du prochain mandat. Aujourd’hui, il n’est pas acceptable qu’un étudiant loue une chambre de moins de 9 m² pour 500 € par mois.

Nous souhaitons également favoriser l’accession à la propriété avec un prêt à taux zéro pouvant aller jusqu’à 50 000 €, garanti par la Ville en partenariat avec des établissements bancaires.

Enfin, nous proposons de réduire la taxe foncière de deux points. Angers figure parmi les grandes villes où elle est la plus élevée. Cette baisse représenterait environ 3 à 4 millions d’euros et constituerait un signal en direction des propriétaires et des investisseurs présents sur le territoire.

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour améliorer la mobilité ?

Notre objectif est de rendre la ville accessible à tous. Nous proposons de rendre les transports publics gratuits les week-ends et les jours fériés. Les visiteurs pourraient ainsi laisser leur véhicule dans des parkings relais situés aux entrées de la ville et rejoindre le centre-ville en tramway ou en bus. L’idée est de favoriser des mobilités plus écologiques tout en limitant la circulation automobile dans l’hypercentre.

Le centre-ville et les commerçants sont en souffrance. Comment soutenir le commerce de proximité ?

Nous proposons deux heures de gratuité dans les parkings aériens et souterrains du centre-ville afin d’encourager les habitants à venir consommer localement.

Nous voulons également créer un poste de « manager de la ville ». Ce professionnel du commerce aurait pour mission d’anticiper les besoins des commerçants et de coordonner les actions entre la municipalité, les commerçants et les chambres consulaires. L’objectif est de réduire la vacance commerciale et de redynamiser les rues commerçantes.

Comment impliquerez-vous les habitants dans les décisions locales ?

Nous souhaitons développer le référendum d’initiative locale sur les grandes questions qui concernent les habitants. Le vote municipal ne suffit pas toujours à traiter des sujets structurants.

Par exemple, nous souhaiterions consulter les Angevins sur la question des rythmes scolaires. Aujourd’hui, les écoles publiques ont classe le mercredi matin. Nous proposons de redonner la parole aux habitants pour décider collectivement de l’organisation la plus adaptée pour les familles.

Quelles mesures concrètes mettrez-vous en place pour réduire les inégalités territoriales et sociales au sein de la ville ?

Notre approche consiste à faire émerger les initiatives directement des quartiers. Une grande partie de nos propositions provient d’échanges avec des habitants, des associations, des commerçants ou des chefs d’entreprise locaux.

Nous souhaitons mener une politique globale pour l’ensemble de la ville, et non uniquement pour le centre-ville. Les quartiers populaires représentent une richesse pour Angers.

Dans cet esprit, nous proposons notamment l’organisation d’Olympiades des quartiers. Cet événement mettrait en valeur les talents sportifs et culturels présents dans tous les quartiers et favoriserait les rencontres entre habitants.

Le début de l’année a été marqué par l’armement de la police municipale. Comptez-vous prendre des mesures spécifiques en matière de sécurité ?

La question de la sécurité est une préoccupation pour de nombreux habitants. Nous ne faisons pas le choix du tout sécuritaire. Notre approche repose d’abord sur le dialogue et la proximité.

Nous proposons néanmoins des mesures concrètes, comme la création d’une brigade de sûreté des transports publics capable d’intervenir sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Nous souhaitons aussi étendre les horaires du tramway et des bus jusqu’à 3 h du matin du jeudi au dimanche afin de permettre aux habitants de rentrer chez eux en sécurité.

Enfin, nous voulons lutter contre les incivilités du quotidien. Cela passe par la création d’une brigade dédiée et par une meilleure régulation des trottinettes électriques, avec des zones de stationnement obligatoires et des contraventions en cas de non-respect.

L’année 2025 a été marquée par des coupes budgétaires dans la culture et les associations. Quelles seraient vos mesures en la matière ?

L’année 2025 a montré que la culture et le tissu associatif ont parfois été utilisés comme variables d’ajustement budgétaire. Pour nous, c’est une erreur de vision : la culture et les associations ne sont pas des coûts, mais des investissements essentiels pour le vivre-ensemble et la cohésion du territoire.

Nous lancerons dès le début du mandat un audit rapide des finances communales afin d’identifier des économies possibles sur certaines dépenses de fonctionnement et garantir une transparence totale sur l’utilisation de l’argent public.

Cet audit permettra également de revoir la politique de subventions. Nous voulons passer d’une logique d’habitude à une logique de projet, afin de soutenir à la fois les structures historiques et l’émergence de nouvelles associations, souvent porteuses d’innovations sociales.

Par Eline Vion.

Dans le cadre des élections municipales, Angers.Villactu.fr a choisi de donner la parole à l’ensemble des listes déposées. Une interview de chacun des sept candidats sera publiée tous les jours jusqu’au mercredi 11 mars inclus.

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