Municipales : Aurore Lahondès (Rassemblement pour Angers) répond à nos questions
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Municipales : Aurore Lahondès (Rassemblement pour Angers) répond à nos questions

Âgée de 28 ans, Aurore Lahondès conduit la liste « Rassemblement pour Angers » aux élections municipales. Assistante de clientèle dans la téléphonie et responsable du Rassemblement National (RN) dans le Maine-et-Loire, Aurore Lahondès avait déjà été candidate aux élections législatives en 2017 et 2022 dans la 7ème circonscription d’Angers-Segré, puis en 2024 dans la 4ème circonscription de Saumur-Sud.

Aurore Lahondès est la tête de liste de « Rassemblement pour Angers » – © Angers.Villactu.fr

Ces dernières semaines, nous vous avons interrogés sur vos attentes pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains à Angers. De vos réponses, nous avons tiré les principaux thèmes que nous soumettons à chaque candidat à l’occasion d’une interview. Entretien avec Aurore Lahondès.

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à l’élection municipale ?

Je suis amoureuse d’Angers. C’est une ville magnifique dans laquelle j’aime vivre et dans laquelle j’ai envie de rester. Si je m’engage aujourd’hui, c’est parce que je veux un bel avenir pour cette ville. À un moment, il faut se retrousser les manches et agir.

J’avais déjà été candidate en 2020, en tant que deuxième de liste. On m’avait proposé d’être tête de liste mais j’avais 22 ans et je me sentais trop jeune pour assumer cette responsabilité. Aujourd’hui, j’ai gagné en maturité, en confiance et en expérience. C’est donc devenu naturel pour moi de franchir ce pas.

Quel regard portez-vous sur le mandat qui se termine ?

Ce n’est pas un mauvais mandat en soi, mais j’ai le sentiment que la municipalité se repose sur ses acquis. Elle s’est installée dans une forme de confort et a perdu cette envie d’aller chercher de nouveaux projets. Quand on est maire, il faut savoir se battre pour les sujets importants et aller chercher ce dont la commune a besoin. À mes yeux, Christophe Béchu ne le fait plus suffisamment aujourd’hui. Il est temps d’apporter un peu de fraîcheur et de nouveauté.

Quelle est votre vision pour Angers pour les six prochaines années ?

Je souhaite une ville sereine et paisible, dans laquelle il soit possible de vivre même lorsque l’on appartient aux classes socioprofessionnelles moyennes ou modestes. Angers doit rester accessible.

C’est aussi une ville qui doit continuer à faire rêver. Lorsque des amis qui ne connaissent pas Angers viennent me voir, ils sont toujours impressionnés par la qualité de vie que l’on y trouve. Je veux que cela continue et que les habitants soient fiers d’y vivre et de défendre cette singularité angevine.

Quelles sont vos trois priorités principales si vous êtes élue ?

La sécurité est une priorité évidente, suivie de la fiscalité locale. Enfin, je mettrais également l’accent sur les entreprises, car sans tissu économique solide, une ville ne peut pas fonctionner correctement.

Ce sont d’ailleurs des sujets qui reviennent très souvent lorsque nous discutons avec les Angevins. Beaucoup expriment une inquiétude face à la montée de l’insécurité et ne veulent pas que la situation évolue comme dans certaines grandes villes. La fiscalité est aussi un sujet important, dans un contexte où le coût de la vie augmente. Quant aux entreprises, elles créent les emplois et la richesse sur le territoire.

Comment comptez-vous répondre à la demande de logements à Angers ?

Notre objectif n’est pas d’augmenter à tout prix le nombre d’habitants. Nous voulons avant tout que les Angevins soient correctement logés, à des tarifs raisonnables.

Nous mettrons l’accent sur la rénovation des logements existants et sur l’accompagnement des propriétaires afin de remettre sur le marché des biens qui ne sont plus loués. Nous souhaitons également réutiliser certaines friches pour construire de nouveaux logements, plutôt que d’étendre la ville de manière excessive.

Par ailleurs, nous proposons une baisse de la taxe foncière de 8 % la première année puis de 4,5 % la deuxième année. Ensuite, la ville absorberait les hausses décidées chaque année par l’État afin de stabiliser l’impôt payé par les Angevins. L’objectif est de leur redonner du pouvoir d’achat et de la visibilité sur le long terme.

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour améliorer la mobilité ?

Nous souhaitons revoir l’organisation de certaines lignes de bus, car la création de la deuxième ligne de tramway a modifié la desserte de certains secteurs et certaines zones sont aujourd’hui moins bien desservies qu’auparavant.

Nous aimerions également travailler avec Irigo et les entreprises du territoire pour créer, lorsque c’est pertinent, des lignes de bus adaptées aux horaires de travail des salariés, afin de limiter l’usage de la voiture.

Concernant le tramway, nous ne prévoyons pas de nouvelles lignes dans l’immédiat. Les Angevins et les commerçants ont beaucoup subi les travaux ces dernières années. En revanche, nous voulons améliorer la circulation et le stationnement, notamment en rétablissant certaines zones de gratuité et en travaillant sur des aménagements permettant de fluidifier certains axes très congestionnés.

Le centre-ville et les commerçants sont en souffrance. Comment soutenir le commerce de proximité ?

Nous nous opposons à la création de nouvelles grandes zones commerciales qui risqueraient de fragiliser davantage le centre-ville. Il faut déjà tenir compte des effets de celles qui existent.

L’amélioration de la circulation et du stationnement fait aussi partie des leviers pour redonner de l’attractivité au centre-ville.

Nous proposons également la création d’une carte de fidélité commune aux commerces angevins, qui offrirait des réductions et inciterait les habitants à consommer localement.

Nous voulons aussi alléger certaines taxes municipales qui pèsent sur les entreprises et faciliter l’installation de nouveaux commerces, notamment en prévoyant une exonération de cotisation foncière des entreprises la première année, puis une montée progressive.

Comment impliquerez-vous les habitants dans les décisions locales ?

Nous souhaitons développer les consultations des habitants pour les projets qui concernent directement leur quartier. Pour les projets d’ampleur, un référendum local pourrait être organisé afin de permettre aux Angevins de se prononcer.

Quelles mesures concrètes mettrez-vous en place pour réduire les inégalités territoriales et sociales au sein de la ville ?

Les inégalités territoriales sont souvent liées à l’accès au logement et à l’éloignement du centre-ville. Nous voulons donc améliorer l’offre de logements et encourager la création de nouveaux pôles de vie dans les quartiers.

Il est également important de soutenir la vie de quartier et de maintenir des commerces de proximité. Certains secteurs montrent déjà que cela fonctionne bien, comme les Hauts-de-Saint-Aubin.

Le renforcement des transports permettra aussi de mieux relier les quartiers au centre-ville et de faciliter l’accès aux services.

Le début de l’année a été marqué par l’armement de la police municipale. Comptez-vous prendre des mesures spécifiques en matière de sécurité ?

Nous maintiendrons l’armement de la police municipale, que nous soutenions déjà en 2020. Nous souhaitons également doubler les effectifs pour atteindre environ 150 policiers municipaux sur le mandat.

Nous proposons aussi la création d’une ligne téléphonique dédiée permettant aux habitants de contacter directement la police municipale pour signaler une incivilité ou une situation problématique.

Nous prévoyons également d’augmenter le nombre de caméras de surveillance et de travailler avec les bailleurs sociaux, la police nationale et le parquet afin de faciliter l’expulsion de délinquants occupant des logements sociaux.

L’année 2025 a de son côté été marquée par des coupes budgétaires qui ont touché la culture et des associations. Quelles seraient vos mesures en la matière ?

Nous n’avons pas l’intention de réduire les moyens alloués au secteur culturel. Certaines subventions pourront être réévaluées pour s’assurer qu’elles profitent réellement aux Angevins, mais il n’y aura pas de coupe globale.

Nous souhaitons également mettre davantage en valeur le patrimoine angevin. Le château d’Angers fait désormais partie des dix monuments les plus visités de France. Nous proposons par exemple la création d’un festival médiéval autour de la figure du roi René, organisé avec les associations et les entreprises locales, afin d’animer la ville en période estivale et de valoriser son patrimoine.

Par Eline Vion.

Dans le cadre des élections municipales, Angers.Villactu.fr a choisi de donner la parole à l’ensemble des listes déposées. Une interview de chacun des sept candidats sera publiée tous les jours jusqu’au mercredi 11 mars inclus.

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