Maine-et-Loire : le marché de l’immobilier tourne au ralenti
Economie

Maine-et-Loire : le marché de l’immobilier tourne au ralenti

Comme partout en France, le marché de l’immobilier se grippe dans le Maine-et-Loire après plusieurs années d’euphorie marquées par une forte hausse des prix.

Immobilier appartement vente

Les biens immobiliers mettent plus de temps à se vendre – © Angers.Villactu.fr

Les chiffres communiqués par la Chambre interdépartementale des notaires de Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe, basés sur des données allant de juillet 2022 à juin 2023, montrent encore la très forte dynamique que l’immobilier a pu connaître ces dernières années. Sur un an, le prix de vente médian des maisons anciennes dans le Maine-et-Loire a ainsi augmenté de 5,3 %. Le prix au mètre carré des appartements anciens affiche une hausse de 5,4 %. Des chiffres au-dessus de la moyenne nationale (+2 % et +3,4 %).

En prenant un peu de recul, les chiffres sont impressionnants : dans le département, le prix médian au mètre carré a augmenté de 70,7 % sur cinq ans et de 59,3 % sur dix ans pour les appartements anciens. En ce qui concerne les maisons, les hausses sont respectivement de 37,9 % et 31,6 %. A Angers, sur un an, tous les quartiers ont connu une hausse des prix, à l’exception de Saint-Jacques Nazareth (-0,8 %) et Belle-Beille (-1,6 %). Monplaisir, qui reste le quartier le plus abordable d’Angers, est celui qui a connu la plus forte hausse (+15,9 %).

© Chambre interdépartementale des notaires de Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe.

Les ventes marquent le pas

Tous types de bien confondus, les volumes de ventes annuels enregistrés à la fin du mois de juin 2023 restes relativement élevés. Ils affichent toutefois une nette baisse par rapport à l’année dernière avec -20 % dans le Maine-et-Loire.

« Les taux d’intérêts qui ont fortement augmenté ces derniers mois provoquent un ralentissement du marché », note Marlène Thébault, présidente de la chambre interdépartementale des notaires du Grand Anjou et notaire à Mauges-sur-Loire.

Les conditions pour obtenir un crédit se sont durcies. « De ce fait, deux strates de la population sont évincées de la possibilité d’obtenir un crédit : les couples de moins de 30 ans, primo-accédants, avec des ressources mensuelles de 3 000 à 3 500 € et les plus de 50 ans. Il reste intéressant d’acquérir un bien immobilier en empruntant pour ceux qui y sont éligibles car les taux immobiliers sont toujours en deçà des taux de l’inflation », poursuit-elle.

Pour son confrère, Frédéric Guéguen, notaire aux Ponts-de-Cé et président délégué de la chambre interdépartementale des notaires du Grand Anjou, « le marché se porte moins bien depuis octobre 2022. Aujourd’hui nous connaissons un ralentissement de l’augmentation des prix voire une stagnation. Il est un peu tôt pour parler de baisse. Il y a un ralentissement très net du nombre de transactions depuis le début de l’année 2023 ».

Une situation loin d’être dramatique selon Frédéric Guéguen : « Nous avons connu une croissance tellement importante. Il fallait que la situation se régule. On ne pouvait pas supporter un tel marché, même avec des taux très bas. On revient aujourd’hui à des taux normaux sans baisse de prix importante. Il y a donc beaucoup moins d’acquéreurs actuellement », note Frédéric Guéguen.

Par Sylvain Réault.