« Les moyens sont en décalage avec les besoins » : des inquiétudes sur les conditions de la rentrée
Société

« Les moyens sont en décalage avec les besoins » : des inquiétudes sur les conditions de la rentrée

La Fédération syndicale unitaire (FSU), première organisation syndicale de l’Éducation nationale, déplore un manque de moyens récurrents.

La FSU manifestera le 29 septembre prochain – © Angers.Villactu.fr

La lassitude est importante chez les professionnels de l’Éducation nationale. « Cette rentrée se déroule comme les précédentes. Nous continuons à penser qu’il y a la possibilité de réorienter les dépenses vers les besoins utiles de la population, comme l’éducation, qui apparaît de plus en plus comme une variable d’ajustement », déplore Christophe Hélou, professeur en sciences économiques et sociales et secrétaire départemental du syndicat FSU.

« Le gouvernement préfère diminuer le nombre d’enseignants »

En France, les classes restent globalement plus chargées que dans la plupart des autres pays européens, selon les données du ministère de l’Éducation nationale. La baisse du nombre d’élèves, qui commence à se faire sentir dans certains établissements, pourrait être l’occasion d’améliorer les conditions d’apprentissage, estime le syndicat.

« Le gouvernement préfère diminuer le nombre d’enseignants », poursuit Christophe Hélou.

De son côté, Christophe Rabin, co-secrétaire FSU-Snuipp, alerte sur un manque de moyens pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). « Les moyens sont en décalage avec les besoins », avance-t-il. De nombreux élèves se retrouvent ainsi sans soutien suffisant.

Des psychologues scolaires en souffrance

Dans le Maine-et-Loire, six postes équivalents temps plein de psychologues de l’Éducation nationale seraient vacants selon le syndicat. Ces postes étaient auparavant occupés par des contractuels qui ont vu leur contrat ne pas être reconduit sans la moindre explication.

Pire encore, certains se retrouvent sans nouvelles de la part de l’Éducation nationale et avec une boîte mail professionnelle inaccessible.

C’est le cas de Marine* qui n’a pas été renouvelé : « Je suis coincée. Je ne peux pas m’engager dans un autre projet professionnel et je ne peux pas m’inscrire à France Travail. Si on me fait une proposition pour reprendre un poste de psychologue scolaire dans quelques semaines et que je le refuse, je n’aurai pas droit aux allocations chômage. Des anciennes collègues se retrouvent même sans protection sociale. »

« Nous sommes très inquiets de la situation »

« La santé mentale était pourtant la grande cause nationale. Nous sommes très inquiets de la situation, avec des élèves qui sont toujours plus nombreux à avoir des troubles psychologiques », précise Sylvie Floris, psychologue de l’Éducation nationale dans le premier degré.

Le syndicat compte se joindre à la journée de grève et de mobilisation prévue le mardi 29 septembre dans la fonction publique. Le sujet des salaires sera notamment au cœur des revendications.

*Prénom d’emprunt

Par Sylvain Réault.

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