Le Giec des Pays de la Loire alerte sur les impacts du changement climatique sur la santé
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Le Giec des Pays de la Loire alerte sur les impacts du changement climatique sur la santé

Publié le 11 mai dernier, un nouveau rapport réalisé par les experts du Giec des Pays de la Loire alerte sur les conséquences du changement climatique sur la santé des Ligériens.

La Loire pourrait être davantage polluée en raison du réchauffement climatique – © Adobe Stock

Le Groupe interdisciplinaire d’experts sur le climat en Pays de la Loire (Giec-PL) est un conseil scientifique créé en 2020, chargé de rendre compte des impacts et des conséquences du changement climatique dans la région.

Dans leur étude publiée le 11 mai dernier, les scientifiques alertent notamment sur les dangers des périodes de canicule à répétition et de la pollution des eaux, dans un territoire qui n’est pas touché de manière uniforme.

Des problèmes endémiques aux différentes parties de la région augmentent particulièrement les risques sanitaires pour les populations sensibles qui y résident, comme les personnes âgées, les femmes enceintes et les enfants. Les littoraux souffrent de l’érosion des sols, les agglomérations des vagues de chaleur et les zones forestières des feux de forêt.

Le changement climatique fait grimper les températures dans la région

Les effets du changement climatique entraînent une hausse des températures à l’échelle mondiale. Dans les Pays de la Loire, ces augmentations de températures sont observables et ont des impacts significatifs sur la santé des populations. « Pendant l’été 2024, dans les Pays de la Loire, 450 passages aux urgences ont été dénombrés par iCanicule, un indicateur qui recense pour l’association SOS Médecins le nombre de passages aux urgences causés par des symptômes directement liés à la chaleur. La moitié concernait des personnes de 75 ans et plus », pointent les chercheurs dans leur rapport.

Durant cette période estivale, il a été également établi par les scientifiques que 142 décès ont été attribués à la chaleur, elle est donc un facteur de risque important pour la santé des habitants.

« Ce chiffre pourrait augmenter dans les années à venir, car le nombre de jours dépassant les 35 °C dans les Pays de la Loire pourrait être multiplié par quatre d’ici à 2050 si aucune mesure ambitieuse pour réduire les émissions à l’échelle mondiale n’était prise », estiment les experts du Giec-PL.

Les personnes plus fragiles comme les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées se retrouveraient donc encore davantage exposées à ces risques sanitaires.

La ressource en eau de la Loire menacée par la pollution

Selon le rapport, la ressource en eau de la région est aussi menacée par le changement climatique. Les scientifiques s’inquiètent des impacts qu’un manque de cette ressource pourrait entraîner sur les populations, tant ses usages sont variés et son importance vitale. « Consommation d’eau potable, hygiène, activités de loisirs… la diversité des usages de l’eau souligne l’importance de sa qualité pour la santé humaine », expliquent les chercheurs.

Elle est également essentielle dans l’agriculture et l’élevage, en particulier lors de périodes de canicule et de sécheresse. La ressource est aujourd’hui menacée dans la région : « Dans la Loire, qui représente 70 % de la ressource en eau potable en Loire-Atlantique, différents types de polluants sont identifiés, tels que des rejets industriels, des pesticides et des PFAS, qui sont des produits utilisés notamment dans divers domaines industriels, pour des cosmétiques, ou encore pour rendre des poêles antiadhésives. »

Toutes ces substances ont en commun d’être d’origine humaine, mais le changement climatique accroît également un risque de contamination bactériologique des eaux. « Dans les Pays de la Loire, la dégradation de la qualité de l’eau brute destinée à l’eau potable peut s’observer particulièrement lors des épisodes de sécheresse, des proliférations de cyanobactéries planctoniques peuvent ainsi être observées sur certaines ressources en eaux superficielles. Ces épisodes peuvent accroître la complexité du traitement nécessaire pour garantir la potabilité de l’eau », indique le rapport.

Malgré ces risques, l’étude dresse un bilan positif de la qualité de la ressource en eau dans la région. Les eaux sont considérées comme de bonne qualité vis-à-vis des taux de nitrates et de relativement bonne qualité par rapport à la contamination aux pesticides, avec 98,5 % de la population ligérienne alimentée par une eau conforme.

Des inégalités géographiques et sociales face au changement climatique

D’après le Giec-PL, toutes les zones de la région ne seraient pas impactées de la même façon par le changement climatique. Les milieux urbains seraient plus sensibles aux canicules, le risque de feux de forêt augmenterait par ailleurs dans le Maine-et-Loire et la Sarthe.

De leur côté, la vallée de la Loire et le littoral devraient connaître une augmentation des risques d’inondation. Ces territoires littoraux souffriraient également de la fragilisation des sols due à la montée des eaux. Ces conséquences engendrent une hausse de la demande de soins et de services médicaux.

« Plus elles sont confrontées aux impacts des changements climatiques sur leur santé, plus les populations ont besoin d’accéder aux services de prévention, à des consultations médicales ainsi qu’aux infrastructures de santé. Le vieillissement de la population, conjugué au vieillissement des médecins, pourrait générer une pression supplémentaire sur l’accès aux soins », alerte le rapport.

Et cette pression sur l’accès à des services de santé serait accentuée par une inégalité géographique dans la région. Dans l’est de la Sarthe et dans le sud de la Vendée, les chercheurs pointent une désertification médicale. La dégradation de l’accessibilité à un médecin généraliste y est importante, alors que les besoins augmentent.

À contrario, les grandes agglomérations comme Nantes, Angers ou La Roche-sur-Yon bénéficieraient d’une meilleure accessibilité aux soins, mais l’augmentation de la population à venir pourrait accroître la demande et poser des difficultés aux habitants pour obtenir des prises en charge médicales.

Anticiper les risques pour protéger le territoire

Une des solutions avancées par le rapport pour mieux protéger les Ligériens et le territoire serait d’adapter la région pour prévenir les risques. « L’aménagement d’un territoire résilient représente un levier essentiel. Par l’adaptation thermique des logements et des équipements publics, la végétalisation et le développement d’infrastructures propices à la marche et au vélo, une meilleure santé des populations est favorisée. Agir sur ces déterminants de la santé par l’aménagement contribue aussi à l’atténuation des changements climatiques et à la limitation de leurs impacts, y compris sanitaires », conclut le Giec-PL.

Le rapport est disponible en intégralité sur le site du Giec des Pays de la Loire.

Par Sacha Le Bras.

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