Ces derniers mois, de nombreuses boutiques ont mis la clé sous la porte dans le centre-ville d’Angers. Pour tenter d’enrayer le phénomène et relancer l’attractivité, la Ville d’Angers entend prendre différentes mesures.

De nombreux commerces sont vides rue Saint-Aubin – © Angers.Villactu.fr
Au 1er janvier 2026, la ville d’Angers comptait un taux de vacance commerciale de 7,9 %, soit une hausse de 30 % en seulement six mois. En peu de temps, de multiples enseignes nationales ont baissé le rideau comme Claire’s, Minelli, Jennyfer, IKKS, I-Code, Jules, Ekyog, One Step, Comptoir des Cotonniers, Formul ou encore Bouchara. « La situation est difficile. Nous sommes extrêmement attentifs à la situation. Toutefois, Angers va un peu mieux que d’autres villes de la même taille qui ont un taux de vacance commerciale proche des 10 % », note Roch Brancour, adjoint au développement économique, au commerce et à l’emploi.
La Ville va mettre en place dans les prochains mois de nombreuses actions pour essayer d’inverser la tendance. « Nous allons lancer la bataille du commerce, car nous considérons qu’il faut changer d’échelle et passer à l’offensive pour aller chercher de nouvelles enseignes et mieux faire connaître le potentiel d’Angers auprès de tous les acteurs du commerce », annonce Roch Brancour.
Un manager de centre-ville bientôt recruté

Roch Brancour est le nouvel adjoint au développement économique, au commerce et à l’emploi – © Angers.Villactu.fr
À partir du mois de septembre, la Ville va créer une direction dédiée au commerce. Elle aura pour mission d’accompagner au quotidien les commerçants. Au sein de cette direction, un manager de centre-ville sera chargé d’accompagner le développement commercial et d’animer le centre-ville. Par ailleurs, la Ville d’Angers va confier le pilotage et l’animation de sa stratégie commerciale à Aldev, l’agence de développement économique de l’agglomération. « Jusqu’à présent, le renouvellement des commerces se faisait assez naturellement. Désormais, Aldev aura aussi pour mission d’aller chercher les commerçants de demain en lien avec tous les acteurs du commerce », précise l’adjoint au développement économique, au commerce et à l’emploi. Un chargé de mission sera spécifiquement recruté prochainement pour ce travail de prospection.
Depuis quelques années, la Ville d’Angers dispose d’une foncière qui a jusqu’à présent principalement été utilisée pour racheter des locaux commerciaux dans les quartiers. Afin de favoriser la diversité commerciale, la collectivité souhaite l’utiliser dans le centre-ville d’Angers. Récemment, les fonds propres de cette foncière ont été augmentés de 2 millions d’euros.
La rue Saint-Aubin dans le viseur
La rue Saint-Aubin est la rue la plus impactée par la vacance commerciale, avec de nombreux commerces vides. Une étude sera prochainement lancée pour la transformation de la rue. La municipalité souhaite refaire les pavés, la végétaliser et changer le mobilier urbain. Une autre étude concernera « l’apaisement du centre-ville, avec une extension du plateau piétonnier ». Une troisième étude, plus longue, visera à repenser la Cité, soit une zone de plus d’un hectare, située entre le château et la cathédrale.
Des Assises du commerce
L’adjoint au commerce a également annoncé que des Assises du commerce angevin auront lieu au début de l’année prochaine. Elles rassembleront les commerçants, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), les fédérations professionnelles, les associations de commerçants, mais également les experts de l’urbanisme commercial. Les Assises auront pour but de dresser un état des lieux du commerce local, mais aussi d’identifier les attentes et les priorités des prochaines années.
De la vitrophanie sur les locaux vacants
La Ville souhaite tester l’habillage des locaux vacants, avec des œuvres issues des musées angevins. Des vitrophanies vont être posées sur les façades de l’ancien bâtiment de La Halle, rue Voltaire, et de la boutique Jules, rue Saint-Aubin.
Vers de nouveaux aménagements dans les quartiers
« Notre attention ne se porte pas uniquement sur le centre-ville. Nous serons vigilants aux polarités commerciales dans les quartiers, avec des projets concernant les places du Chapeau-de-Gendarme, de la Visitation et Bichon », poursuit Roch Brancour. L’élu en a profité pour annoncer, à quelques jours de l’ouverture d’un nouveau magasin Lidl dans le quartier du Lac-de-Maine, que celui déjà présent dans le quartier de Belle-Beille allait rester ouvert.
Des loyers trop élevés ?
« Il semble que les loyers soient trop élevés. Il y a un certain consensus sur le sujet », affirme Roch Brancour.
Pour faire baisser les loyers, certaines villes ont fait le choix de mettre en place une taxe sur les locaux vacants. Une piste qui n’est pas privilégiée par la Ville. « Nous ne fermons la porte à aucune mesure, mais nous pensons que pour attirer des investisseurs, la taxation n’est pas forcément la solution la plus efficace. Notre position n’est pas définitive, cela fera partie des sujets abordés aux Assises du commerce », avance l’élu.
Ikea, Bouchara, BHV : quel avenir ?
À l’occasion de cette conférence de presse sur la situation du commerce à Angers, Roch Brancour en a profité pour faire un tour d’horizon de l’actualité commerciale angevine. Il a notamment été question de l’avenir du local de 1 600 m² laissé vacant boulevard Foch depuis la fermeture de l’enseigne Bouchara. « Nous suivons de près la situation. Nous sommes en contact avec les différents acteurs. Nous avons fait savoir à Lidl, ainsi qu’à d’autres enseignes alimentaires intéressées, que ce n’était pas une bonne idée de venir s’implanter sur un boulevard où il y a déjà une offre alimentaire importante », indique Roch Brancour. La situation du BHV, en difficulté, est également suivie de près par la mairie.
L’arrivée d’Ikea à l’Atoll, évoquée il y a plusieurs semaines après la liquidation d’Alinéa, n’est pas abandonnée : « L’enseigne est en relation étroite avec l’Atoll. Il semblerait que cette arrivée soit plutôt bien engagée. Ce serait une bonne nouvelle, car c’est une enseigne qui manque sur le territoire. »
Par Sylvain Réault.
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