Fin de la grève aux urgences du CHU d’Angers après un accord entre direction et syndicats
Santé

Fin de la grève aux urgences du CHU d’Angers après un accord entre direction et syndicats

La direction du CHU d’Angers et les syndicats FO et SUD Santé Sociaux ont signé, jeudi 23 avril, un protocole mettant fin à plus de trois mois de grève aux urgences adultes et psychiatriques.

Le mouvement de grève avait commencé il y a trois mois. – © Angers.Villactu.fr

Après plus de trois mois de mobilisation, la grève des professionnels paramédicaux des urgences adultes du CHU d’Angers prend fin. Un protocole d’accord a été signé jeudi 23 avril entre la direction de l’établissement et les représentants des personnels du service d’accueil des urgences (SAU) adultes et de l’unité psychiatrique des urgences (UPSY), représentés par les syndicats Force ouvrière et SUD Santé Sociaux.

Le mouvement, entamé le 19 janvier dernier, portait principalement sur l’ouverture de lits d’aval et la création d’un poste d’aide-soignant 24h/24 aux urgences, dans un contexte de fortes tensions hospitalières en ce début d’année. Après huit réunions de négociation et plusieurs échanges complémentaires ces derniers jours, les deux parties annoncent être parvenues à un compromis.

Dans un communiqué, la direction du CHU évoque « le fruit d’un dialogue constructif entre la Direction de l’établissement et les syndicats FO et SUD Santé Sociaux », ainsi qu’« une volonté partagée de trouver des réponses pragmatiques et concertées au service des hospitaliers et des patients ».

De leur côté, les syndicats saluent des avancées obtenues grâce à la mobilisation. « La grève permet l’obtention d’avancées », écrivent FO et SUD, rappelant que les soignants s’étaient mobilisés pour « défendre les conditions d’accueil des patients et leurs conditions de travail ».

Chaque jour, le service d’accueil des urgences adultes du CHU d’Angers prend en charge en moyenne 160 patients, avec 18 infirmiers diplômés d’État et 16 aides-soignants.

Plus de renforts humains

L’accord signé prévoit plusieurs mesures réunies dans un plan baptisé « hôpital en tension ». La direction s’engage à renforcer les effectifs en fonction de l’activité, avec la création systématique de renforts infirmiers et aides-soignants lorsque les niveaux de tension l’exigent.

Au SAU adultes, un poste d’aide-soignant et un poste d’infirmier diplômé d’État seront renforcés pendant quatre mois, correspondant à la période hivernale. À l’UPSY, un renfort d’un aide-soignant en journée sera activé lors des périodes de forte tension sur les prises en charge psychiatriques.

Les syndicats précisent que ce dispositif comprend « la création de 3 équivalents temps plein aides-soignants, dédiés à la prise en charge des patients relevant de la psychiatrie aux urgences », déclenchée dès que huit patients seront en attente d’un lit d’hospitalisation. Ils évoquent également « le renfort systématique des équipes de nuit en cas de forte tension ».

La direction réalisera également en 2027 une étude de faisabilité sur « la possibilité et l’opportunité de disposer d’une unité de tension hospitalière ». Pour FO et SUD, cet engagement « ne ferme donc plus la porte à l’ouverture de lits ».

Avant même la signature de l’accord, certaines revendications « avaient déjà été satisfaites », selon la direction. C’est le cas de la présence systématique d’un agent de sécurité chaque nuit entre 20 h 30 et 4 h 30, en réponse aux incivilités et agressions signalées par les équipes.

Le CHU annonce également un renforcement du nettoyage, une amélioration de l’offre de restauration pour les patients en attente prolongée ainsi qu’un appui logistique supplémentaire en période de tension.

Une revendication de fond toujours présente

Au-delà des renforts immédiats, la question du manque de lits reste centrale pour les soignants. Les syndicats dénoncent depuis plusieurs mois « des conditions de travail insupportables », ainsi que « plusieurs événements dramatiques pour les patients », liés notamment à l’attente prolongée dans les couloirs des urgences.

« Depuis des mois, le personnel des urgences est sous pression : manque de lits d’aval notamment dans la filière psychiatrique, patients qui attendent des jours dans les couloirs des urgences, incapacité du CHU à faire face aux pics épidémiques », écrivent-ils.

Ils estiment que cette situation résulte « d’une politique budgétaire visant à réduire les lits ouverts 7 jours sur 7 au profit de lits dits d’ambulatoire depuis des années ».

Si la grève est désormais suspendue, les organisations syndicales préviennent qu’elles resteront vigilantes : « La question de la réouverture des lits nécessaires aux besoins de santé de la population reste le sujet central », soulignent-elles. Une nouvelle rencontre de suivi est déjà prévue en octobre afin d’évaluer l’application des mesures.

 

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