Face au risque croissant de feux de forêt, le Maine-et-Loire se prépare pour l’été 2026
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Face au risque croissant de feux de forêt, le Maine-et-Loire se prépare pour l’été 2026

Caméras de détection, nouveaux camions-citernes, pélicandrome d’Angers-Marcé et obligations de débroussaillement… À l’approche de l’été, le Maine-et-Loire renforce son arsenal face aux feux de forêt. Les autorités assurent être prêtes à répondre à un risque devenu récurrent dans le département.

Le SDIS sera mobilisé tout l’été pour prévenir tout départ de feu. – © Angers.Villactu.fr

Les souvenirs des incendies de l’été 2022 restent vifs en Maine-et-Loire. Quatre ans plus tard, alors que les premières fortes chaleurs se sont invitées dès le mois de mai, les services de l’État et les secours veulent montrer qu’ils sont mieux armés pour faire face à un risque désormais installé dans le paysage angevin.

Réunis au centre de secours de Tiercé pour lancer officiellement la campagne 2026 de prévention et de lutte contre les feux de forêt, le préfet François Pesneau, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 49) et le Conseil départemental ont affiché un même message : le département s’est adapté.

« Les événements auparavant exceptionnels deviennent récurrents. Mais nous sommes prêts », assure Florence Dabin, présidente du Conseil départemental et du conseil d’administration du SDIS 49.

Les épisodes de chaleur précoce observés cette année rappellent en effet que le risque incendie ne concerne plus seulement les régions méditerranéennes. En Anjou aussi, les massifs forestiers sont désormais exposés à des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus intenses.

Miser d’abord sur la prévention

Pour les autorités, la première bataille se joue avant même le départ d’un incendie : « Neuf incendies sur dix sont d’origine humaine, rappelle François Pesneau. Jeter un mégot par la fenêtre quand il fait 38 degrés dehors, c’est un acte criminel. »

La campagne de prévention lancée par la préfecture vise ainsi à rappeler des consignes parfois élémentaires mais jugées essentielles : ne pas allumer de feu à proximité des espaces boisés, éviter les barbecues dans les zones à risque, ne pas jeter de mégots dans la nature ou encore respecter les restrictions d’accès aux forêts lors des périodes les plus sensibles.

Les organisateurs d’événements estivaux sont également invités à intégrer davantage le risque incendie dans leur préparation. L’an dernier, plusieurs manifestations avaient dû être annulées en raison des conditions météorologiques et du niveau de danger.

Cinquante-et-une caméras pour repérer les premiers départs de feu

Depuis l’été 2024, le SDIS 49 dispose d’un nouvel outil destiné à gagner de précieuses minutes lors des départs de feu : un système de vidéodétection couvrant l’ensemble du département.

Installées sur quinze points hauts stratégiques, dont douze châteaux d’eau et trois pylônes, 51 caméras surveillent désormais les principaux massifs forestiers.

« En cas de détection de fumée, une alerte est transmise aux opérateurs sapeurs-pompiers du centre de traitement de l’alerte », explique le lieutenant-colonel François Maisonneuve, conseiller technique départemental pour les feux de forêt.

L’objectif est simple : intervenir le plus tôt possible avant qu’un départ de feu ne prenne de l’ampleur.

Des moyens renforcés sur le terrain

L’effort porte également sur les équipements, notamment grâce au pacte capacitaire financé par l’État, le SDIS 49 devant recevoir cinq millions d’euros entre 2024 et 2027 : « Le Maine-et-Loire est le quatrième département le mieux doté », souligne Florence Dabin.

Cette enveloppe doit permettre l’acquisition de 18 nouveaux camions-citernes spécialisés dans les feux de forêt. Onze ont déjà été livrés. Le département dispose par ailleurs de 58 camions-citernes et de 45 véhicules tout-terrain dédiés à la surveillance et aux premières interventions.

La formation des sapeurs-pompiers a également été renforcée afin d’adapter les compétences à un risque appelé à se développer dans les prochaines années.

À Angers-Marcé, le pélicandrome reste l’un des maillons stratégiques du dispositif. Cette base de ravitaillement accueille chaque été les avions bombardiers d’eau et de retardant de la Sécurité civile.

« C’est le seul de la zone Ouest à disposer d’une station mobile de retardant », souligne le lieutenant-colonel François Maisonneuve.

La structure peut accueillir l’ensemble des appareils de la flotte nationale, des Canadair aux Dash en passant par les Air Tractor et les hélicoptères. L’an dernier, elle a été activée à douze reprises, dont onze fois à titre préventif lors des épisodes de fortes chaleurs.

Le débroussaillement, nouvelle obligation dans plusieurs massifs

Autre évolution majeure : la mise en œuvre des obligations légales de débroussaillement dans plusieurs secteurs du département depuis l’automne 2025.

Cinq massifs forestiers de Maine-et-Loire sont désormais concernés. Les propriétaires doivent entretenir un périmètre de sécurité autour des habitations afin de limiter la propagation d’éventuels incendies.

« C’est une avancée majeure en matière de lutte contre l’incendie mais ce sont aussi des contraintes pour les collectivités comme pour les particuliers. Il y a un juste équilibre à trouver », reconnaît le préfet.

À quelques semaines du cœur de l’été, les autorités refusent toutefois de tirer des conclusions sur la saison à venir. La végétation reste encore relativement humide après un printemps arrosé, mais l’évolution des conditions météorologiques demeure incertaine.

« Il est encore trop tôt pour anticiper précisément les conditions de l’été. Les premières projections laissent entrevoir une probabilité de 50 % d’un été plus chaud que la normale, contre 25 % pour un été plus frais et 25 % pour un été conforme aux moyennes saisonnières. Quel que soit le scénario, nous sommes prêts », conclut François Pesneau.

Par Eline Vion.

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