Ventilateurs, accès à l’eau fraîche, aménagements d’horaires : en pleine canicule, le syndicat FO du CHU d’Angers pointe plusieurs difficultés rencontrées par les personnels. La direction affirme pour sa part avoir renforcé ses moyens et adapté l’organisation des soins face à l’épisode de chaleur.

Le CHU d’Angers s’organise pour faire face à la canicule. – © Angers.Villactu.fr
Alors que le Maine-et-Loire fait face à un nouvel épisode de canicule, le syndicat Force ouvrière (FO) du CHU d’Angers alerte sur les conditions de travail et d’accueil au sein de l’établissement. Dans un communiqué publié mardi 23 juin, l’organisation syndicale dénonce un manque d’anticipation et des équipements jugés insuffisants. De son côté, la direction du CHU a présenté une série de mesures mises en œuvre pour faire face aux fortes chaleurs, assurant avoir activé une cellule de crise quotidienne et déployé des moyens supplémentaires.
Une chaleur jugée difficilement supportable
Dans son communiqué, FO décrit une situation particulièrement difficile pour les soignants comme pour les patients. « Dans les services de soins, dans les bureaux pour les collègues comme pour les patients, la chaleur est intenable », affirme le syndicat, évoquant des températures ressenties « avoisinant les 40° » dans certaines chambres et salles de soins ».
Le syndicat pointe plusieurs difficultés : un nombre insuffisant de ventilateurs, des problèmes d’accès à l’eau fraîche, des réfrigérateurs défectueux ou encore l’absence de protections solaires sur une grande partie des fenêtres. « Les collègues tentent de pallier comme ils peuvent le manque de moyens avec le système D », écrit FO, qui affirme que des couvertures de survie sont utilisées pour limiter l’entrée de la chaleur dans certains locaux.
L’organisation syndicale regrette également que les aménagements d’horaires ne soient « pas systématiques » dans les services où ils seraient possibles et évoque des difficultés persistantes concernant les tenues professionnelles. « Les tenues jetables fournies pour tenter de pallier le manque rendent encore plus difficile le travail avec la chaleur », souligne-t-elle.
Face à cette situation, FO a annoncé le dépôt d’un droit d’alerte pour l’ensemble du CHU. Le syndicat réclame notamment la livraison de bouteilles d’eau dans les services, davantage de ventilateurs, l’installation de climatiseurs, le remplacement des réfrigérateurs défectueux, l’adaptation des horaires de travail ainsi que le recrutement d’« agents canicule ».
Le CHU active une cellule de crise quotidienne
De son côté, la direction du CHU assure avoir activé dès le 22 juin une cellule de crise quotidienne afin « d’adapter les organisations de soins et d’accueil pour accompagner au mieux les patients, les résidents et les professionnels ». L’établissement indique que trois priorités guident son action : prévenir les conséquences sanitaires de la canicule, limiter la dégradation des conditions de travail et garantir la continuité des activités.
Pour les patients les plus fragiles, le CHU prévoit notamment des adaptations de consultations, avec la possibilité de recourir à la téléconsultation ou de reporter certains rendez-vous non urgents. Les équipes médicales renforcent également la surveillance de l’hydratation et de l’état de santé des personnes âgées ou vulnérables.
Des désaccords entre le syndicat et l’hôpital
La question des équipements constitue l’un des principaux points de divergence entre le syndicat et la direction. Là où FO estime qu’une partie des ventilateurs commandés n’a pas été livrée, le CHU affirme avoir déjà distribué 466 ventilateurs dans les services accueillant les patients les plus vulnérables. L’établissement annonce également l’achat de 25 climatiseurs mobiles et la mise à disposition prochaine de 350 couvertures de survie destinées à être installées sur les fenêtres les plus exposées.
Concernant les conditions de travail des personnels, le CHU rappelle que son « Plan Fortes chaleurs » est activé depuis le 17 juin. Celui-ci prévoit notamment des aménagements d’horaires et du télétravail pour certaines catégories de personnels administratifs.
À l’EHPAD Saint-Nicolas, rattaché au CHU, « la direction générale a accordé une certaine souplesse en autorisant le port de t-shirt en remplacement de leur tenue professionnelle habituelle. Ce port est conditionné au respect des règles d’hygiène hospitalière », assure-t-il.
Une vigilance renforcée dans les services et à l’EHPAD
La direction souligne par ailleurs avoir engagé depuis septembre 2025 un programme d’adaptation des bâtiments au réchauffement climatique, représentant un investissement de 590 000 €. Celui-ci comprend notamment la pose de stores, de volets roulants extérieurs, des travaux d’isolation et l’installation de systèmes de climatisation fixes. Selon le CHU, environ 35 % des surfaces sont aujourd’hui climatisées ou rafraîchies.
À l’EHPAD Saint-Nicolas, le Plan Bleu a été déclenché. Des « tours d’hydratation » sont organisés auprès des résidents, tandis que des repas froids sont privilégiés et que les activités sont regroupées dans les espaces climatisés. Des renforts de personnel ont également été mobilisés.
Le SAMU confronté à une hausse des appels
Si les services d’urgences n’enregistrent pas pour l’heure de hausse marquée de fréquentation liée à la canicule, le centre de régulation du SAMU 49 constate en revanche une augmentation significative des appels. Le lundi 22 juin, 1 687 appels ont été reçus, contre 1 316 deux semaines plus tôt, soit une hausse de 22 %.
Les urgentistes rappellent toutefois que les conséquences sanitaires des fortes chaleurs apparaissent généralement avec plusieurs jours de décalage. Si l’épisode caniculaire se prolonge, l’activité hospitalière pourrait donc encore s’intensifier dans les prochains jours.
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