Le bailleur social Soclova a inauguré mercredi 17 juin son projet de mécénat « Âme artistique », avec la présentation de six fresques peintes dans le jardin de la résidence Nicolas Bataille, au nord de la Roseraie. Entre oiseaux colorés, insectes étranges et messages politiques, l’œuvre a été créée par l’artiste Claire GretL dans le but d’apporter de l’art aux résidents de ces logements sociaux.

Plusieurs fresque ont été réalisées © Sacha Le Bras – Angers Villactu.fr
Propriétaire de la résidence, le bailleur social Soclova a émis l’idée du projet de mécénat « Âme artistique » pendant l’été 2025. « Nous souhaitions amener de l’art aux résidents avec la réalisation d’une œuvre qui ferait référence à la tapisserie de l’Apocalypse. Nous ne voulions pas créer des peintures seulement décoratives, mais qui auraient un sens. Nicolas Bataille était un marchand ayant joué un rôle important dans la création de la tenture de l’Apocalypse au Moyen Âge. Réaliser la fresque dans la résidence éponyme était donc une référence historique », explique Katia Graveleau, pilote du projet « Âme artistique » à la Soclova.
Entre la recherche de l’artiste en charge de réaliser la fresque, la visite du château d’Angers avec les résidents et l’organisation technique du projet, une année aura été nécessaire à la mise en place de « Âme artistique ». Les six fresques auront, elles, été peintes en trois semaines.
Des messages cachés dans la fresque
Les résidents et la peintre Claire GretL ont été invités, en novembre dernier, à venir observer la tapisserie de l’Apocalypse au château d’Angers dans le cadre d’une visite organisée par la Soclova.
« L’idée qu’il faille déambuler pour observer la tapisserie m’a inspirée, et je voulais la transposer à ma fresque. Pour cette raison, il y en a six à découvrir sur les murs du parc de la résidence, invitant les visiteurs à se déplacer », souligne l’artiste.

Claire GretL est l’artiste angevine à l’origine des fresques – © Sacha Le Bras – Angers Villactu.fr
Les peintures étant placées dans le jardin de l’immeuble, la peintre a voulu faire de l’environnement la thématique principale de ce projet. Une forme revient par ailleurs dans chaque œuvre : celle du lichen, un organisme poussant sur les arbres et servant d’indicateur de la bonne santé des écosystèmes. Ces évocations de la nature ont également pour but de transmettre des messages.
« Le mot “apocalypse“ signifie “dévoiler“, “révéler“ ou “découvrir“, ce qui m’a poussée à vouloir intégrer des messages cachés dans l’œuvre. Par exemple, j’ai dessiné des animaux, des insectes et des plantes qui semblent exotiques ou irréels, mais que nous pouvons en réalité retrouver en France. Cela renvoie à l’intelligence artificielle, car nous ne savons plus vraiment ce qui est vrai ou faux. C’est donc une invitation à regarder le monde du vivant différemment », explicite la peintre.

Les fresques mettent la nature à l’honneur – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr
Pendant les trois semaines nécessaires à la réalisation des fresques, l’artiste aura essuyé la pluie, le vent et la canicule. « Les conditions dans lesquelles j’ai travaillé ont un sens particulier, j’ai appris à m’adapter à la météo et à la nature. Cela faisait partie du message que je voulais porter, l’idée de se reconnecter à l’environnement et à ses aléas », conclut l’angevine.
Par Sacha Le Bras.
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