Cyanobactéries, feux de forêt : la canicule multiplie les risques en Maine-et-Loire
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Cyanobactéries, feux de forêt : la canicule multiplie les risques en Maine-et-Loire

Placé en vigilance rouge canicule, le Maine-et-Loire doit aussi faire face à plusieurs conséquences de cet épisode de chaleur extrême. La préfecture alerte sur la présence de cyanobactéries dans la Mayenne, un risque élevé de feux de forêt et les effets de la pollution à l’ozone observée ces derniers jours.

En raison des fortes chaleurs, des cyanobactéries sont présentes dans l’eau de la Mayenne. – © Adobe Stock

Alors que le Maine-et-Loire reste placé en vigilance rouge canicule, la préfecture alerte sur plusieurs conséquences directes de cet épisode de chaleur extrême, de la présence de cyanobactéries dans la Mayenne au risque élevé de feux de forêt, en passant par un récent épisode de pollution à l’ozone. Dans un communiqué diffusé mercredi 24 juin, la préfecture de Maine-et-Loire appelle à la vigilance face à une situation qui met sous tension à la fois les milieux naturels et les services de secours.

Des cyanobactéries signalées dans la Mayenne

La préfecture indique que des cyanobactéries ont été signalées dans l’eau de la Mayenne, notamment dans les secteurs de Montreuil-Juigné et de Grez-Neuville. Ces micro-organismes, rappelle-t-elle, « peuvent produire des toxines dangereuses pour les humains et les animaux, en particulier lors des épisodes de fortes chaleurs ».

Les autorités rappellent que la baignade est interdite dans la Mayenne, comme dans l’ensemble des cours d’eau navigables, hors sites aménagés et autorisés sur le plan sanitaire. En cas d’exposition suivie de symptômes cutanés, digestifs ou neurologiques, la préfecture invite à consulter rapidement un médecin.

Elle appelle également à la prudence pour les animaux, recommandant d’éviter la baignade et l’abreuvement dans les zones concernées, et de tenir les chiens en laisse à proximité des cours d’eau.

« Les vétérinaires ont été sensibilisés à cette situation. En cas de symptômes une consultation rapide est recommandée », ajoute la préfecture.

Un épisode de pollution à l’ozone désormais levé

Autre conséquence des fortes chaleurs de ces derniers jours : un épisode de pollution à l’ozone a touché le département. Favorisée par les températures élevées et un fort ensoleillement, cette dégradation de la qualité de l’air a conduit à la mise en place de mesures temporaires, notamment l’abaissement des vitesses maximales autorisées sur les autoroutes et les routes à deux fois deux voies.

Selon la préfecture, cet épisode « prend fin à compter du jeudi 25 juin ». Les restrictions liées à la pollution atmosphérique sont donc levées, et les limitations de vitesse habituelles redeviennent applicables.

Un incendie toujours en cours à Saint-Macaire-du-Bois

Le risque de feux de forêt et de végétation demeure, lui, particulièrement élevé. Un incendie s’est déclaré mardi après-midi à Saint-Macaire-du-Bois, dans le sud du département. Dans son communiqué, la préfecture précise que le feu a « parcouru plus de 120 hectares de massif forestier ».

Près de 160 sapeurs-pompiers et une cinquantaine d’engins ont été mobilisés au cours de la nuit de mardi à mercredi. L’incendie a été maîtrisé en seconde partie de nuit, après avoir touché près de 100 hectares, grâce à l’intervention des secours, au concours de l’Office national des forêts et au soutien d’agriculteurs. « Aucune évacuation de population n’a été nécessaire », précise la préfecture.

Mais les températures élevées et les conditions météorologiques défavorables ont favorisé une reprise du feu hier. « Une saute de feu a occasionné des dégâts sur environ 20 hectares », indique encore l’État. Six groupes d’intervention feux de forêt restent mobilisés pour traiter ces reprises et surveiller des lisières jugées encore très actives.

Face à la situation, une colonne de renfort de 66 sapeurs-pompiers de Normandie, issus de Seine-Maritime, de l’Orne et de la Manche, a été déployée dans le département sur décision du préfet de zone de défense et de sécurité Ouest. Hébergés aux Écoles militaires de Saumur, ces renforts ont été engagés sur le feu de Saint-Macaire-du-Bois.

Le préfet salue « l’engagement des sapeurs-pompiers, notamment des renforts venus de Normandie », ainsi que celui de l’Office national des forêts, des agriculteurs, des forces de gendarmerie et de la commune de Saint-Macaire-du-Bois.

Des restrictions maintenues dans le département

Dans ce contexte de canicule et de risque incendie, plusieurs mesures de restriction restent en vigueur. Les travaux agricoles sur les grandes cultures, comme la récolte et le pressage de la paille, sont interdits entre 13 h et 20 h sur l’ensemble des surfaces agricoles du département jusqu’au vendredi 26 juin inclus.

Les manifestations sportives de plein air sont également interdites jusqu’à la levée de la vigilance rouge canicule. La consommation d’alcool sur la voie publique reste elle aussi proscrite, à l’exception des terrasses de cafés, bars et restaurants, ainsi que des espaces autorisés par les mairies.

La préfecture appelle par ailleurs à une vigilance particulière autour des citernes de gaz. Le SDIS a déjà recensé plus d’une dizaine d’interventions liées à ce type d’installation. « Toute manipulation doit être réalisée par des personnes compétentes afin de garantir la sécurité des opérations », rappelle l’État.

Une forte pression sur les secours et les hôpitaux

L’épisode caniculaire continue en parallèle de peser fortement sur les services de secours et de santé. Le Service départemental d’incendie et de secours fait face à un volume élevé d’interventions pour du secours à personne, tandis que le SAMU et le CODIS enregistrent une hausse de près de 50 % des appels par rapport à une journée habituelle.

Le taux d’hospitalisation progresse de 22 %, avec un impact plus marqué chez les personnes âgées. La préfecture estime que cet épisode caniculaire « exerce une forte pression sur les services de secours et de santé », qui mettent tout en œuvre, « y compris par l’activation complète des plans blancs en milieu hospitalier, pour maintenir leurs capacités opérationnelles ».

 

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