La Tour du moulin du château d’Angers, qui culmine à près de 40 mètres de hauteur, doit ouvrir au public à l’automne 2026, au terme de cinq années de travaux de restauration.

L’ouverture au public du sommet de la Tour du moulin nécessitera d’emprunter un escalier de 83 marches. – © Julien Gazeau
Après plusieurs années de restauration du rempart nord, le château d’Angers prévoit d’ouvrir au public, au dernier trimestre 2026, le sommet de la Tour du moulin. Jusqu’ici inaccessible, cet espace doit être intégré au parcours de visite du monument.
Située à environ 40 mètres au-dessus de la Maine, cette tour se distingue 17 autres ouvrages de la forteresse construite au XIIIème siècle : « Lorsque le château est transformé au XVIème siècle pour l’adaptation à l’artillerie à poudre, ses tours sont décoiffées et leur hauteur abaissée pour faciliter l’usage des canons. Mais cette tour à flanc de falaise ne subit pas le même traitement que les autres et garde une élévation proche de sa hauteur médiévale », indique le monument historique.
L’existence du moulin attesté par l’archéologie
La tour doit son nom à un moulin à vent installé à son sommet à la fin du XVIème siècle, pendant la période des guerres de Religion, dont sa construction est documentée en 1593. L’équipement, destiné à alimenter la garnison en farine, comprend alors des meules, des mécanismes et un espace d’habitation pour le meunier.
Son fonctionnement reste toutefois limité dans le temps, car en juin 1594, un orage endommage l’une de ses ailes. Dans une période redevenue plus stable, et en raison de la présence de moulins à eau à proximité, l’installation perd ensuite son utilité, avant d’être finalement démontée en 1620.
Jusqu’à récemment, l’existence de ce moulin reposait essentiellement sur les sources d’archives, c’est pourquoi les travaux engagés depuis 2021 ont permis d’en retrouver des traces matérielles. Au sommet de la tour, les archéologues ont mis au jour un sol composé de dalles d’ardoise disposées en cercle, interprété comme la base du moulin. Cette structure était reliée à une salle située en dessous, mentionnée dans les textes anciens comme une chambre destinée au meunier.
Dans le cadre du chantier, les 380 dalles ont été déposées puis restaurées. Parmi elles, environ 60 % ont été conservées, les autres remplacées par des éléments issus de schiste provenant notamment des carrières de Trélazé. L’ensemble a été reposé sur une nouvelle structure assurant l’étanchéité.
Un programme de restauration plus large
L’intervention sur la Tour du moulin s’inscrit dans un chantier plus vaste portant sur le front nord du château. Engagés en 2021, les travaux, financés à hauteur de 6,5 millions d’euros dans le cadre du plan de relance, ont concerné les remparts, les tours et plusieurs équipements du site.
Les opérations ont notamment porté sur la reprise de l’étanchéité des voûtes, le remplacement de pierres altérées, la restauration des portes et du pont-levis, ainsi que l’aménagement des abords. Le système d’évacuation des eaux pluviales a également été repris.
En parallèle, une campagne d’archéologie préventive menée par l’Inrap et le service départemental d’archéologie de Maine-et-Loire a permis de documenter l’évolution du site entre le XIIIème et le XIXème siècle. Les fouilles ont mis en évidence la présence d’anciens bâtiments adossés aux remparts, aujourd’hui disparus.
Dans les fossés, sous le pont-levis, un escalier creusé dans le schiste a également été découvert. Il pourrait correspondre à un dispositif de circulation discret, possiblement à usage défensif. Des études complémentaires doivent encore en préciser la datation et la fonction.
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