À la tête d’Angers Nantes Opéra depuis janvier 2026, Alexandra Lacroix dévoile une première saison 2026-2027 structurée autour de la thématique de l’amour et entend renouveler le lien entre l’art lyrique et les publics.

Alexandra Lacroix est à la tête d’Angers Nantes Opéra, succédant à Alain Surrans. – © Angers.Villactu.fr
Nommée à la direction d’Angers Nantes Opéra et entrée en fonction le 1er janvier 2026, Alexandra Lacroix signe une première saison 2026-2027 placée sous le signe d’un thème universel : l’amour. Une programmation mêlant grandes œuvres du répertoire et propositions contemporaines, qui entend également élargir les formes et les publics de l’art lyrique.
« Pour ma première saison, j’ai choisi d’explorer l’amour, annonce la metteuse en scène et scénographe. Chaque saison, je poserai une question au public. Cette année, c’est : qu’est-ce que l’amour ? ». Une interrogation déclinée en quatre « variations », chacune associée à un opéra et à un ensemble de propositions artistiques en résonance.
Quatre opéras pour une même thématique
La saison s’articule autour de quatre œuvres majeures du répertoire. En octobre, Orphée et Eurydice de Gluck ouvre la série sous l’angle de « l’amour mortel ». En décembre, The Carmen Case, relecture contemporaine de l’opéra de Bizet conçue par Alexandra Lacroix et la compositrice Diana Soh, interroge les dérives de la passion. En mars, Così fan tutte de Mozart explore les illusions et les faux-semblants amoureux, avant que Werther de Massenet ne vienne clore la saison au printemps autour d’un amour absolu.
Désormais, précise la directrice, « tous les opéras donnés à Nantes seront aussi présentés à Angers », renforçant la circulation des productions entre les deux villes.
Au-delà des opéras, la saison multiplie les formats : concerts participatifs, propositions chorégraphiques, performances, conférences et expositions. Un ensemble d’« échos » pensé pour prolonger la réflexion sur les thématiques abordées.
Parmi les nouveautés figure le RING Lab, laboratoire de recherche artistique réunissant créateurs et scientifiques autour de formes lyriques expérimentales : « Nous souhaitons impulser un nouveau dispositif à partir de la thématique des variations et des témoignages du public », explique Alexandra Lacroix.
Parmi les autres initiatives, on retrouve la « Rolling », un vélo-mobile conçu comme un théâtre itinérant, destiné à aller à la rencontre de publics éloignés, mais également un festival jeune public, OP’en famille, déployé à l’automne.
Une saison pour « infuser du sens »
Arrivée à Angers et Nantes après un parcours marqué par la mise en scène et la création contemporaine, Alexandra Lacroix revendique une approche transversale de l’opéra. Formée à l’École nationale supérieure des arts décoratifs, elle a développé un travail à la croisée des disciplines, collaborant avec scientifiques, architectes ou encore chercheurs.
« C’est absolument dynamisant, confie-t-elle à propos de sa prise de fonction. Je ne connaissais personne ici, mais tout a paru naturel ». Elle entend aujourd’hui « infuser du sens et de la dramaturgie dans la programmation, tout en faisant du spectateur un acteur de l’expérience artistique ».
Pour Nicolas Dufetel, adjoint à la culture de la Ville d’Angers, cette nouvelle orientation marque une étape importante pour la maison lyrique : « Cette première saison traduit une volonté forte d’ouvrir l’opéra, de le connecter davantage aux habitants et aux enjeux contemporains. »
Par Eline Vion.
Suivez toute l’actualité locale en vous abonnant à nos newsletters.
