Installée en France depuis la crise sanitaire, l’artiste franco-colombienne Angie Roa Bancarel présente Raíces jusqu’au 13 septembre à la Tour Saint-Aubin, à Angers. Une exposition où se mêlent mémoire familiale, héritage colombien et récits de femmes.

Angie Roa Bancarel présente son exposition Raíces à la Tour Saint-Aubin. – © Angers.Villactu.fr
Des fils colorés, des formes animales, des cœurs brodés et des compositions inspirées de son histoire. À la Tour Saint-Aubin, Angie Roa Bancarel présente un travail artistique construit autour de la mémoire et de la transmission. Avec Raíces, « racines » en espagnol, l’artiste plasticienne franco-colombienne revient notamment sur son parcours et sur les femmes qui ont marqué sa vie.
« Mon travail est directement lié à mon histoire. Il y a les épreuves que j’ai traversées, les changements, mais aussi tout ce qui m’a donné de l’espoir », explique-t-elle. Arrivée de Colombie en France pendant la période du Covid-19, elle fait aujourd’hui de ses expériences une matière pour créer.
Des femmes au cœur de ses créations
Dans son univers artistique, les femmes occupent une place importante. L’artiste s’intéresse à leurs histoires, mais aussi à des sujets parfois difficiles à aborder, comme les violences ou les tabous autour du corps.
Une partie de ses œuvres s’attache ainsi à représenter les femmes sous différentes formes, notamment à travers une série d’animaux féminisés. Une autre met en avant plusieurs cœurs brodés, associés à des femmes de son entourage, dont sa mère, sa grand-mère et sa meilleure amie.

Différents cœurs sont brodés, pour mettre en lumière les femmes de son entourage. – © Angers.Villactu.fr
« Les femmes ont toujours été une grande source d’inspiration pour moi. Je m’intéresse à ce qu’elles vivent, à ce qu’elles ressentent et à tout ce qu’elles peuvent transmettre », raconte l’artiste.
La broderie tient également une place particulière dans sa démarche. Sa mère étant couturière, le fil renvoie directement à son histoire familiale. Mais il possède aussi une dimension symbolique. « Pour moi, le fil permet de réparer. Je peux réparer une matière, mais aussi représenter une manière de réparer quelque chose en soi, dans le corps ou dans l’âme », explique-t-elle.

Angie Roa Bancarel explore le cycle menstruel à travers le prisme du cycle lunaire. – © Angers.Villactu.fr
Mettre des mots sur ce qui reste silencieux
Au-delà de l’esthétique, Angie Roa Bancarel utilise ses créations pour aborder des expériences personnelles. Certaines œuvres évoquent notamment la maternité, mais aussi la perte d’enfants.
Un sujet sur lequel elle souhaite pouvoir ouvrir le dialogue. « Il y a des choses dont on parle encore très peu. Pourtant, partager ce que l’on a vécu peut aider quelqu’un qui traverse à son tour une période difficile », estime-t-elle.

Dans l’exposition Raíces, les femmes sont représentées à travers différentes formes. – © Angers.Villactu.fr
Si ses œuvres parlent beaucoup des femmes, l’artiste revendique tout de même l’idée d’une complémentarité entre les femmes et les hommes. « Je pense que nous avons besoin d’avancer ensemble. Chacun possède ses forces et ses différences, et il faut pouvoir les respecter plutôt que de les opposer », poursuit-elle. Une thématique sur laquelle elle envisage de travailler prochainement.
Avec Raíces, Angie Roa Bancarel donne également une place importante à ses origines. Les couleurs, les symboles et certaines traditions colombiennes apparaissent dans son travail, comme une manière de conserver un lien avec son pays tout en construisant une nouvelle histoire en France.
L’exposition est visible jusqu’au 13 septembre à la Tour Saint-Aubin, à Angers.
Par Eline Vion.
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