Face à la baisse des débits des cours d’eau et du niveau des nappes phréatiques, la préfecture de Maine-et-Loire a décidé de placer l’ensemble du département en situation de crise pour les usages de l’eau. De nouvelles restrictions s’appliquent notamment aux particuliers et aux collectivités.

Face à la sécheresse, le Maine-et-Loire passe au niveau de « crise ». – © Angers.Villactu.fr
Le Maine-et-Loire passe au niveau maximal de restriction pour les usages de l’eau. La préfecture a annoncé, mardi 18 août, le placement de l’ensemble du département en état de « crise » pour les particuliers et les collectivités. Cette décision intervient alors que les débits des cours d’eau et le niveau des nappes continuent de diminuer, dans un contexte marqué par l’absence de pluies significatives depuis le début du mois de juin et plusieurs épisodes de fortes chaleurs.
La situation est particulièrement préoccupante pour la Loire. Son débit a fortement diminué ces dernières semaines, atteignant le seuil correspondant au niveau de crise, fixé à 100 m³/s à la station de Montjean, au cours du week-end dernier.
Raymond Yeddou, secrétaire général de la préfecture de Maine-et-Loire, a donc décidé de renforcer les restrictions afin de « ne pas aggraver la situation, de préserver l’état des milieux naturels et de conserver des capacités d’usage pour les mois à venir ».
L’arrosage des pelouses interdit
Pour les particuliers, le passage en crise entraîne plusieurs interdictions. L’arrosage des pelouses, des massifs de fleurs et des espaces arborés est désormais interdit. L’arrosage des potagers reste possible, mais uniquement entre 20 h et 8 h.
Le lavage des véhicules est également interdit, que ce soit à domicile ou dans une station de lavage. Le remplissage et la vidange des piscines privées sont eux aussi prohibés, y compris pour une première mise en eau ou une simple remise à niveau.
Autre restriction, le nettoyage des façades, des toitures et des trottoirs est interdit.
Les collectivités sont également concernées. L’arrosage des pelouses, y compris celles des terrains de sport, des golfs et des hippodromes, est interdit. L’arrosage des espaces arborés et des massifs fleuris n’est plus autorisé, à l’exception des arbres et arbustes plantés en pleine terre depuis moins de deux ans. Pour ces plantations, l’arrosage reste possible entre 20 h et 9 h.
Le nettoyage des trottoirs et des voiries est également interdit, sauf lorsqu’il répond à un impératif sanitaire ou de sécurité.
Des restrictions qui varient selon les secteurs
La situation n’est toutefois pas uniforme sur le territoire, avec plusieurs niveaux de restriction s’appliquant selon les bassins et les nappes.
Les bassins du Lathan et de la Moine, ainsi que la nappe souterraine Aubance sont placés en vigilance. Les bassins de la Sarthe et du Loir, ainsi que la nappe Loir-Sarthe-Aval, sont quant à eux en alerte.
Le niveau d’alerte renforcée concerne les bassins de l’Evre, de l’Oudon, de l’Erdre et de la Romme, ainsi que la nappe Mayenne.
Enfin, plusieurs secteurs sont désormais en crise. C’est notamment le cas des bassins de la Loire, de l’Authion, du Layon, de la Mayenne, de l’Aubance, de l’Hyrôme, de la Thau, de la Divatte, du Brionneau, du Couasnon, de la Sanguèze, du Thouet, de l’Argenton, de la Sèvre-Nantaise et de la Dive du Nord. Plusieurs nappes sont également concernées, dont celles du Layon, de l’Erdre, de Romme-Brionneau, des alluvions de la Loire-Thau et des alluvions de l’Authion.
Concernant l’eau potable, les zones Loir et Sarthe sont placées en alerte, tandis que les zones Loire, Mayenne et Cénomanien-turonien passent en crise.
Pas de difficulté pour l’eau potable à ce stade
Malgré cette situation, la préfecture indique qu’aucune difficulté particulière n’est actuellement constatée concernant l’approvisionnement en eau potable. Un suivi doit toutefois être maintenu afin d’anticiper une éventuelle dégradation de la situation.
Le secrétaire général de la préfecture appelle ainsi les particuliers, les collectivités, les entreprises et les agriculteurs à respecter les restrictions en vigueur. Il rappelle également que « tout geste de sobriété est utile pour préserver la ressource », au-delà des seules mesures réglementaires.
Un prochain comité de l’eau doit se réunir mercredi 26 août à la préfecture de Maine-et-Loire. Les services de l’État, les collectivités, les gestionnaires des réseaux d’eau potable, les agriculteurs, les acteurs économiques et les associations concernées y feront un nouveau point sur l’évolution de la situation.
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