Entre instabilité politique, guerre au Moyen-Orient et aléas climatiques, les artisans du bâtiment sont à la peine.

Le coût des matières premières s’est envolé – © Archives Angers.Villactu.fr
Le vendredi 3 juillet dernier, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment de Maine-et-Loire (Capeb) a rassemblé, aux Greniers-Saint-Jean à Angers, près de 600 professionnels du secteur pour célébrer ses 70 ans d’existence. L’occasion, pour son secrétaire général, de faire un point sur la situation des entreprises.
« Nous défendons les intérêts des entreprises artisanales du bâtiment tout en proposant de nombreux événements pour aider les dirigeants d’entreprise », explique Gilles Hamon, secrétaire général de la Capeb 49, qui compte 1 350 entreprises adhérentes.
« Aujourd’hui, l’activité est atone »
Une aide précieuse pour les artisans du bâtiment qui font face depuis plusieurs années à de nombreuses turbulences. « À la fin du premier trimestre 2026, au niveau national, l’activité dans le neuf est en baisse de 2,5 % et de 1 % dans la rénovation. Il s’agit du onzième trimestre consécutif de baisse. Aujourd’hui, l’activité est atone », déplore-t-il.
Seul point positif, le dynamisme de la région : « Au mois de mai, par rapport à l’année passée, les dépôts de permis de construire ont augmenté de 11 % », se réjouit Gilles Hamon.
Des chiffres encourageants qui n’enlèvent rien aux difficultés du quotidien, notamment la très forte hausse des prix des matériaux depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. « Ils ont augmenté de 4 à 18 % au printemps. Cela vient se rajouter aux hausses liées à la guerre en Ukraine, même si les prix s’étaient stabilisés », poursuit le secrétaire général de la Capeb 49.
Le moral des chefs d’entreprise est plutôt en berne. Ils se disent également usés par « l’évolution permanente de la législation », conséquence directe de l’instabilité politique.
« Nous ne pouvons pas travailler sereinement. Il y a toujours, depuis la crise sanitaire, des problèmes qui se succèdent. Il faut être très agile. Il y a une fatigue morale, avec aucune visibilité dans le temps », regrette Gilles Hamon.

De gauche à droite : Jean-Michel Martin, secrétaire national de la Capb ; Christelle Delouche, présidente de la Capeb 49 ; Isabelle Pineau, administratrice de la Capeb 49 ; Gilles Hamon, secrétaire général de la Capeb 49 – © Angers.Villactu.fr
L’impact de la météo
Sur les chantiers, les artisans sont particulièrement exposés aux aléas climatiques. Après les inondations du début d’année, ils doivent cette fois composer avec plusieurs canicules consécutives.
« L’activité est restreinte. Nous avons eu un arrêté préfectoral qui nous a autorisé à commencer à travailler dès 5 heures. Dès 10 heures, les ouvriers sont déjà totalement vidés, avec des températures très élevées. Les chantiers s’arrêtaient à midi. Les nuits sont courtes et les siestes difficiles en raison de la chaleur. C’est difficile de tenir, car nous avons des métiers qui sont physiques. Cela pose des questions à moyen terme, car nous allons devoir repenser l’organisation du travail », complète Gilles Hamon.
Par Sylvain Réault.
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