Municipales : Nicolas Cuisinier (Angers ouvrière et révolutionnaire) répond à nos questions
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Municipales : Nicolas Cuisinier (Angers ouvrière et révolutionnaire) répond à nos questions

Âgé de 22 ans, Nicolas Cuisinier, militant au sein du Nouveau parti anticapitaliste-Révolutionnaires (NPA-R) se présente à l’élection municipale à Angers. Cet étudiant à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE), originaire de Laval, mène la liste « Angers ouvrière et révolutionnaire ».

Nicolas Cuisinier est la tête de liste de « Angers ouvrière et révolutionnaire » – © Angers.Villactu.fr

Ces dernières semaines, nous vous avons interrogés sur vos attentes pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains à Angers. De vos réponses, nous avons tiré les principaux thèmes que nous soumettons à chaque candidat à l’occasion d’une interview. Entretien avec Nicolas Cuisinier.

Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à l’élection municipale ?

Nicolas Cuisinier : « Lors des campagnes, ce sont souvent beaucoup de promesses, avec des listes qui se disent le plus apartisanes possible, alors que ce n’est évidemment pas le cas. Nous avons vraiment envie de discuter des sujets importants. Au quotidien, les gens ne parlent pas tant des parcs et jardins, mais plutôt des salaires, la militarisation et la guerre. Nous avons envie de défendre le camp des travailleurs. »

Quel regard portez-vous sur le mandat qui se termine ?

Les inondations ont marqué la fin du mandat, avec un maire qui se présente en gestionnaire responsable. Cela n’efface pas du tout son bilan. Nous n’avons pas oublié qu’il a été ministre de la Transition écologique et qu’il a été dans la continuité des autres, avec l’inaction climatique et la soumission aux lobbies. En tant que maire, il a accepté de bétonniser la ville et d’artificialiser les sols, ce qui joue un rôle dans l’importance des crues telles que celles que nous venons de connaître. Il a mené des politiques qui nous emmènent dans le mur.

Quelle est votre vision pour Angers pour les six prochaines années ?

Ce que va devenir Angers dans les six prochaines années ne va pas tellement dépendre du maire. Ce qui décidera de l’avenir de la ville, c’est d’abord l’état du monde, de l’économie mondiale, de la guerre commerciale dont on entend beaucoup parler. À Angers, comme partout ailleurs, cela devrait être les travailleurs qui décident. A l’hôpital, on impose des horaires démesurés pour les soignants. Nous pensons qu’ils sont les mieux placés pour décider. Globalement, ce devrait être les travailleurs qui sont en première ligne qui décident. Ils devraient décider de comment ils travaillent, mais aussi de comment fonctionne la société.

Quelles sont vos principales priorités si vous êtes élu ?

Nous commencerions par la gratuité des transports en commun. C’est important d’un point de vue écologique, mais aussi pour des questions de budget. Pour certaines personnes âgées, qui n’ont plus de voiture, les transports en commun sont la seule façon de se déplacer. Il y aurait également la réquisition des logements vides. Il y a aujourd’hui plus de logements vides que de personnes dormant à la rue, dans leur voiture, ou chez un proche. Les budgets dépendent beaucoup de l’État. La mairie décide de bien peu de choses. Elle dispose d’un petit budget de gestion. Les marges de manœuvre sont faibles.

Comment comptez-vous répondre à la demande de logements à Angers ?

La société fonctionne aujourd’hui autour des profits. Nous pensons qu’elle devrait fonctionner selon les besoins des gens. Le logement est pensé pour le profit de quelques-uns et non en fonction des besoins. Cela passerait en partie par la réquisition des logements vides. Construire ne suffit pas. Il y en a eu beaucoup durant le dernier mandant. Le problème, c’est que les logements sont atrocement chers. Cela devrait être aux habitants de décider du prix des loyers qui ne serviraient pas à enrichir quelqu’un. La grande majorité des logements en location appartiennent à des multi-propriétaires.

Quelles mesures concrètes proposez-vous pour améliorer la mobilité ?

En plus de la gratuité des transports en commun, les vélos prêtés par la Ville devraient l’être également. Aujourd’hui, leur prêt est limité dans le temps et soumis à condition. Nous pensons que cela devrait être accessible à tous les Angevins.

Le centre-ville et les commerçants sont en souffrance. Comment soutenir le commerce de proximité ?

J’ai envie de prendre l’exemple des boulangeries dont on a beaucoup entendu parler ces dernières années avec leurs factures d’énergie qui explosent. Ces commerçants indépendants, au même titre que le reste de la société, ne sont pas du tout indépendants. Leurs fournitures viennent majoritairement des grandes entreprises. Les intérêts des petits commerçants rejoignent ceux des travailleurs en étant contre les grands capitalistes qui étranglent le reste de la société. En ce qui concerne la demande, il y aussi le fait que les salaires sont trop faibles et ne permettent plus aux gens de consommer.

Comment impliquerez-vous les habitants dans les décisions locales ?

Aujourd’hui lorsqu’on donne la parole aux habitants, c’est pour savoir s’il faut mettre un arbre à tel endroit ou une statue à telle place. C’est un peu à l’image de ce que la mairie peut décider. Sur les sujets qui comptent, comme savoir quel devrait être le prix des logements, on ne décide pas du tout. Personne ne vote non plus pour son salaire. Ce sont ces sujets qui sont vraiment importants et sur lesquels on devrait pouvoir voter. La propriété privée s’oppose toujours à la démocratie.

Quelles mesures concrètes mettrez-vous en place pour réduire les inégalités territoriales et sociales au sein de la ville ?

Quand on parle de ces sujets, on évoque souvent le fait de remettre des riches là ou il y a des pauvres. Cela entraîne de la gentrification, avec des personnes qui sont chassées encore plus loin parce que les loyers finissent par augmenter. Nous pensons que des grands écarts de richesse créent des écarts au niveau du territoire. Tout le monde devrait avoir accès à un vrai confort et que, lorsqu’on est travailleur, on ne soit pas cantonné à certains quartiers dans de petits logements. On devrait prendre le problème dans l’autre sens et permettre à chacun de vivre dans les quartiers riches.

Le début de l’année a été marqué par l’armement de la police municipale. Comptez-vous prendre des mesures spécifiques en matière de sécurité ?

J’aimerais savoir où on a pu voir que rajouter des policiers a pu régler le problème de l’insécurité. Bon nombre de personnes de la classe populaire sont inquiets par le trafic de drogue qui pourri le quotidien. Ce qui permet à tous les narcotrafiquants d’avoir des jeunes qui sont prêts à travailler pour eux, ce ne sont ni les salaires ni l’amour du commerce. Être dealer, ce sont des conditions pourries. C’est la conséquence du fait qu’il y a de nombreux jeunes qui sont exclus du marché du travail. On peut durcir autant qu’on veut la répression, cela ne changera rien. Nous sommes pour moins de policiers et que l’argent soit utilisé autrement. La gratuité des transports en commun permettrait d’avoir moins de tensions. Ces tensions sont très liées à la question des contrôles.

L’année 2025 a de son côté été marquée par des coupes budgétaires qui ont touché les secteurs culturels et associatifs. Quelles seraient vos mesures en la matière ?

Nous sommes du côté des associations qui essaient de faire vivre la culture. On a l’impression d’avoir du « trumpisme » à la Région. La culture ne devrait pas être un luxe. Cela fait partie de notre humanité. Nous n’avons pas seulement des besoins primaires, mais aussi de s’élever et de découvrir de nouvelles choses. Cela ne passe pas seulement par des budgets pour la culture, mais également par la réduction du temps de travail. Après des journées fatigantes, c’est compliqué d’avoir une vie culturelle riche et variée.

Par Sylvain Réault.

Dans le cadre des élections municipales, Angers.Villactu.fr a choisi de donner la parole à l’ensemble des listes déposées. Une interview de chacun des sept candidats sera publiée tous les jours jusqu’au mercredi 11 mars inclus.

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