Logement, transports, restauration… l’UNEF dénonce une hausse du coût de la vie étudiante
Société

Logement, transports, restauration… l’UNEF dénonce une hausse du coût de la vie étudiante

Dans son étude annuelle consacrée à la rentrée universitaire 2025, l’UNEF Angers alerte sur la hausse du coût de la vie étudiante. Si le syndicat réclame davantage d’investissements, l’adjoint à la Jeunesse et à la Vie étudiante, Benjamin Kirschner, appelle à un dialogue plus constructif.

Le syndicat UNEF juge cette rentrée étudiante « préoccupante ». – © Photo d’illustration – Adobe Stock

À l’occasion de la rentrée universitaire 2025, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) a publié son « Panier social », c’est-à-dire, son enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante. À Angers, le syndicat y dresse un état des lieux « préoccupant » et alerte sur une précarité croissante : « Le cas d’Angers illustre parfaitement une ville qui, malgré l’importance de sa population étudiante, n’offre que très peu de dispositifs adaptés », note l’organisation, historiquement positionnée à gauche de l’échiquier politique.

Une hausse marquée des loyers

Parmi les constats de l’enquête, le logement apparaît comme la charge principale pour les étudiants. Selon l’UNEF, « les loyers des logements les plus recherchés (studios et T2) ont bondi de 7 %, passant de 443 € à 474 € », ce qui place Angers parmi les trois villes où la hausse est la plus forte. Malgré l’ouverture de nouvelles cités universitaires, le CROUS ne propose que « 3 144 places pour 46 500 étudiants, soit une place pour 15 étudiants ». Le syndicat estime que cette situation « met en évidence l’urgence d’investissements massifs » pour développer le parc public.

Un constat que nuance toutefois Benjamin Kirschner, adjoint à la Jeunesse et à la Vie étudiante : « On peut se réjouir que 620 logements étudiants sortent de terre en cette rentrée, avec des loyers bien en deçà de la moyenne, avoisinant les 300 euros. C’est vrai que des étudiants rencontrent des difficultés à Angers, mais nous sommes dans une ville qui fait beaucoup pour les jeunes et qui s’en sort bien mieux que dans d’autres villes étudiantes. »

Une insatisfaction généralisée

Les déplacements pèsent également lourd dans le budget. Le tarif réduit de l’abonnement Irigo a augmenté de 6 % en un an. L’UNEF souligne qu’« il n’existe toujours pas de tarifs appliqués spécifiquement aux étudiants angevins » et rappelle que « 40 % des usagers déclaraient être insatisfaits des prix en 2024 ».

Le syndicat pointe aussi des difficultés d’accès à une alimentation équilibrée : « Beaucoup se rabattent sur une alimentation à base de féculents, peu variée et de moindre qualité », écrit-il. À Angers, le repas à un euro est réservé aux étudiants boursiers, « tandis que les autres doivent payer 3,30 € ». Le rapport note aussi que « les établissements angevins connaissent des problèmes quotidiens de rupture de stock, obligeant les étudiant-e-s à trouver des alternatives dès 12 h 30 ».

Le document estime que le reste à charge mensuel des étudiants s’élève à « 1 176,15 €, soit une hausse de + 4,47 % par rapport à 2024 ». Pour les boursiers, l’augmentation est de 5,1 %. Le syndicat déplore que « les bourses n’ont connu aucune revalorisation depuis 2024 », alors même que « les frais d’inscription et la CVEC continuent d’augmenter ».

« On n’est plus dans le dialogue mais dans la polémique »

Face à ce constat, le syndicat avance plusieurs demandes, notamment « la gratuité des transports en commun pour tous », « la construction et rénovation des logements CROUS », ou encore « la mise en place d’un revenu minimum étudiant ».

De son côté, Benjamin Kirschner regrette la posture adoptée par l’UNEF : « Depuis cinq ans, nous avons proposé à l’UNEF de travailler ensemble, sans réponse de leur part. Leur publication, très politique et inscrite dans une année d’élections municipales, reprend des chiffres parfois dépassés, ce qui est regrettable. D’autres associations étudiantes angevines, plus actives sur le terrain, nous font des retours différents de ce qu’ils avancent. Plutôt que d’adopter cette position en contradiction, nous pourrions nous réunir autour de ce sujet et faire avancer les choses. »

L’élu ajoute : « Quand on publie un document comme le leur, on n’est plus dans le dialogue mais dans la polémique, en hystérisant un débat qui est déjà assez clivant. On passe plus de temps à lutter contre la désinformation que de parler des réels sujets qui importent aux étudiants. »

Par Eline Vion.

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