Ce mardi 2 juin, des soignants travaillant en psychiatrie sont venus de tout le département pour manifester devant l’Agence régionale de santé (ARS), à Angers. Ils s’inquiètent de la possible fermeture du centre médico-psychologique de Beaupréau et déplorent le manque de moyens pour répondre à des besoins toujours plus importants.

Une centaine de soignants étaient rassemblées devant l’ARS – © Angers.Villactu.fr
Ils étaient une centaine de professionnels de la psychiatrie rassemblés devant l’Agence régionale de santé (ARS) ce mardi matin pour réclamer davantage de moyens.
Le risque de voir le centre médico-psychologique (CMP) de Beaupréau fermer, faute de psychiatres, était également au cœur de la mobilisation du jour. « Nous accueillons déjà des patients du centre hospitalier de Cholet au Cesame. Les fermetures de lits se sont multipliées ces deux dernières années. Nous avons des patients ayant des besoins auxquels nous ne pouvons pas répondre faute de lits. Cela entraîne une saturation des urgences du CHU d’Angers. Une vraie politique de santé mentale passe par des budgets suffisants et des personnes formées en psychiatrie », explique Mélanie Massé, secrétaire départementale de Force ouvrière santé et infirmière au Centre de santé mentale angevin (Cesame).

Les soignants réclament davantage de moyens – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr
« Je n’ai jamais eu autant de délais d’attente pour recevoir des patients »
Christine Garrec est psychologue au sein d’un CMP à Angers. Elle constate jour après jour une hausse des besoins, avec des patients de plus en plus nombreux. « Je n’ai jamais eu autant de délais d’attente pour recevoir des patients. Depuis la crise sanitaire, il y a plus de jeunes dans les patients que nous recevons, avec des pathologies qui s’inscrivent dans la durée », constate-t-elle après trente années d’exercice.
« Si aucun médecin psychiatre n’arrive en renfort, nous ne pourrons plus continuer. Il y a un manque de moyens dans le Choletais qui est conséquent. Parfois, nous devons envoyer des patients en Vendée ou en Indre-et-Loire, car nous manquons de lits », indique Virginie, infirmière au CMP de Beaupréau.
Des représentants de l’intersyndicale SUD Santé sociaux, CGT, FO, CFTC et CFDT ont été reçus pendant un peu plus d’une heure ce mardi par l’ARS. Une rencontre qui n’a guère rassuré les représentants syndicaux.

Une délégation a été reçu par l’Agence régionale de santé – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr
« La psychiatrie attire de moins en moins d’étudiants »
« Pour que la situation s’améliore, il faut l’arrivée d’effectifs médicaux supplémentaires, particulièrement des psychiatres. Malheureusement, la psychiatrie attire de moins en moins d’étudiants. Dans les années à venir, la situation peut continuer de se tendre, car il faut plus de dix ans pour former un psychiatre. Nous assistons à la disparition progressive de la psychiatrie publique. Nous pensons qu’il faut un plan massif de formation de personnels, mais également améliorer les conditions de travail pour donner envie aux psychiatres de rester au sein de l’hôpital public », conclut Alexandre Tablier représentant Force ouvrière au sein du Cesame.
Par Sylvain Réault.
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