L’architecte japonais à l’origine de la galerie contemporaine était présent ce jeudi 9 avril à l’occasion de son inauguration. Il est revenu sur son geste architectural et sur les critiques qui l’entourent.

La galerie contemporaine a été inaugurée ce jeudi 9 avril 2026 – © Angers.Villactu.fr
En 2020, lorsque la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) lançait un concours international d’architecture visant à désigner l’architecte en charge de la réalisation de la nouvelle galerie de la cathédrale d’Angers, cinq candidats avaient été retenus à l’issue de la première phase de sélection. Les architectes français Philippe Prost, Rudy Ricciotti, Bernard Desmoulin et Pierre-Louis Faloci, mais également l’architecte japonais Kengo Kuma. Cet architecte à la réputation international compte parmi ses réalisations le stade olympique de Tokyo (2020), le musée Hans Christian Andersen à Odense (2022), ou encore le musée Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt (2022). C’est lui qui sera choisi en octobre 2020 pour réaliser cette galerie contemporaine, avec pour objectif de protéger les sculptures polychromes du XIIIe siècle du portail occidental de la cathédrale.
« Dès 1823, un rapport préconisait la reconstruction d’un porche au niveau de la façade occidentale »
Cette galerie n’est pas une nouveauté dans l’histoire de la cathédrale, puisque le portail et ses sculptures furent protégés du XIIIe au XIXe siècle par une galerie aux fonctions d’accueil des fidèles, mais aussi de culture et d’inhumation selon les recherches archéologiques et historiographiques. « Dès 1823, un rapport préconisait la reconstruction d’un porche au niveau de la façade occidentale », explique Anne Gérard, directrice régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire.
« Un choix qui n’a pas été fait à la légère »
Malgré de nombreuses recherches, sa reconstruction à l’identique s’est avérée impossible. « Les représentations que nous avions étaient très contradictoires. C’est ce qui nous a poussé à choisir une création contemporaine. C’est un choix qui n’a pas été fait à la légère, avec notamment la constitution d’un comité scientifique et d’un cahier des charges très précis », complète Anne Gérard.
La galerie devait bien évidemment protéger les sculptures polychromes des intempéries, être autoportante afin de ne pas s’appuyer sur la cathédrale et l’emprise devait respecter les vestiges archéologiques découverts durant la campagne de fouilles au cours de laquelle 182 tombes médiévales et modernes ont été mises au jour.

Kengo Kuma est l’architecte de la galerie contemporaine – © Angers.Villactu.fr
« Un style épuré et simple »
Pour l’architecte de la galerie contemporaine, « sa conception provient d’une simple idée : la protection de ce trésor tout en restant dans le même style, épuré et simple ».
Pour être dans la continuité de l’édifice, le choix du béton comme matériau s’est imposé. « Il nous a permis de maintenir la simplicité et la pureté de la cathédrale », souligne Kengo Kuma qui a rappelé sa volonté d’utiliser les ressources locales, notamment du sable de la Loire, afin de faire écho au tuffeau, très présent dans la région.

La galerie vise à protéger les sculptures polychromes – © Angers.Villactu.fr
« J’accueille les critiques à bras ouverts »
« J’espère vraiment que cette galerie contemporaine saura être appréciée des Angevins », glisse l’architecte, conscient que sa réalisation suscite de nombreuses critiques. « Je considère que dans l’architecture, les critiques sont un signe de curiosité et d’intérêt. Je pense que pour qu’un nouvel édifice puisse être apprécié, le point de départ est très souvent les critiques. Je les accueille à bras ouverts », ajoute Kengo Kuma.
Il se dit également conscient d’avoir écrit une nouvelle page de l’histoire de la cathédrale d’Angers : « Cette cathédrale a connu une longue histoire en traversant de nombreux styles. J’espère que j’ai pu rendre hommage à tous ceux qui ont fait vivre la cathédrale. C’était un signe de respect que j’ai voulu montrer à travers cet ouvrage envers toutes les personnes et tous les architectes qui ont fait l’histoire de cette cathédrale ».
Par Sylvain Réault.
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