À Angers, la liste Demain Angers a rendu public son programme pour les élections municipales 2026. Logement social, mobilités et transition énergétique figurent parmi les mesures mises en avant.

Romain Laveau (au centre), entouré de ses potentiels adjoints de quartiers. De gauche à droite : Norma Mevel-Pla, Kardiatou Ba, Nadiré Céribas, Charlotte Pelluau et Sylvain Martinet. – © Angers.Villactu.fr
À un mois des élections municipales des 15 et 22 mars 2025, la liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne Demain Angers a présenté, jeudi 12 février, son programme. Entouré de cinq colistiers appelés à devenir adjoints de quartier en cas de victoire, le candidat Romain Laveau a détaillé un projet structuré autour de trois axes : « une ville moins chère », « une ville qui protège » et « une ville tournée vers l’avenir ».
Un appel au débat avec le maire sortant
En ouverture, Romain Laveau a durci le ton à l’égard du maire sortant : « On arrive à un mois du scrutin municipal et j’ai le sentiment que Christophe Béchu esquive complètement la campagne. On ne sait pas quel projet il a pour Angers », a-t-il lancé, estimant que cette absence de confrontation « dénote une forme de mépris vis-à-vis des Angevins ».
Romain Laveau affirme, au contraire, être « sur le terrain depuis le mois de septembre » et travailler à ce programme « depuis plus d’un an à travers plus de 75 réunions thématiques et la participation de plus de 200 adhérents ».
« Nous, on est prêts. Mais un débat, ça se fait à plusieurs », a-t-il insisté, concluant par une référence à la fable de La Fontaine : « On a un lièvre qui n’est pas pressé de se réveiller. Peut-être que le soir du 15 mars, il se dira qu’il aurait dû se réveiller un peu plus tôt. »
Logement, transports et services publics
Le candidat de Demain Angers a ensuite présenté le premier pilier du programme, la promesse d’une « ville moins chère ». À partir d’un « bouclier logement », la liste propose la création de 1 000 logements sociaux supplémentaires, l’encadrement des loyers et un renforcement des contrôles sur les meublés de courte durée.
« Quand on supprime des centaines de logements sociaux alors que la demande a explosé autant que les prix des loyers, c’est ce que j’appelle une politique profondément antisociale », a déclaré Romain Laveau, interpellant de nouveau la majorité du maire sortant.
La gratuité des transports en commun serait également instaurée le week-end, accompagnée d’une baisse de 20 % des abonnements. L’objectif est d’augmenter la fréquentation du réseau Irigo et de rééquilibrer l’espace public en faveur des bus, des vélos et des piétons. « À partir du moment où les bus iront plus vite et seront plus fréquents, les Angevins seront davantage intéressés à prendre un abonnement », avance le candidat.
Le programme prévoit également la gratuité des fournitures scolaires, un dispositif « vacances pour tous » et le renforcement des crèches et centres de loisirs. Une attention particulière est portée aux étudiants et aux personnes âgées, notamment par l’adaptation des logements et le maintien d’une offre de foyers-logements.
Sécurité, commerces et droits humains
Sur le volet « ville qui protège », Demain Angers propose de renforcer la police de proximité, de mettre en place un plan de lutte contre les violences conjugales et de développer des « ambassadeurs des droits » chargés d’aller vers les habitants pour faciliter l’accès aux prestations sociales.
La redynamisation du centre-ville passe par la végétalisation et l’extension du plateau piétonnier, ainsi que par la création d’un fonds « cœur de ville » destiné à lutter contre la vacance commerciale. « On a aujourd’hui des propriétaires qui préfèrent laisser des commerces vacants. On souhaite envoyer un signal pour dynamiser l’offre », explique Romain Laveau, qui évoque aussi « une taxation accrue des logements vacants et des résidences secondaires ».
À la place du projet de musée porté par la majorité sortante, un tiers-lieu dédié à l’économie sociale et solidaire serait implanté près du Quai. « Un projet qui a un réel sens, qui n’est pas tape-à-l’œil », résume Charlotte Pelluau, candidate dans les quartiers Doutre et Hauts-de-Saint-Aubin. Le lieu accueillerait une pépinière d’entreprises, des logements, des commerces et des espaces culturels.
La liste défend également la création d’une Maison des droits humains, incluant un centre LGBTQIA+, ainsi qu’un musée des féminismes.
Énergie, alimentation et démocratie locale
Troisième axe du programme de Demain Angers : « une ville tournée vers l’avenir », avec comme thèmes la transition écologique et la démocratie locale. Romain Laveau veut tripler la production d’énergie photovoltaïque, passant de 40 à 120 gigawattheures, et fixer l’objectif d’une isolation complète des bâtiments municipaux d’ici 2035. Un « chèque isolation » de 1 000 € serait attribué aux ménages modestes.
En matière d’alimentation, la liste vise 70 % de produits bio dans les cantines en fin de mandat et la mise en place d’une « sécurité sociale alimentaire ». « Je suis persuadé que les villes qui s’en sortiront le mieux seront celles qui auront préservé leur souveraineté énergétique et alimentaire », affirme le candidat.
Les conseils de quartier seraient dotés de budgets propres, de 100 000 à 200 000 € par an. « On ne parle pas de 3 000 ou 5 000 €, mais de budgets significatifs pour des réalisations concrètes », insiste-t-il.
Des mesures ciblées dans les quartiers
Chaque colistier a présenté des propositions pour son secteur. Nadiré Céribas, qui se présente comme future adjointe pour les quartiers Monplaisir, Deux-Croix Banchais et Grand-Pigeon, défend la rénovation de la piscine de Monplaisir et la création d’une crèche à horaires atypiques : « Des parents monoparentaux travaillent dans la santé ou la restauration avec des horaires décalés. Sans solution adaptée, ils sont contraints de refuser des emplois », explique-t-elle. La structure ouvrirait « tôt le matin et plus tard le soir ».
À La Roseraie, Justices, Madeleine et Saint-Léonard, Norma Mevel-Pla, candidate à la fonction d’adjointe dans ces quartiers, évoque « une urgence » : la rénovation de l’école Marcel-Pagnol. « Les enfants sont dans des conditions vraiment lamentables », juge-t-elle.
Charlotte Pelluau, qui se présente comme future adjointe des quartiers Hauts-de-Saint-Aubin, Doutre et Saint-Jacques/Nazareth, souhaite créer un tiers-lieu dédié à l’économie sociale et solidaire et à la culture, sur le terrain vague, proche du Théâtre du Quai. Elle propose également l’ouverture d’une nouvelle salle de sport sur le plateau des Capucins pour renforcer la cohésion sociale et les activités physiques dans le quartier.
Kardiatou Ba, qui postule pour être future adjointe du centre-ville, Lafayette-Eblé, Saint-Serge, Ney et Chalouère, propose d’étendre le plateau piétonnier du centre-ville, de végétaliser les places Imbach et de la Visitation et d’installer la Maison des droits humains dans l’ancienne gendarmerie place Freppel.
Sylvain Martinet, candidat à la fonction d’adjoint des quartiers de Belle-Beille et du Lac de Maine, met en avant la rénovation concertée de la maison de quartier Jacques-Tati et la création « d’une ligne de bus en site propre » vers le centre-ville pour désenclaver le lac de Maine.
Financement et audit
Interrogé sur le financement des mesures annoncées, Romain Laveau assure ne pas vouloir augmenter la taxe foncière. Il évoque la mobilisation des bailleurs sociaux, la renégociation de la délégation de service public avec RATP Dev et de nouvelles recettes liées à la fiscalité sur la vacance commerciale. Un audit externe serait lancé en cas d’alternance « pour avoir connaissance de l’état exact des comptes ».
« Il n’y a peut-être pas de projet clinquant », conclut-il. « Mais c’est l’amélioration du quotidien et des services publics. »
Par Eline Vion.
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