Malgré une demande toujours plus forte, l’association SOS Hérissons 49 tente de recueillir et de soigner les hérissons dans le Maine-et-Loire, une espèce classée comme « quasiment menacée d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

L’association est fortement sollicitée en période de canicule – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr
Basée à Angers, SOS Hérissons 49 est l’une des deux seules associations spécialisées dans le soin de cette espèce au sein du département de Maine-et-Loire. La deuxième étant « Noctis Hérissons » à Cléré-sur-Layon, commune située à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Angers. Ces associations ont pour objectif de recueillir des individus blessés ou en détresse et de les soigner afin de les réintroduire dans leur environnement une fois rétablis.
SOS Hérissons 49 a été créée en 2014 à Chemillé-en-Anjou. Le centre est aujourd’hui installé à Angers, directement au domicile de la nouvelle présidente de l’association depuis novembre 2025, Cécile Marchand, également enseignante à l’Université Catholique de l’Ouest d’Angers.
« Il n’y a plus de paradis pour hérissons »
Entre les dangers liés au changement climatique, la destruction de ses habitats et le manque de places dans les centres de soins, la situation du hérisson d’Europe est préoccupante alors que l’espèce est classée comme « quasiment menacée d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ce mammifère principalement insectivore est une espèce dite « parapluie », le protéger bénéficie grandement à d’autres êtres vivants comme les chauves-souris, les crapauds, les hirondelles et les grenouilles. Sa présence est le signe d’une bonne santé des écosystèmes, mais son déclin est l’indicateur d’un danger pour les autres espèces qui l’entourent.
« Robots tondeuses, piscines, attaques de chiens, grillages ou encore collisions avec des voitures font énormément de dégâts aux hérissons. Les vétérinaires parlent de médecine de guerre pour certains cas graves que nous avons eus. Les relâcher après la période de soins est donc difficile, car il faut que nous trouvions des endroits où ces dangers ne sont pas présents, mais avec l’urbanisation et la fragmentation de leurs territoires due aux routes, c’est de plus en plus compliqué. Il n’y a plus de paradis pour hérissons », se désole Cécile Marchand.
Le changement climatique a également un impact de plus en plus marqué sur les populations de cette boule de piquants. « Quand je suis devenue membre de l’association en 2015, SOS Hérissons 49 connaissait une période d’activité qui s’étendait généralement de début mars à la fin de l’automne. Les hivers étaient assez calmes, car l’espèce hiberne en dessous de 10 °C. Mais à cause du réchauffement climatique, il n’y a plus de grands froids, donc ils n’hibernent plus et les femelles peuvent faire des portées toute l’année. Il n’y a plus d’accalmie hivernale. C’est un danger pour eux, car leur nourriture principale, les insectes, est plus rare pendant l’hiver, donc les chances de survie des individus diminuent », explique la sexagénaire.
Ce changement a des conséquences sur l’association, en entraînant une augmentation des moyens financiers et humains nécessaires à son fonctionnement. L’organisme reçoit le soutien de mécènes, mais est en majeure partie financé par des dons.

Baptisé « City », ce jeune hérisson sera relâché dans la nature – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr
« Si je vais dormir sans m’occuper d’un hérisson, il peut être mort le lendemain matin »
Pour pouvoir être autorisé à soigner ces mammifères piquants, il faut ouvrir un centre de soins, ce qui nécessite d’obtenir un certificat de capacité en déposant un dossier auprès de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). Au sein de SOS Hérissons 49, Cécile Marchand est la seule à posséder cette accréditation parmi la centaine d’adhérents. Sans certificat de capacité, les autres membres de l’association n’ont pas l’autorisation d’exercer de soins, mais peuvent néanmoins s’occuper des transports d’urgence, des questions administratives ou de la gestion des réseaux sociaux et de la communication de l’organisme.
« Au sein du centre qui se trouve à mon domicile, je ne peux légalement accueillir que 20 hérissons, mais ce n’est pas suffisant. Le 1er mai dernier, l’association a reçu 92 appels en une journée, dont 68 pour des urgences. Le centre était saturé et nous avons dû rediriger une partie des animaux vers d’autres centres de la région grâce à des bénévoles qui se sont chargés des transports. La ligne téléphonique de l’association était occupée toute la journée et je suis restée debout sans dormir pendant presque un jour entier pour m’occuper des blessés. Je ne pouvais pas déléguer ou m’arrêter, car leur santé est trop fragile. Si je vais dormir sans m’occuper d’un hérisson, il peut être mort le lendemain matin », affirme Cécile Marchand.
Le nombre d’appels que reçoit l’association est en constante augmentation, mais cela ne signifie pas pour autant que la population de ces boules de piquants et de poils a connu un accroissement. L’explication est que, d’une part, le mammifère nocturne est plus exposé aux risques qu’avant et est donc plus facilement visible. Ensuite, SOS Hérissons 49 est de plus en plus reconnue dans le département, grâce notamment au relais que certains médias lui donnent, à sa présence sur les réseaux sociaux et à des événements physiques auxquels l’association participe dans l’objectif de faire de la sensibilisation.

Cécile Marchand, présidente de SOS Hérissons 49 – © Sacha Le Bras – Angers.Villactu.fr
Des solutions existent pour protéger les hérissons
« Pour pouvoir encore mieux protéger les hérissons, il faudrait que d’autres bénévoles obtiennent un certificat de capacité et ouvrent un centre de soins, mais cela représente beaucoup de travail au quotidien. J’ai décidé d’ouvrir le centre directement à mon domicile pour ne pas avoir à me déplacer, car je suis forcée de m’occuper des animaux constamment, je ne peux pas décider de m’absenter ou de déléguer les soins. En moyenne, je consacre autant de temps chaque semaine à mon travail qu’à l’association. Même si c’est chronophage, je le fais par passion, car c’est vraiment utile, mais je comprends que les gens ne veuillent pas vivre ma vie », confie la présidente.
En l’absence de certificat ou de connaissances particulières sur les hérissons, des actions sont tout de même réalisables individuellement pour essayer de les préserver. « Il s’agit d’une espèce nocturne, observer un individu en journée signifie qu’il est mal en point. Dans ce cas-là, il est recommandé de le mettre à l’abri dans un carton avec une bouillotte enroulée entre des serviettes pour lui tenir chaud, en veillant à ce qu’il y ait des trous pour qu’il puisse respirer. Un réflexe à éviter est de le nourrir ou de lui donner à boire. Le garder captif est également interdit, car il s’agit d’une espèce sauvage, il est donc recommandé d’appeler le centre de soins le plus proche », conseille Cécile Marchand.
Réduire l’utilisation des pesticides et replanter des haies permettrait d’autre part de reconstituer les populations d’insectes et d’araignées qui constituent la majeure partie de son régime alimentaire.
En cas d’urgence, l’association est joignable au 06 82 48 62 34. Plus d’informations sont disponibles sur le site internet de SOS Hérissons 49.
Par Sacha Le Bras.
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