« Ce n’est plus aussi compliqué de trouver un logement à Angers » : le marché se détend pour les étudiants, mais les loyers restent élevés
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« Ce n’est plus aussi compliqué de trouver un logement à Angers » : le marché se détend pour les étudiants, mais les loyers restent élevés

En cette rentrée, à Angers, trouver un logement s’avère moins difficile que les années précédentes pour les étudiants. Les loyers, particulièrement élevés, restent cependant un point noir.

Le marché de l’immobilier n’est plus aussi tendu à Angers – © Angers.Villactu.fr

Des files d’attente dans la rue pour visiter un appartement, des agences immobilières noyées sous les demandes, des étudiants obligés de dormir dans leur voiture… Ces dernières années, à Angers, trouver un logement relevait du parcours du combattant pour les étudiants angevins.

« Ce n’est plus aussi compliqué de trouver un logement à Angers. Il y a encore deux ans, nous n’avions plus un seul bien à louer dès la mi-juillet. Aujourd’hui, il reste encore des logements disponibles », explique Antoine Charpentier, directeur des agences Antoine Immobilier.

Le constat est le même pour Morgane Lesage, responsable du service location chez Nestenn : « Il y a quelques années, si les étudiants avaient la chance de pouvoir faire deux ou trois visites, c’était déjà exceptionnel. L’offre est plus importante cette année et les jeunes peuvent être plus exigeants, avec des critères spécifiques. »

Des loyers toujours élevés

Dans son dernier rapport, la section locale de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) note que « le niveau des loyers représente une charge considérable. Le loyer moyen atteint 483 € pour un logement indépendant et 400 € en résidence collective ».

Pour Arthur Lévêque, membre du bureau national de l’UNEF, « la tension locative n’augmente plus, mais reste importante pour les étudiants ». Le syndicat étudiant constate que la livraison, à la rentrée 2025, de 620 nouveaux logements étudiants du Crous dans le quartier de Belle-Beille a nettement contribué à détendre le marché.

« L’arrivée de ces logements montre une chose essentielle : lorsque l’offre publique augmente, elle peut contribuer à desserrer la pression exercée sur le marché. La moindre progression des loyers en 2026 peut ainsi probablement s’expliquer en partie par cette augmentation de l’offre. Mais 620 logements supplémentaires ne suffisent pas. Le marché angevin reste extrêmement tendu et les logements proposés à des tarifs réellement abordables demeurent trop peu nombreux », soulignait l’UNEF dans son rapport.

« Les prix qui ont explosé ces dix dernières années ont cessé d’augmenter », rassure Antoine Charpentier.

« Un loyer moyen à 483 € reste un montant conséquent pour un étudiant. Dans le parc privé, les logements abordables sont souvent dégradés, voire proches de l’insalubrité », remarque Arthur Lévêque.

Un travail de pédagogie auprès des propriétaires

L’enjeu, pour les professionnels de l’immobilier, est désormais de faire comprendre aux propriétaires que certains loyers ne sont plus adaptés à la réalité du marché. « Les propriétaires ont encore à l’esprit qu’à Angers, il n’y a plus aucun logement disponible et que chaque bien va se louer rapidement. Ce n’est plus vrai. Il y a un travail de pédagogie à faire », estime Antoine Charpentier.

« Certains propriétaires veulent encore augmenter les loyers, mais les locataires ne peuvent pas suivre. Les étudiants ne veulent plus prendre n’importe quel logement à n’importe quel prix », ajoute Morgane Lesage.

Les colocations, qui permettaient aux étudiants de vivre dans des logements plus grands et mieux situés, avaient le vent en poupe depuis la crise sanitaire. « Je n’ai plus du tout de demande. Les petites colocations, bien placées et prévues pour deux étudiants, trouvent encore preneur, mais les autres sont littéralement boudées », constate Morgane Lesage.

Par ailleurs, les différents professionnels de l’immobilier interrogés constatent que les étudiants cherchent un logement plus tardivement qu’auparavant. Si certains étaient prêts à payer un loyer en plein été, même si l’appartement n’était pas occupé, ce n’est plus le cas cette année.

Par Sylvain Réault.

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