À Belle-Beille, le projet d’une ressourcerie prend forme
Economie, Société

À Belle-Beille, le projet d’une ressourcerie prend forme

Belle Récup, c’est le nom de l’association qui travaille depuis plusieurs mois à la création d’une ressourcerie de proximité à Belle-Beille, à Angers. Après plusieurs expériences de vente ambulante, le projet entre dans une nouvelle phase. Il reste notamment à trouver un local et à réunir les financements nécessaires au démarrage.

Sophie Génot est à l’initiative de Belle Récup, le projet de ressourcerie à Belle-Beille. – © Angers.Villactu.fr

À Belle-Beille, le projet d’une ressourcerie commence à prendre forme. Derrière cette initiative, dont son nom, Belle Récup, fait directement référence au quartier, se trouve un collectif de sept personnes, ainsi qu’une dizaine de bénévoles qui participent également aux opérations de tri et aux ventes ambulantes.

L’idée de cette ressourcerie remonte déjà à quelques années. Sophie Génot, à l’origine de Belle Récup, avait déjà travaillé au 42, un tiers-lieu installé à Belle-Beille autour du réemploi, du troc et de la seconde main. « Au 42, il  y avait déjà une impulsion dans le quartier autour du réemploi, mais aussi une vraie envie de se retrouver au sein d’un lieu », raconte-t-elle.

Après la fermeture du tiers-lieu, l’idée d’une ressourcerie a continué à avancer. Sophie Génot avait déjà commencé à se former au fonctionnement de ces structures : « Il y a trois ans, je me suis tournée vers les ressourceries en me disant que je pourrais peut-être y travailler. Je me suis vite rendu compte que les modèles économiques étaient assez compliqués », explique-t-elle.

Elle décide alors d’aller plus loin : « J’ai fait des formations, des stages en immersion et des rencontres professionnelles avec des ressourceries du département et de ses alentours. J’ai aussi travaillé sur une étude de marché pour voir ce qui existait déjà sur le territoire et si le projet était viable. »

Donner une seconde vie aux objets

L’association Belle Récup a finalement été créée le 15 septembre dernier. Le collectif est accompagné notamment par l’Iresa, le réseau de l’économie sociale et solidaire en Anjou, ainsi que par BGE Anjou Maine.

Depuis avril, ses membres testent le concept à travers des ressourceries ambulantes. Au départ, il ne s’agissait même pas de vendre des objets. « On faisait simplement un stand d’information. On demandait aux habitants ce qu’ils pensaient d’une ressourcerie dans le quartier, s’ils savaient ce qu’était une ressourcerie, où ils allaient lorsqu’ils avaient des objets à donner ou lorsqu’ils voulaient acheter quelque chose à petit prix », détaille Sophie Génot.

Les échanges ont progressivement conduit le collectif à passer à la vente. Une douzaine de rendez-vous ambulants ont ainsi été organisés depuis le printemps. Trois journées ont notamment eu lieu sur le campus de Belle-Beille.

« Les étudiants nous ont dit : “C’est génial, c’est super. Vous ouvrez quand ?” », raconte Sophie Génot. Pour mesurer plus précisément les attentes, le collectif a également diffusé un questionnaire, en ligne mais aussi sur papier, ainsi qu’un formulaire permettant aux personnes intéressées de laisser leurs coordonnées.

Un local de 90 m² recherché

Reste désormais l’étape la plus concrète : trouver un lieu. Le collectif cherche un local à Belle-Beille, idéalement d’environ 90 m² et situé en rez-de-chaussée. En attendant, les objets collectés sont stockés et triés chez les membres du collectif. Une organisation qui devient de plus en plus difficile à mesure que les ventes ambulantes se multiplient.

« Pour le moment, tous nos stocks et nos tris se font chez nous. Le fonctionnement actuel demande une organisation importante car il faut récupérer les objets, les trier, constituer les stands en fonction des thématiques, charger les véhicules puis assurer les permanences. Dès qu’on aura un lieu, ce sera quand même plus confortable », souligne-t-elle.

L’association devra aussi disposer d’un premier budget pour s’équiper. « Même si on fait avec beaucoup de récupération, il y a des choses dans lesquelles il faudra investir, notamment sur la communication, éventuellement un site internet, un ordinateur portable, une caisse ou encore des outils pratiques », explique Sophie Génot.

Belle Récup a multiplié les ressourceries ambulantes, comme le mois dernier, à l’Université d’Angers. – © DR

Des objets de seconde main, mais pas seulement

La future ressourcerie doit permettre aux habitants de déposer des objets encore en bon état et de les remettre en circulation à prix modérés. Les collectes sont pour l’instant organisées de manière informelle.

« Pour le moment, cela fonctionne beaucoup par le bouche-à-oreille. Les personnes nous contactent et, selon les cas, on peut leur donner rendez-vous pour récupérer leurs objets », explique la porteuse du projet.

Tout ne sera toutefois pas accepté : « On ne prend pas les VHS et les cassettes parce que cela est difficile à revendre. Pour les vêtements, on collecte actuellement surtout ce qui correspond à la saison automne-hiver, parce que cela prend beaucoup de place de stocker pendant plusieurs mois. »

À terme, Belle Récup souhaite aller au-delà de la simple vente d’objets. Des ateliers autour de la création, du réemploi et de la réparation sont envisagés, ainsi que la location de matériel réutilisable pour des événements familiaux ou associatifs, notamment de la vaisselle, de la décoration ou encore du petit électroménager.

« On veut aussi créer du lien dans le quartier. Il y aura un vrai accueil, du conseil et, à terme, des ateliers créatifs et de la location de matériel réutilisable », explique Sophie Génot.

« Rencontrer d’autres personnes et créer du lien social »

Pour elle, l’intérêt du projet tient aussi à sa proximité : « Il y a un gros vivier d’étudiants sur le quartier, mais aussi des personnes qui ne sont pas capables de se déplacer dans d’autres ressourceries à Angers. On veut vraiment une ressourcerie de quartier, même si elle sera évidemment ouverte à tout le monde. »

Le collectif voit également dans le projet un moyen de favoriser une consommation différente. « C’est une alternative intéressante pour les étudiants et pour les personnes qui veulent consommer moins et faire un geste pour la planète. C’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres personnes et de créer du lien social. »

Une démarche qui rejoint le parcours personnel de Sophie Génot. « J’ai toujours aimé le fait de pouvoir sauver des objets de la déchèterie et les remettre dans le circuit. Inviter les gens à moins jeter. Que ça circule, que ça serve aux autres. Ça me parle. »

Elle souhaite enfin que la future ressourcerie soit une boutique à part entière. L’objectif, dit-elle, est de « soigner l’image de la ressourcerie pour que la seconde main devienne une habitude ».

Une ouverture avant la fin de l’année reste envisagée par le collectif, mais elle dépendra directement de la capacité à trouver un local et à financer le lancement de l’activité.

Par Eline Vion.

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