Le Salon du Végétal revient au parc des expositions d’Angers du mardi 15 au jeudi 17 septembre. Près de 300 exposants et plus de 8 000 visiteurs sont attendus autour des évolutions de la filière, avec une place importante accordée à l’adaptation des villes et des espaces verts au changement climatique.

Le Salon du Végétal est réservé aux professionnels du secteur. – © Régine Lemarchand
« Le végétal ne se résume plus à une question d’esthétique », affirme Marc-Henri Doyon, président du Salon du Végétal. À Angers, l’événement entend montrer comment les plantes, les arbres et les aménagements paysagers peuvent répondre à des enjeux devenus plus pressants, qu’il s’agisse de sécheresse, de canicules, de raréfaction de l’eau, d’artificialisation des sols ou encore de préservation de la biodiversité.
Organisé tous les deux ans, l’événement réunira cette année près de 300 exposants, dont une quarantaine venus de l’étranger. Plus de 8 000 visiteurs professionnels sont attendus. Producteurs, paysagistes, distributeurs, collectivités, chercheurs et entreprises pourront y découvrir des solutions et échanger sur les évolutions du secteur.
Planter autrement en ville
L’un des principaux fils rouges de cette édition sera l’aménagement des espaces urbains et contraints. Dans « le Cœur Végétal », un jardin démonstrateur présentera notamment des végétaux capables de mieux résister aux conditions difficiles, des solutions de sols élaborées à partir de matériaux disponibles localement et des dispositifs destinés à rafraîchir les villes sans recourir à des technologies énergivores. Le projet est mené avec l’Institut Agro Rennes-Angers, la Ville d’Angers et le Collectif Vent d’Ouest.
Le salon présentera également un guide consacré à la plantation en milieux contraints. Conçu avec des professionnels de la production horticole, du paysage et de l’aménagement, il doit fournir aux praticiens des ressources et des retours d’expérience pour mieux accompagner les projets de végétalisation.
L’arbre au cœur des réflexions
Pour la deuxième année, le « Pôle Arbre(s) » réunira professionnels, collectivités et experts autour de la gestion du patrimoine arboré. Le choix des essences, les nouvelles pratiques de plantation, les maladies ou encore la gestion de l’eau seront notamment abordés.
Olivier Konneradt présentera notamment une méthode développée depuis 2023 pour préserver les racines lors de travaux de voirie, en les réorientant ou en les réenfouissant plutôt qu’en les sectionnant. L’objectif est de mieux prendre en compte les arbres dès la conception des projets urbains, alors que les opérations de voirie peuvent fragiliser leur système racinaire.
Cette idée s’inscrit dans une approche plus large défendue par le secteur : mieux choisir les espèces en fonction de leur environnement, améliorer la qualité des sols et assurer un suivi dans la durée. Une nécessité d’autant plus importante que les arbres urbains sont confrontés à la chaleur, au manque d’eau, aux maladies et à des conditions de plantation parfois difficiles.
Cette réflexion dépasse le seul cadre de l’arbre. Le Salon du Végétal consacrera également une partie de sa programmation aux sols, à la biodiversité, à la consommation et aux nouveaux usages du végétal.
Une filière confrontée à ses propres mutations
Derrière ces enjeux environnementaux se joue aussi l’avenir économique du secteur. La filière végétale française représente 47 000 entreprises, 205 000 professionnels et 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires, selon les données présentées par le salon. Le paysage constitue notamment un secteur en croissance, avec 33 550 entreprises et 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024.
La consommation, elle, évolue, avec près de 68 % des foyers français qui achètent des végétaux, mais des quantités achetées qui ont tendance à diminuer. Le secteur cherche donc de nouveaux débouchés et de nouvelles façons de rapprocher le végétal des consommateurs.
Le Salon du Végétal entend ainsi mettre en avant les innovations, avec le concours Innovert® et un espace consacré à 16 jeunes entreprises. Solutions numériques, nouveaux accessoires, santé des sols, production de fleurs locales ou encore outils destinés aux professionnels y seront présentés.
Avec plus de 60 conférences, tables rondes et forums, le rendez-vous angevin entend finalement dépasser la seule présentation de produits. Pour Marc-Henri Doyon, l’objectif est de « réunir les différents acteurs pour faire émerger des réponses concrètes aux transformations auxquelles le secteur est confronté ».
Par Eline Vion.
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