Adaptation des activités, animations dans les salles climatisées et hydratation régulière : pendant cet épisode caniculaire exceptionnel, la vigilance est de mise dans les Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Les résidents sont souvent incités à boire – © Angers.Villactu.fr
Avec des températures dépassant les 40 °C à l’extérieur, les Ehpad se sont adaptés afin de permettre à leurs résidents de traverser au mieux les fortes chaleurs qui touchent une très large partie de la France.
À Angers, le personnel de l’Ehpad César Geoffray, situé à proximité de la place Lafayette, invite les 90 résidents à passer le plus du temps possible dans les deux salles communes qui bénéficient d’une climatisation. Les sorties extérieures ont été annulées, tout comme les activités physiques adaptées.
« La canicule de 2003 a servi de leçon »
Dans les chambres, les ventilateurs tournent à plein régime pour aider à mieux supporter la température qui dépasse parfois les 30 °C. « Chaque heure, nous proposons de l’eau à tous les résidents. L’objectif est d’être toujours en veille afin de s’assurer que tout va bien », explique Anne-Lise Corbin, la directrice de l’établissement public.

Dans les chambres, les ventilateurs tournent et les stores sont baissés – © Angers.Villactu.fr
« La canicule de 2003 a servi de leçon. Aujourd’hui, nous avons des protocoles qui sont bien rodés », indique Marie de Tournemire, adjointe en charge des seniors et de la santé à la Ville d’Angers.
Le midi, après avoir mangé un repas adapté aux fortes chaleurs, les résidents qui le souhaitent peuvent rester dans la salle à manger climatisée pour regarder un reportage, participer à un atelier créatif, lire le journal ou faire une sieste.

Les activités se déroulent dans la salle climatisée à l’Ehpad César Geoffray – © Angers.Villactu.fr
Des risques de déshydratation
Résidente depuis deux ans, Bernadette n’est pas particulièrement affectée par cette nouvelle canicule : « Même dans ma chambre je suis bien, le ventilateur est suffisant. Pour dormir, on met un peu moins de vêtements. » À ses côtés, Monique, 84 ans, ne s’inquiète pas outre mesure : « On sait qu’il faut faire attention, mais c’est un moment exceptionnel. »
« Les résidents ne ressentent pas la chaleur de la même manière. Ils ont tendance à ne pas boire suffisamment, avec un risque de déshydratation », rappelle la directrice.
Céline, aide-soignante à l’Ehpad César Geoffray, porte justement une attention particulière avec ses collègues à ce risque de déshydratation : « Nous avons plusieurs goûts de sirop pour les aider à boire, mais également des glaces. On utilise aussi des brumisateurs et des gants humides. »
Des bâtiments à adapter au réchauffement climatique
Les équipes de nuit ouvrent les fenêtres pour essayer de faire entrer un peu d’air frais dans des bâtiments qui ne sont pas toujours adaptés au réchauffement climatique. « Dans les derniers étages c’est difficile, même pour nous. L’établissement est très vitré et il n’y a pas de stores partout », regrette Céline.
Le plan bleu déclenché
À quelques kilomètres, la situation est similaire à l’Ehpad Picasso qui appartient au groupe VYV. Dès la semaine dernière, la direction a déclenché le plan bleu, un dispositif en plusieurs étapes qui vise à se préparer à ce type d’événement. « Notre objectif est d’avoir une organisation qui permet aux résidents de passer le plus de temps possible dans nos trois salles climatisées », explique Laure Reveau, directrice de l’établissement qui accueille 70 personnes.
Ici aussi, l’hydratation des personnes âgées est particulièrement surveillée. « Une personne est chargée d’aller voir chaque résident pour lui proposer à boire. Elle indique ensuite la quantité d’eau qui a été consommée afin qu’après, on puisse, si nécessaire, mettre en place des mesures d’hydratation, notamment à destination des personnes les plus fragiles », détaille le Dr Goldberg, médecin coordonnateur au sein de l’Ehpad Picasso. En parallèle, une liste des personnes à risque de déshydratation a été réalisée dès la semaine passée, en lien avec les médecins traitants de chaque résident.
« Les organismes vont être mis à rude épreuve »
Le rythme de travail du personnel de l’établissement est également adapté, avec notamment davantage de pauses et des horaires aménagés lorsque cela est possible. « Nous débutons un marathon. Il va falloir tenir tout l’été, probablement avec des vagues de chaleur qui vont se répéter. Tous les organismes vont être mis à rude épreuve, que ce soit ceux des résidents et des professionnels », complète Laure Reveau.
Dans cet Ehpad du quartier des Justices, construit en 2005, les grandes surfaces vitrées permettent aux résidents de profiter de la vue sur le grand jardin de la résidence. Un choix architectural que le changement climatique vient aujourd’hui questionner. « L’année dernière, nous avons fait poser des films de protection solaire sur la façade sud. Ce n’est malheureusement pas suffisant avec les températures que nous connaissons actuellement. Il y a des évolutions à prévoir dans les années à venir », poursuit la directrice.
« C’est très difficile »
Ce mardi 23 juin, tandis que les températures battent des records à l’extérieur, la plupart des résidents regardent un film dans la salle d’animation ou profitent simplement d’une pause dans l’une des salles climatisées. Pour Jean, 87 ans, la chaleur actuelle n’est pas un problème. Passé par la Marine nationale, son parcours, qui l’a amené à se confronter à des situations extrêmes, lui permet de mieux accepter ces épisodes caniculaires.
Ce n’est pas vraiment le cas de Jocelyne. À 74 ans, cette résidente constate qu’elle gère beaucoup moins bien la chaleur depuis quelques années : « C’est très difficile, je suis extrêmement fatiguée. Habituellement, j’aime participer aux animations, notamment le yoga. Actuellement je n’ai pas l’énergie. »
Par Sylvain Réault.
Suivez toute l’actualité locale en vous abonnant à nos newsletters.
