Maine-et-Loire : les villes-centres délaissées par les couples pour acheter une maison
Société

Maine-et-Loire : les villes-centres délaissées par les couples pour acheter une maison

Selon une analyse de l’Insee, les couples entre 25 et 64 ans sont nombreux à quitter les villes-centres pour acheter leur maison en périphérie.

Maison construction

L’Insee a publié une analyse sur les ménages ayant déménagé au sein du Maine-et-Loire. Dans le département, ces mouvements concernant particulièrement les ménages âgés de 25 à 64 ans habitant autour d’Angers.

Une mobilité importante chez les 25-64 ans

En 2014, 11 800 ménages ont quitté leur département de résidence pour s’installer en Maine-et-Loire. Dans le même temps, 30 000 ménages ont changé de commune au sein du département. Les déménagements sont souvent liés à des changements liés au cycle de vie : études supérieures, premier emploi, mise en couple, arrivée d’un enfant, séparation, départ à la retraite, etc.

Les ménages entre 25 et 64 ans sont les plus nombreux à déménager au sein du Maine-et-Loire en 2014. Ils s’installent sur tous les territoires du département même si Angers reste la première destination, accueillant un tiers d’entre eux. Le facteur principal est la proximité avec l’emploi. Les personnes seules et les jeunes couples sans enfant sont les plus mobiles : ils représentent 60 % des ménages qui changent d’intercommunalité alors qu’ils ne représentent que 35 % de la population du Maine-et-Loire.

Les deux tiers des ménages ayant moins de 25 ans s’installent à Angers, notamment en raison des études. Il s’agit en effet souvent d’étudiants vivant le plus souvent seuls. La deuxième destination, Cholet capte 10 % des arrivées, notamment en lien avec les études et l’emploi.

Enfin, les ménages de plus de 65 ans représentent moins de 5 % des échanges migratoires.

De nombreux ménages quittent Angers pour accéder à la propriété

La ville d’Angers et son intercommunalité centralisent 56 % des migrations des ménages de 25 à 64 ans internes au Maine-et-Loire. Trois ménages sur cinq quittant la ville d’Angers sont des couples. Ils disposent d’un revenu plus élevé que ceux restant à Angers. L’accession à la propriété semble leur motivation principale : 38 % d’entre eux deviennent propriétaires dans une des quatre intercommunalités limitrophes à l’agglomération angevine et 27 % dans le reste de l’agglomération contre 15 % demeurent à Angers pour accéder à la propriété.

Les ménages accédant à la propriété achètent en majorité des maisons de type 4 ou 5 adaptées à leurs besoins. Les jeunes couples notamment choisissent ce type de biens dans trois quarts des cas. Acheter un logement moins cher est un des déterminants du départ des familles des villes-centres.

« A contrario, ce n’est pas l’explication principale du départ d’Angers vers les autres communes d’Angers Loire Métropole, les écarts de prix étant modérés. Un autre facteur explicatif est l’offre plus abondante de maisons de type 4 ou 5 : elle constitue 54 % des logements sur le reste de l’intercommunalité, contre seulement 18 % à Angers. Par ailleurs, sur 7 000 ventes immobilières à Angers entre 2013 et 2016, seules 1 300 concernent des maisons de type 4 ou 5. Sur la même période, 2 400 maisons de type 4 ou 5 sont vendues sur le reste de la communauté urbaine », explique l’Insee.

Une majorité de personnes vivant seules, souvent jeunes, aux revenus modestes, arrivent à Angers

La majorité des ménages de 25 à 64 ans arrivant à Angers sont des personnes seules dont la moitié a moins de 32 ans. Elles habitent en appartement (95 %). Certaines viennent chercher un premier emploi : 25 % des emplois du Maine-et-Loire se concentrent à Angers. Parmi ces personnes seules, 28 % sont en situation de pauvreté. Par comparaison, 12 % des habitants du ­Maine-et-Loire sont pauvres en 2015.

Les familles monoparentales et les couples avec de jeunes enfants représentent également une part élevée des arrivants (respectivement 16 % et 9 %). Les familles monoparentales sont déjà plus nombreuses à Angers (11 %) que dans le reste du Maine-et-Loire (7 %) à l’inverse des couples avec jeunes enfants (13 % contre 21 %). Parmi ces nouveaux Angevins, une famille monoparentale sur deux et un couple avec jeunes enfants sur trois sont en situation de pauvreté. Ils résident le plus souvent dans un logement social (respectivement 55 % et 41 %).

« L’offre de logement social est plus étoffée à Angers qu’ailleurs dans le département. La situation familiale et professionnelle d’un ménage est déterminante dans le choix de son lieu d’habitation. Quand cette situation évolue, cela peut le conduire à rechercher une solution plus adaptée. Ainsi, la recherche d’un premier emploi ou la séparation d’un couple amènera probablement ces personnes seules à rechercher un logement à moindre coût en centre-ville. Au contraire, la constitution d’une famille incitera à chercher un logement plus grand. », précise l’Insee.

  • Etienne

    Il y a différents problèmes qui expliquent cette situation :

    1- Les gens n’ont pas pris conscience de l’importance de réduire l’utilisation de la voiture et de préserver les espaces naturels. Du coup chacun veut, comme si il n’y avait pas de problèmes environnementaux, sa maison avec son jardin, comme dans les années 80/90 et le rêve de chaque couple ayant pour projet d’avoir des enfants.

    2- Pour ceux qui ont pris conscience de ça mais qui souhaitent tout de même une maison, il y a aujourd’hui extrêmement peu de construction de maisons sur Angers. Je crois que le seul endroit où il y en vraiment plusieurs c’est dans les Hauts-de-Saint-Aubin, après…

    3- Les maisons à acheter sur Angers même ont un coût assez élevé ne permettant pas à tout le monde de rester sur Angers.

    La solution qu’il faudrait selon moi c’est que chacun fasse un effort afin de protéger l’environnement. La municipalité devrait permettre la construction d’immeubles avec des T4, T5, T6 de grande taille et en grande quantité (13/14 étages) comme dans les années 70/80. Et de leur côté, les gens doivent prendre conscience qu’il n’est plus possible que chaque français est 500 m² de terrain et une maison de 150 m²…

  • dav49

    Sauf que actuellement, on detruit les barres d immeubles de 10 12 étages pour reconstruire a la place des petits collectifs de 2 3 étages max; Et les immeubles des années 70 ne sont plus du tout la mode des urbanistes d aujourd hui.
    Et je comprends les personnes qui recherchent une maison avec jardin pour voir s epanouir leurs progénitures dans des villages proches des métropoles.
    A Angers, il faudrait construire quelques immeubles de 10 15 étages contemporains et bâtir a coté des zones pavillonnaires qui attirent ces couples en recherche de maisons individuelles.

  • Etienne

    @dav49:disqus Le problème c’est qu’aujourd’hui ces barres d’immeubles sont détruites car il s’agit de cités construites rapidement après la guerre et qu’elles ne permettent pas d’y vivre correctement.

    Ceci étant, rien n’empêche comme vous le faites, de construire des immeubles contemporains plus haut désormais. Nantes est un bon exemple.

    C’est aussi un mode de vie à repenser. Que chacun est envie de voir ses enfants dans 500 m² de jardin, c’est bien, mais est-ce encore possible aujourd’hui (environnement notamment ?).

  • Maryse

    Etienne, je pense que chacun a le droit d’avoir une maison avec un petit jardin, notamment lorsqu’on a des enfants. Vivre en appartement, entassé les uns sur les autres, non merci !

  • Baptiste Dutry

    Maryse, dsl mais la maison avec jardin n’est pas un droit ! et ce n’est surtout pas possible vu la surpopulation mondiale ^^