À Angers, l’association Providenti’elles propose un lieu d’accueil destiné aux femmes traversant des ruptures de lien social ou des périodes de difficulté. Ouverte du lundi au vendredi, la maison combine espaces de coworking, ateliers collectifs et temps d’échange.

Alice, Marie de Nanteuil et Lucie, font vivre la maison de l’association Providenti’elles, à Angers. – © Angers.Villactu.fr
Installée au 6 rue Saint-Léonard à Angers depuis deux ans, l’association Providenti’elles s’est donné pour mission de créer des maisons chaleureuses à destination des femmes en rupture de lien social ou traversant périodes difficiles. Depuis son ouverture en mars 2024, plus de 80 femmes ont été accueillies dans cet espace qui combine accompagnement collectif et coworking.
Une maison pour se reconstruire
« Providenti’elles, c’est un lieu pour accueillir des femmes qui traversent des situations difficiles », explique Marie de Nanteuil, coordinatrice de la maison. Chômage, séparation, arrêt maladie ou isolement : autant de situations qui peuvent fragiliser et accentuer le sentiment de solitude. « L’association offre un cadre sûr où les femmes peuvent échanger, partager leurs expériences et retrouver progressivement confiance en elles », ajoute-t-elle.
Ces femmes, également appelées « Providenti’elles », peuvent pousser la porte de la maison du lundi au vendredi de 9 h à 18 h. « Chacune d’entre elle sera accueillie et ce, peu importe son âge, son origine ou ses revenus », explique Marie de Nanteuil.
Au cœur du projet, des ateliers collectifs permettent aux participantes de se reconnecter avec elles-mêmes et avec les autres. Ils sont organisés autour de plusieurs thématiques comme l’emploi et la formation, le bien-être et l’estime de soi, ou encore la cuisine et créativité.
« Les ateliers permettent de partager des savoir-faire, mais aussi de créer du lien », précise Marie de Nanteuil. Les participantes sont invitées à rester ensuite pour un café ou un déjeuner, afin de prolonger les échanges au-delà des activités : « Cette approche favorise la cohésion et permet aux femmes de repartir avec des conseils pratiques et un réseau d’entraide », ajoute la coordinatrice.
Marie de Nanteuil insiste tout de même sur la distinction entre le rôle d’accompagnement collectif que propose l’association, et le suivi professionnel qui peut être fait en parallèle : « Providenti’elles ne remplace pas un suivi psychologique ou médical. Nous offrons un espace sécurisé où réapprendre à créer du lien et retrouver un équilibre, mais les participantes sont suivies individuellement pour leurs besoins spécifiques ».

Les locaux de Providenti’elles sont agencés comme un vraie maison, avec une cuisine et un salon. – © Angers.Villactu.fr
« On rencontre des femmes que l’on n’aurait jamais croisé autrement »
En parallèle des « Providenti’elles », des coworkeuses sont également présentes au sein de la maison : « Elles assurent l’accueil et contribuent à créer une atmosphère conviviale, tout en disposant d’un espace de coworking pour développer leurs projets professionnels », poursuit Marie de Nanteuil.
C’est le cas d’Alice, arrivée récemment à Angers : « En venant ici, j’ai pu rencontrer d’autres femmes et avoir un endroit pour travailler sur mon projet professionnel sans rester seule à la maison. Depuis mon arrivée, je me suis forgé aussi de vraies amitiés ». Un constat partagé par Lucie, mère de plusieurs enfants, qui met en avant la richesse des échanges : « On rencontre des femmes que l’on n’aurait jamais croisées dans la vie de tous les jours, et ça donne du souffle et de l’inspiration, que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle ».
La maison fonctionne grâce à un modèle coopératif où les coworkeuses assurent les permanences et participent à l’entretien du lieu. Elles se réunissent régulièrement avec les « Providenti’elles » autour de temps conviviaux et disposent d’outils de communication internes pour rester en contact et partager ressources et conseils.

Le lieu accueille actuellement quatre coworkeuses et 20 Providenti’elles. – © Angers.Villactu.fr
Un fonctionnement basé sur la participation et le collectif
Pour rejoindre Providenti’elles, les femmes intéressées doivent d’abord participer à une réunion d’information collective. Cette rencontre permet de présenter le fonctionnement de la maison, le cadre proposé et les engagements attendus.
« À l’issue de la réunion, j’organise un entretien individuel afin d’évaluer l’adéquation entre la situation de la personne et le projet associatif, ajoute Marie de Nanteuil. Il n’y a pas de critères sociaux, mais il faut veiller à ce que les participantes disposent d’une disponibilité suffisante pour s’inscrire dans une dynamique collective ».
Les « coworkeuses », versent une participation financière de 45 euros par mois et tiennent une demi-journée de permanence, le matin ou l’après-midi, selon un planning établi collectivement. Une participation financière est également demandée aux « Providenti’elles » tous les mois, à raison de 20 à 55 euros selon le quotient familial, permettant un accès illimité à la maison et aux ateliers.
Toutes les informations pratiques sont à retrouver sur le site internet de l’association Providenti’elles.

Plusieurs ateliers thématiques et gratuits ont lieu chaque semaine. © Angers.Villactu.fr
Par Eline Vion.
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