Près de 129 millions d’euros d’investissements prévus en 2026 pour Angers Loire Métropole
Politique

Près de 129 millions d’euros d’investissements prévus en 2026 pour Angers Loire Métropole

Réunis ce lundi 19 janvier, les élus d’Angers Loire Métropole ont débattu des orientations budgétaires pour 2026. Près de 129 millions d’euros d’investissements sont annoncés, ciblés sur la voirie, l’eau et le numérique.

Angers vue cathédrale

Les orientations budgétaires d’Angers Loire Métropole en 2026 ont été passées à la loupe.

Les élus d’Angers Loire métropole ont débattu, ce lundi 19 janvier, des grandes orientations budgétaires de l’année à venir pour l’agglomération angevine. Dans un contexte national incertain et à quelques mois des élections municipales, la majorité affiche une stratégie de prudence. Au total, 128,6 millions d’euros d’investissements sont prévus, principalement en faveur de la voirie, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que du développement du « Territoire intelligent ».

Angers Loire Métropole confirme pour 2026 des choix déjà assumés les années précédentes : « Notre objectif repose sur trois axes : ne pas augmenter les impôts, accélérer la transition écologique et maîtriser l’endettement », a résumé Benoît Cochet, rapporteur du budget, lors du conseil communautaire.

La dette métropolitaine progresse quant à elle légèrement. Hors investissements liés au tramway et l’arrivée des deux nouvelles lignes, la dette passe de 373 millions d’euros en 2025 à 375,9 millions d’euros en 2026. Au total, elle atteint 569,2 millions d’euros. La majorité met tout de même en avant une situation financière jugée solide, avec une épargne brute supérieure à 80 millions d’euros et une capacité de désendettement restée inférieure à 8,5 années tout au long du mandat.

Des investissements en baisse depuis la fin du chantier du tramway

Après plusieurs exercices marqués par des volumes d’investissement élevés, notamment en raison du chantier du tramway, la trajectoire est désormais à la baisse. Les dépenses d’équipement atteignaient 191 millions d’euros en 2022, 142 millions en 2024, puis 132 millions en 2025. En 2026, elles s’établissent à près de 128 millions d’euros.

« Nous n’aurons pas tous les ans des volumes comparables à ceux du tramway. C’est un budget révélateur des années à venir. À certains égards, on a atteint un palier », a expliqué Christophe Béchu, président d’Angers Loire métropole, lors de la présentation du plan pluriannuel d’investissement. L’élu revendique « un budget très simple », marqué par « moins de dépenses et plus de recettes », tout en réaffirmant l’absence de hausse de la fiscalité locale en 2026.

Les recettes fiscales devraient représenter un peu moins de 30 % des ressources de la collectivité, avec 56,7 millions d’euros attendus des ménages et 57,5 millions d’euros des entreprises. Le versement mobilité, acquitté par les entreprises, est projeté à 73 millions d’euros, en hausse de 3 millions.

La voirie, premier poste de dépense

Avec près de 29 millions d’euros inscrits en 2026, la voirie constitue le premier poste d’investissement de l’agglomération. Depuis janvier 2022, Angers Loire métropole s’est substituée aux 29 communes membres pour l’aménagement et l’entretien de près de 2 000 kilomètres de voies. Les travaux de voirie et d’eaux pluviales restent ainsi un poste structurel des finances métropolitaines.

Le deuxième poste concerne l’eau et l’assainissement, pour un montant de 22,5 millions d’euros. Il comprend un chantier de sécurisation de l’alimentation en eau potable, estimé à environ 12 millions d’euros. Une canalisation de 80 centimètres de diamètre et de 3,5 kilomètres de long doit relier l’usine de production d’eau potable des Ponts-de-Cé à Angers, en traversant un bras de la Loire et l’Authion. Le démarrage des travaux est prévu cette année.

Une revalorisation tarifaire des redevances et abonnements de l’eau et de l’assainissement est également annoncée. Elle vise, selon la collectivité, à « compenser la hausse des charges de fonctionnement liée à l’évolution des prix des marchés et l’investissement exceptionnel de sécurisation de l’alimentation en eau potable ».

Le « Territoire intelligent » entre modernisation et débats

Autre axe structurant, le programme « Territoire intelligent » mobilise 8,3 millions d’euros en 2026. Ce dispositif repose sur l’usage du numérique pour optimiser la gestion de services publics tels que l’éclairage, l’arrosage des espaces verts, la collecte des déchets ou la circulation. Depuis son lancement, près de 120 millions d’euros y ont été consacrés.

Le centre névralgique de ce système, qualifié de « centre d’hypervision », doit s’installer en juin prochain dans les anciens locaux de la Banque de France, place Mendès-France, à Angers. Il concentrera les données et outils de pilotage à l’échelle de l’agglomération.

Ce projet suscite toutefois des interrogations au sein de l’opposition. Le groupe Demain Angers a alerté sur « un glissement progressif de la vidéosurveillance vers l’échelon métropolitain » et sur « les conséquences potentielles pour les libertés publiques ». Son représentant Yves Aurégan dénonce « une fuite en avant technosécuritaire », appelant à davantage de garanties démocratiques.

Des critiques sur la lisibilité et les priorités budgétaires

Lors du débat, l’élue d’opposition Silvia Camara-Tombini a pointé de forts écarts entre les prévisions du plan pluriannuel d’investissement présentées en 2025 et celles proposées pour 2026. « Jusqu’à 23 millions d’euros d’écart, sans aucune justification ni explication politique », a-t-elle regretté, évoquant des investissements sur l’eau, l’assainissement et les transports « fortement revus à la baisse ou disparaissant ».

Le groupe Demain Angers critique également un manque de lisibilité des lignes budgétaires, qui compliquerait le débat démocratique, ainsi que des incohérences entre le plan d’investissement transports et la délégation de service public votée en 2025, notamment sur l’accessibilité des arrêts de bus.

Sur le rapport annuel de développement durable, l’opposition regrette l’absence « d’indicateurs permettant d’évaluer concrètement les résultats en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’adaptation au changement climatique ou de lutte contre la pauvreté ».

Une incertitude liée aux finances de l’État

Enfin, Angers Loire métropole reste attentive aux évolutions nationales, notamment en ce qui concerne le dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités, dit « Dilico », prévu dans le projet de loi de finances 2026, qui pourrait amputer les recettes locales. La métropole a inscrit une contribution prévisionnelle de 1,3 million d’euros. « Il y a un réel doute sur le point d’atterrissage », reconnaît Christophe Béchu.

Par Eline Vion.

Suivez toute l’actualité locale en vous abonnant à nos newsletters.