Le Chabada entame l’année 2026 avec une programmation marquée par la pop et le rap, tout en laissant une place au jazz et aux artistes locaux. De janvier à mai, 37 concerts sont annoncés.

La chanteuse Miki, connue pour ses chansons « échec et mat » et « particule » se produira au Chabada. – DR
À Angers, la scène de musiques actuelles le Chabada aborde le début de l’année 2026 avec une programmation dense et éclectique, mêlant pop, rap, musiques urbaines et esthétiques jazz et soul. De janvier à mai, 37 concerts sont annoncés, dans un contexte économique que l’équipe juge plus favorable qu’au cours des dernières saisons.
« Le public répond bien présent », constate Stéphane Martin, programmateur du Chabada. Si les chiffres définitifs de la première partie de saison ne sont pas encore arrêtés, le ressenti est jugé encourageant par l’équipe du Chabada, qui anticipe un retour à l’équilibre financier.
En 2023, la structure avait enregistré un déficit de 80 000 euros : « Il y a toujours cette soif, cette envie de voir des concerts plus que jamais de la part du public. On avait un peu peur, avec le développement des réseaux et du streaming, que les gens préfèrent rester chez eux. Mais non », se réjouit-il. Sans masquer l’incertitude qui accompagne chaque date, il souligne une fréquentation « globalement satisfaisante », parfois au-delà du public local, avec des spectateurs venant de régions voisines.
Rap et pop au cœur du programme
Le rap ouvrira largement cette deuxième partie de saison. Après Sopico, dont le concert prévu en décembre a été reporté au 15 janvier dernier, Georgio retrouvera la scène angevine lors d’une date qui affiche déjà complet. Le rappeur, qui a grandi à Angers, y effectuera une résidence d’une semaine pour préparer sa tournée, avant d’y donner la première date de son nouvel album. « Je suis agréablement surpris de l’attachement qu’il exprime pour Angers. Il a passé quatorze ans de sa vie ici et il garde ce lien avec la ville », observe Stéphane Martin, rappelant que l’artiste avait découvert la salle en tant que spectateur.
Lujipeka est quant à lui attendu le 21 mars : « Ses albums sont toujours pertinents et il a un public fidèle, à une époque où le public rap a tendance à zapper rapidement », analyse le programmateur.
La pop occupera également une place importante dans la programmation, sous des formes variées avec la chanteuse PR2B qui défendra une pop revendiquant des influences punks, tandis que Miki, nommée dans la catégorie Révélation aux Victoires de la musique 2026, se produira le 14 mars. Stéphane Martin décrit son style comme « une pop qui mélange influences anglo-saxonnes, électro, rap et hyper-pop, tout en puisant dans une certaine tradition de la variété française ».
Théa apportera une touche plus abrasive avec une proposition électro-punk, tandis que Fyrs assurera la première partie de Lily Wood and the Prick le 27 mars, un choix que le programmateur qualifie de « coup de cœur ».

Mélanie Alaitru, directrice du Chabada et Séphane Martin, programmateur. – © Angers.Villactu.fr
Un fil rouge autour du jazz
Au-delà des musiques actuelles les plus médiatisées, le Chabada consacrera deux mois à un fil rouge autour du jazz, du blues, de la soul et de leurs dérivés. Celui-ci débutera le 5 février avec Gogo Penguin, accompagné de Nu Jazz en première partie. Malted Milk est annoncé le 11 mars. « C’est ce qui se fait de meilleur », estime Stéphane Martin.
Ce temps s’enrichira d’un partenariat avec le cinéma Les 400 Coups, qui proposera la projection du documentaire Soundtrack to a Coup d’État le 26 mars, suivie d’une masterclass avec le guitariste angevin Alex Grenier. « C’est un super documentaire qui explique comment le jazz a pu servir d’outil de propagande dans l’après-Seconde Guerre mondiale », précise Mélanie Alaitru, directrice du Chabada. Alex Grenier présentera ensuite son nouvel album lors d’un concert programmé le 1er avril.
La programmation fait aussi la part belle aux artistes locaux, reflet, selon l’équipe, « du dynamisme musical angevin ». Les rappeurs de Badaam ouvriront cette série le 27 janvier, suivis du trio de rock psychédélique Gondhawa le 12 mars, à l’occasion de la sortie de son deuxième album. Tomawok représentera la scène reggae le 29 avril. Trois concerts familiaux, programmés à 19 h 15, réuniront également des artistes angevins.
« On ne le fait pas exprès de choisir des artistes locaux, c’est parce qu’ils sont bons et qu’on a vraiment envie de les présenter, insiste Stéphane Martin. À Angers, on a tendance à dire que c’est une petite ville où il ne se passe pas grand-chose. Pourtant, on a une grosse culture musicale. »
Des nouveautés et de la médiation
Au-delà des concerts, le Chabada poursuit son travail d’accompagnement et de médiation culturelle. Ateliers, rencontres, blind tests et masterclasses rythmeront la saison, dont une consacrée au chant saturé. La finale de la deuxième édition de l’Open Mic Tour, dédiée aux voix émergentes du rap et du chant sur le territoire angevin, se tiendra le 2 avril.
Deux nouveautés viendront compléter l’offre. Le 14 février, la Journée du matos proposera une brocante musicale dédiée aux instruments et au matériel audio d’occasion. Par ailleurs, le Chabada lancera Les Anti-Chœurs, une chorale rock ouverte à tous dès 16 ans. Encadrés par des musiciens professionnels, les participants prépareront en quelques séances un répertoire collectif, qu’ils interpréteront ensuite sur la grande scène du lieu.
Le programme complet et la billetterie sont à retrouver sur le site internet du Chabada.
Par Eline Vion.
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