La liste Angers populaire, portée par La France insoumise (LFI), a lancé sa campagne pour les élections municipales de 2026. À l’occasion d’un premier meeting, les têtes de liste Arash Saeidi et Fabienne Allemandou ont présenté les grandes orientations de leur programme en présence de deux députées LFI.

De gauche à droite : Fabienne Allemandou, Gabrielle Cathala, Arash Saeidi et Aurélie Trouvé. – © Angers.Villactu.fr
La liste Angers populaire, portée par La France insoumise (LFI), a lancé sa campagne pour les élections municipales de 2026 à l’occasion d’un premier meeting organisé vendredi 30 janvier dernier à Angers. Pour ce rendez-vous, la tête de liste Arash Saeidi, député européen, avait convié deux députées du mouvement, Aurélie Trouvé, élue de Seine-Saint-Denis, et Gabrielle Cathala, députée du Val-d’Oise.
À cette occasion, Arash Saeidi a insisté sur la cohérence revendiquée entre les positions défendues par La France insoumise aux différents niveaux institutionnels : « Nous inscrivons notre campagne municipale dans une cohérence entre ce que nous disons au niveau européen, national et local », a-t-il déclaré, affirmant refuser « de promettre au niveau communal ce que d’autres votent contre à Paris ».
« Une autre ville est possible »
Les deux députées invitées ont abondé dans ce sens. Aurélie Trouvé, pour qui il s’agit de premières élections municipales sous la bannière LFI, a rappelé l’importance de l’échelon local pour « changer la vie des gens au quotidien ». « On dit souvent qu’un autre monde est possible. Pour nous, une autre ville est possible aussi », a-t-elle déclaré, appelant à faire des communes des « villes remparts » face aux politiques d’austérité.
« Le budget qui va être imposé par les non-votes de la censure, c’est près de deux milliards d’euros en moins pour les collectivités locales. Ça veut dire moins de crèches, moins de gymnases, moins de piscines », a-t-elle poursuivi, estimant qu’il existe « une contradiction totale entre certaines promesses locales et les décisions prises au Parlement » et que « les choix budgétaires nationaux ont des conséquences directes sur les collectivités ».
Gabrielle Cathala a, de son côté, mis en avant les effets du budget de l’État sur l’éducation et le secteur médico-social : « 4 032 postes d’enseignants doivent être supprimés à la rentrée, dont 270 pour l’Académie de Nantes, dont dépend Angers », a-t-elle indiqué. Elle a également évoqué « 350 millions d’euros d’économies sur les Ehpad », soulignant que « 80 % des Ehpad publics sont déjà en déficit », et que ces décisions auront, selon elle, « des conséquences directes pour les personnes âgées à Angers ».
Démocratie directe et biens communs
Le programme municipal a également été présenté par Fabienne Allemandou, deuxième sur la liste Angers populaire. Elle a revendiqué une inspiration issue de l’expérience de Barcelone, autour du communalisme : « Les biens communs, comme l’eau, l’énergie ou les transports, doivent être contrôlés collectivement par la commune, a-t-elle expliqué. Cela permet de poser la question de la démocratie directe et du partage du pouvoir entre les élus et les habitants ».
Pour Angers populaire, l’un des axes centraux de leur programme consiste à rendre la ville « moins chère ». Arash Saeidi a rappelé que « le taux de pauvreté à Angers est de six points au-dessus de la moyenne nationale, et atteint près de 30 % chez les moins de 30 ans ». Dans ce contexte, la liste défend « la gratuité progressive des transports en commun, des premiers mètres cubes d’eau indispensables à la vie, ainsi que de la cantine et des fournitures scolaires ».
Au-delà du pouvoir d’achat, la gratuité des transports est présentée comme un levier de mobilité sociale : « Il y a des personnes qui se sentent assignées à résidence dans leur quartier », a déclaré Arash Saeidi. « Nous serons les représentants des classes populaires, ceux qu’on n’entend pas, ceux qu’on ne voit pas, et qui doivent faire le choix entre remplir leur frigo ou payer leurs factures. »
Logement, commerce et environnement
Le logement figure également parmi les priorités de la liste. Arash Saeidi a pointé « l’augmentation des bureaux vacants depuis dix ans », qu’il oppose au « manque de logements sociaux accessibles financièrement ». Il plaide également pour la création d’« un service public du grand âge ».
Angers populaire défend par ailleurs le commerce de proximité, notamment par le plafonnement des loyers commerciaux et le refus de nouvelles grandes surfaces : « On ne peut pas dire qu’on veut sauver le commerce de centre-ville et dérouler le tapis rouge à des centres commerciaux toujours plus grands en périphérie », a déclaré Arash Saeidi, estimant que ces projets entraînent artificialisation des sols et déplacements d’activités plutôt que créations d’emplois.
La liste s’oppose aussi à l’extension de la zone Nouvelle Océane, un projet logistique prévu sur des terres agricoles et des zones humides. « Ce projet ne répond à aucun besoin réel », a affirmé Fabienne Allemandou, défendant l’idée d’un référendum d’initiative citoyenne pour renforcer la démocratie locale.
Le binôme de tête d’Angers populaire a par ailleurs indiqué que la liste des 59 candidats serait prochainement rendue publique. Constituée notamment à partir du porte-à-porte, elle rassemble « des citoyens, des militantes et militants associatifs ou syndicaux », selon Arash Saeidi.
Par Eline Vion.
Suivez toute l’actualité locale en vous abonnant à nos newsletters.
