Une semaine après le placement du département en vigilance rouge pour crues, la baisse progressive de la Maine et de la Loire permet d’envisager une sortie de la phase d’urgence d’ici mercredi.

La décrue a débuté à Angers. – © Angers.Villactu.fr
Une semaine après le début de la vigilance rouge pour crues dans le département du Maine-et-Loire, la situation évolue favorablement ce lundi 23 février. À l’occasion de la cellule de vigilance organisée à l’hôtel de ville d’Angers, le maire Christophe Béchu et la présidente du Département Florence Dabin ont dressé un point d’étape. Si la prudence reste de mise, la décrue est désormais engagée sur la Maine et la Loire.
« Sortir de la situation d’urgence »
À 7 heures, la Maine affichait une cote de 6,33 mètres à la station Basse-Chaîne, soit six centimètres de moins que la veille au soir. « On se réveille ce matin avec une Maine plus basse qu’hier. Le pic a été atteint dans la nuit de samedi à dimanche », a souligné Christophe Béchu. Selon les projections de Vigicrues, la baisse devrait se poursuivre au rythme d’un peu plus d’un centimètre toutes les deux heures, avec une diminution attendue de 31 centimètres dans les prochaines quarante-huit heures. « Cela pourrait vouloir dire que mercredi, nous repasserons sous les 6 mètres et que nous pourrons sortir de la situation d’urgence du plan communal de sauvegarde », a précisé le maire.
La Loire suit une tendance comparable. Aux Ponts-de-Cé, la cote relevée ce lundi matin était de 5,41 mètres, en baisse de six centimètres en douze heures. À Montjean-sur-Loire, la décrue reste plus lente, mais les prévisions annoncent un recul progressif dans les prochains jours. Les conditions météorologiques annoncées jusqu’à mercredi sont jugées favorables, « malgré un risque de faibles précipitations en fin de semaine », a ajouté Christophe Béchu.
Transports et voiries : des réouvertures progressives
En raison de cette amélioration, plusieurs équipements et axes vont rouvrir progressivement dans les jours à venir. La ligne A du tramway reprendra son fonctionnement normal dès mardi matin. Le pont de la Haute-Chaîne est de nouveau accessible dans le sens centre-ville vers le CHU, tandis que la circulation reste interrompue dans l’autre sens en raison d’eau persistante boulevard Ayrault. Le pont de Verdun demeure fermé dans l’attente d’une inspection.
« Nous devons anticiper la décrue, mais sans se précipiter, a insisté Christophe Béchu. Il faut rester extrêmement vigilant. Ne pas aller trop vite sur des allégements de dispositifs qui se retourneraient contre les habitants ».
Les voies inondées ne seront rouvertes qu’après le passage des équipes de nettoyage et de sécurisation. Des opérations de propreté et de dératisation ciblées sont programmées dans les secteurs touchés.
Deux parkings rouvrent également ce lundi, place François-Mitterrand et au CHU-Larrey, avec un accès gratuit pendant quelques jours.
Du côté des équipements publics, le Marché d’intérêt national (MIN) a rouvert dimanche soir. L’IceParc, le gymnase Bertin et l’Angers Tennis Club reprendront leurs activités mardi. Le gymnase Rousseau reste mobilisé comme capacité d’accueil tant que la Maine demeure au-dessus de 6 mètres. Le parc des sports de La Baumette reste en revanche fermé.
Un diagnostic des ouvrages d’art annoncé
Au-delà des réouvertures, les collectivités entendent tirer les enseignements de cet épisode. Près d’une centaine d’ouvrages d’art sur le territoire d’Angers Loire Métropole ont été confrontés à la montée des eaux.
« Nous devons profiter de cette période pour lancer un diagnostic complet de tous les ouvrages impactés », a déclaré Christophe Béchu. Florence Dabin a appuyé cette nécessité de prudence. « Nous ne sommes pas encore en capacité de mesurer l’impact et la pression de l’eau sur l’ensemble des ouvrages. Ouvrir une voie pour des piétons ou des voitures n’est pas la même chose que pour des poids lourds ». La présidente du Département a évoqué la possibilité de restrictions temporaires de circulation sur certains ponts, notamment celui du Louet, le temps d’effectuer les vérifications nécessaires.
Deux routes départementales ont néanmoins été rouvertes ce lundi matin, la RD 178 entre Le Puy-Notre-Dame et les Deux-Sèvres, ainsi que la RD 103 entre Montreuil-Juigné et Cantenay-Épinard.
À Briollay, quinze jours sans gaz
Si la décrue apporte un soulagement progressif, certaines communes restent confrontées à des difficultés majeures. À Briollay, située entre la Sarthe et le Loir, une grande partie de la population est privée de gaz.
« On est parti pour quinze jours sans gaz, y compris pour des habitants qui sont loin des inondations », a expliqué le maire Arnaud Hie. GRDF doit mettre à disposition des convecteurs électriques et la commune organise des solutions temporaires, notamment l’accès à des douches dans la salle de sport municipale.
Préparer la suite
Pour accompagner les professionnels sinistrés, le maire d’Angers a pris des arrêtés de fermeture administrative pour les secteurs du quai des Carmes et de l’îlot Molière – Thiers-Boisnet. Ces mesures doivent faciliter la prise en charge des pertes d’exploitation par les assurances, en complément du régime de catastrophe naturelle dont la reconnaissance est annoncée au niveau national le 4 mars.
Angers Loire Métropole prépare également un dispositif exceptionnel de collecte des déchets. Des assouplissements sont prévus dans les déchèteries et l’installation de bennes temporaires est à l’étude dans les communes les plus touchées afin d’éviter des déplacements aux habitants. « Situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles », a résumé Christophe Béchu, tout en soulignant les contraintes de moyens humains en période de vacances scolaires.
Le maintien des dispositifs d’éclairage et de surveillance est assuré dans les quartiers encore touchés. Des réunions d’information avec les sinistrés sont envisagées dans plusieurs communes afin d’accompagner les démarches administratives et le retour progressif à la normale.
Par Eline Vion.
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