Longtemps restée fermée au public, l’abbaye du Ronceray à Angers ouvre de nouveau ses portes pour des visites en avant-première à compter du mercredi 11 février, avant une réouverture complète prévue au printemps.

L’abbaye du Ronceray fêtera son millénaire en 2028. – © Angers.Villactu.fr
Fermée depuis la Révolution française, l’abbaye du Ronceray s’apprête à accueillir de nouveau des visiteurs après douze mois de travaux. À partir de ce mercredi 11 février, l’église abbatiale sera ouverte pour des visites en avant-première, avant une réouverture officielle programmée en mai.
Fondée en 1028, l’abbaye du Ronceray fut pendant plusieurs siècles l’un des établissements monastiques féminins les plus puissants de l’Anjou. Fermée en 1791, elle a connu par la suite de multiples usages avant d’être classée Monument historique en 1840. Propriété de la Ville d’Angers depuis 1998, l’édifice était resté largement inaccessible au public, à l’exception de quelques expositions et visites ponctuelles. « La priorité aujourd’hui, c’est la réouverture, pour les Angevins comme pour les visiteurs », explique Stéphanie Vitard-Gibiat, responsable du service Angers Patrimoine.
Un chantier de 1,4 million d’euros
Engagés après trois années d’études préalables, les travaux menés en 2025 ont concerné environ 300 m² de surface, pour un budget global de 1 400 000 €, financé à hauteur d’un tiers par l’État. Ils ont porté à la fois sur les accès extérieurs et sur l’accueil du public à l’intérieur de l’église abbatiale. Le portail ouest, rue de la Censerie, et la cour occidentale ont été restaurés à l’identique. Le décor du portail, démonté pierre par pierre en 2021, a été remonté après restauration des menuiseries et des éléments sculptés.

Le monument est adapté aux personnes à mobilité réduite. – © Angers.Villactu.fr
Désormais, l’entrée des visiteurs se fait par le portail sud, place de la Laiterie, ancienne entrée principale de l’abbatiale. « Nous avons fait tout un travail de documentation pour retrouver les couleurs d’origine du portail », précise Stéphanie Vitard-Gibiat. Les vantaux en bois ont notamment retrouvé un bleu de Maude proche de leur teinte d’origine. Un sas vitré, un espace d’accueil avec billetterie, une rampe accessible aux personnes à mobilité réduite, des sanitaires, ainsi qu’une mise aux normes électriques et un nouvel éclairage ont été installés afin d’améliorer le confort et la sécurité du public.
À l’intérieur, les aménagements contemporains ont été volontairement distingués des structures historiques. « Nous avons choisi du chêne clair, qui permet de bien différencier la partie aménagée de la partie ancienne en pierre », souligne la responsable d’Angers Patrimoine.

Des peintures anciennes se cachent encore sous les murs. – © Angers.Villactu.fr
Un nouveau lieu culturel pour la ville
La restauration de la nef ouvre la voie à une utilisation culturelle du site. L’église abbatiale pourra accueillir jusqu’à 226 personnes assises ou plus de 650 debout. Concerts, expositions et conférences y sont désormais envisagés : « Il y a une très belle acoustique naturelle, le chant et la musique passent très bien, observe Nicolas Dufetel, adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine. On offre un nouveau lieu de rassemblement pour la culture angevine. »
Le festival Pianopolis sera le premier à investir les lieux en mai, avant une exposition de l’artiste contemporain Claude Viallat, programmée fin juin.

La cour intérieure a également été refaite. – © Angers.Villactu.fr
Des travaux encore à poursuivre
Cette première tranche de restauration ne marque toutefois pas la fin du chantier. Des travaux d’assainissement, estimés à 200 000 €, doivent encore être engagés afin de limiter les infiltrations. Ils seront suivis d’opérations de préservation des peintures murales, dont le coût est évalué entre 400 000 et 500 000 €.
« C’est une église qui recèle encore des décors extraordinaires, souligne Stéphanie Vitard-Gibiat. On pourrait y découvrir des peintures, à condition de travaux conséquents ». Le maire d’Angers, Christophe Béchu, abonde dans ce sens, évoquant « un potentiel patrimonial exceptionnel » encore en partie invisible. Il précise toutefois que la poursuite éventuelle de ces travaux relèvera « de la prochaine majorité à l’issue des élections municipales ».
Avant la réouverture officielle en mai, des visites gratuites sont proposées du 11 au 27 février, sur réservation auprès de Destination Angers. Une exposition intitulée « L’abbaye du Ronceray, mémoire de femmes, mémoire de pierres » est également présentée au RU Repaire Urbain jusqu’au 20 septembre.

Les vantaux en bois ont retrouvé leur teinte d’origine. – © Angers.Villactu.fr
Par Eline Vion.
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