Ce jeudi 28 et vendredi 29 août, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, était à Angers quelques jours avant la rentrée scolaire. En déplacement au collège Jean Mermoz ce vendredi matin, l’ancienne Première ministre est allée à la rencontre des enseignants.

Élisabeth Borne a échangé avec des enseignants du collège Jean Mermoz – © Angers.Villactu.fr
Après avoir tenu la veille une réunion en préfecture sur les enjeux de sécurité au sein des établissements scolaires, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, s’est rendue ce vendredi matin au collège Jean Mermoz, dans le quartier de La Roseraie.
« Mieux détecter et prendre en charge les jeunes en situation de détresse psychologique »
Devant des enseignants, la ministre a fait part de « son ambition à mieux détecter et prendre en charge les jeunes en situation de détresse psychologique, qui peuvent être dangereux pour eux-mêmes, mais aussi pour les autres. Nous avons de nombreux sujets sur la sécurité. Il n’est pas possible d’enseigner si on n’arrive pas à assurer la sécurité dans les établissements scolaires ».
Professeur d’allemand au sein de l’établissement et secrétaire départemental du syndicat SNES-FSU, Pierre Gauducheau s’est inquiété de la mise en place de portiques de sécurité dans tous les établissements scolaires. « Il n’y a pas de plan national pour déployer des portiques. C’est important que chaque établissement apporte les réponses qui lui semblent adaptées après un travail réalisé localement », lui a répondu l’ancienne Première ministre soulignant qu’un plan de lutte contre les armes blanches est en place.
Un manque de personnels
Sur le climat à l’école, l’enseignant regrette l’absence cette année de médiateurs sociaux. « Nous avons besoin de personnels, que ce soit des assistants d’éducation, des psychologues et infirmières scolaires, mais aussi davantage de médecins scolaires ». Si Élisabeth Borne ne lui a pas répondu, le Département s’en est chargé par la voie d’un communiqué de presse indiquant sa volonté de « poursuivre le financement pour la prochaine rentrée des postes de médiateurs sociaux ». Sept postes seront financés dans ce cadre.
En ce qui concerne la santé mentale, la ministre de l’Éducation nationale a rappelé qu’il était « fondamental de renforcer la capacité d’accompagnement des jeunes dans les établissements scolaires ». Un choix qui dépendra cependant du prochain budget, loin d’être adopté en ces temps particulièrement agités.
Élisabeth Borne a également été interpellée sur les problématiques d’orientation de certains élèves avec des besoins spécifiques, mais aussi sur la place de la technologie comme matière, par un professeur inquiet pour l’avenir de sa discipline, qui n’est plus au programme pour les élèves de 6e. « Je n’ai pas de doute sur le fait que cette discipline soit importante, nous manquons de techniciens et de techniciennes aujourd’hui », a répondu la ministre de l’Éducation nationale.

La ministre a échangé directement avec des enseignants – © Angers.Villactu.fr
Des élèves en désaccord avec la laïcité
« Lorsque j’enseigne la laïcité, de nombreux élèves ne sont pas d’accord. Cela m’interroge et m’inquiète. Il y a quinze ans, les élèves étaient d’accord sur le principe de laïcité », s’est exprimée une professeure d’histoire-géographie. « Nous fêtons les 120 ans de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Nous devons être plus convaincants, il s’agit d’une loi de liberté », a réagi Élisabeth Borne.
Un échange qui n’a pas forcément été du goût d’une professeur d’anglais : « Il est important que nous ne restions pas sur cet échange. Nous avons fait de nombreuses minutes de silence ces dernières années et nos élèves sont respectueux. Les élèves sont à l’écoute. Ils ne sont pas toujours d’accord, mais il y a de vraies discussions. Il ne faut pas stigmatiser nos élèves. »

Un point sur la sécurité de l’établissement a été fait en présence des forces de l’ordre – © Angers.Villactu.fr
La matinée s’est poursuivie par un second temps d’échange avec des professeurs stagiaires, puis avec des professeurs de la classe à horaires aménagés en mathématiques et en sciences (Chams). Annoncées dans le cadre du plan « Filles et maths » et mises en place à partir de la rentrée dans 61 collèges partout en France, ces classes visent notamment à renforcer la présence des filles dans les filières scientifiques.
La visite du collège Jean Mermoz s’est achevée par un point sur la sécurité au sein et aux abords de l’établissement. « Il y a quatre ans, nous avions un niveau de violence inacceptable. Nous avons mis en place un plan d’actions sur deux ans qui a porté ses fruits », a indiqué Thierry Walmé, principal de l’établissement. Un travail de sécurisation des abords du collège a notamment été mené avec les forces de l’ordre.
Par Sylvain Réault.
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