Ce samedi 21 février, la Maine et la Loire atteindront leur pic de crue en fin de journée. Une légère baisse est attendue dans les prochains jours, mais les niveaux demeurent exceptionnels et les autorités restent prudentes.

Le pic de la crue sera atteint en fin de journée. – © Angers.Villactu.fr
Ce samedi 21 février, les niveaux de la Maine et de la Loire restent exceptionnellement élevés dans le département, mais les autorités constatent une stabilisation progressive des cours d’eau avec une amorce de baisse attendue dans les prochaines heures.
Réunis à l’hôtel de ville d’Angers pour un nouveau point de situation ce matin, élus et services de l’État ont dressé un état des lieux prudent, une semaine après le début des inondations.
Un pic atteint ce samedi, une baisse lente attendue
Selon les modélisations présentées ce matin, le pic de crue doit être atteint dans la journée, avec une cote de 6,39 mètres sur la Maine et 5,41 mètres sur la Loire. D’ici lundi matin, les niveaux pourraient redescendre à 6,25 mètres et 5,27 mètres, soit une baisse d’environ 14 centimètres.
« La timide baisse se confirme et se prolonge, même si elle reste modeste, a souligné le maire d’Angers, Christophe Béchu. Nous n’avons pas, à ce stade, de nouvelles fermetures à décider liées à une montée des eaux ».
L’édile appelle toutefois à la prudence : « Se réjouir de revenir à 6,25 mètres, ce n’est pas revenir à une situation normale. Nous restons sur des niveaux extraordinaires ». Le rythme de décrue envisagé serait d’environ un centimètre toutes les deux heures, même si des incertitudes demeurent, notamment sur la Vienne, « dont les variations sont jugées moins prévisibles », ajoute-t-il.
Un constat partagé par le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau : « Nous aurons une décrue dans les prochains jours, c’est quasi certain au regard des modèles. Mais il existe encore une incertitude importante. Si les pluies annoncées en milieu de semaine sont plus marquées que prévu, elles pourraient avoir pour effet de refaire gonfler la rivière, alors même que les niveaux resteront très élevés. »

Les habitants s’adaptent à la montée des eaux. – © Angers.Villactu.fr
Des coupures d’électricité ciblées
À Angers, les coupures d’électricité concernent environ 0,2 % des usagers, soit près de 300 foyers. Pour le gaz, 0,4 % des abonnés sont touchés, soit un peu plus de 150 clients. « Ce sont des coupures extrêmement ciblées », a précisé Christophe Béchu.
Dans d’autres communes, la situation est plus délicate. À Briollay, les 370 foyers raccordés au réseau de gaz ont été privés d’alimentation. Plusieurs familles ont été évacuées, certaines vers des hébergements d’urgence ou chez des proches. « Une cellule d’accompagnement psychologique a été activée pour soutenir les personnes fragilisées par la situation », précise le préfet.

Des coupures d’électricités ont eu lieu dans le bas du centre-ville, tandis que poursuit sa montée. – © Angers.Villactu.fr
Des routes et ouvrages sous surveillance
Certaines infrastructures restent bel et bien fermées. La RD 132, entre Les Ponts-de-Cé et Saint-Jean-de-la-Croix, a de nouveau été fermée ce samedi matin en raison de 10 centimètres d’eau sur la chaussée. Le pont de Verdun demeure interdit à toute circulation, y compris aux piétons et cyclistes. C’est le cas aussi pour le pont du Louet, notamment en raison de la détection d’éléments de vulnérabilité sur l’ouvrage : « Une inspection approfondie devra être réalisée avant toute réouverture », précise le Département.
La RD 768 à Montreuil-Juigné a quant à elle rouvert en totalité en début d’après-midi sur le pont franchissant la Mayenne, dans les deux sens de circulation. La vitesse y est toutefois limitée à 30 km/h.
Les équipes du conseil départemental assurent une surveillance continue des axes structurants, avec pour objectif de « maintenir la circulation partout où cela reste possible, sans compromettre la sécurité ».

Le pont de Verdun est entièrement fermé à la circulation. – © Angers.Villactu.fr
Anticiper la décrue et ses conséquences
Les autorités anticipent déjà la phase de décrue : « Deux colonnes de renfort de sapeurs-pompiers ont été réservées au niveau national, avec des moyens humains et matériels pour le nettoyage et le pompage », explique François Pesneau. Des pompes de grande capacité pourraient être déployées dans les prochains jours. La participation de forces armées au nettoyage des accès est également « en cours de discussion ».
Le préfet a reconfirmé qu’une réunion interministérielle se tiendra la semaine prochaine pour examiner les demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Une autre est déjà programmée le 4 mars. « Pour les communes les plus concernées, il n’y aura pas de difficulté. Ce sera une question de formalités », a assuré François Pesneau, invitant les maires à préparer leurs dossiers.

Des renforts seront appelés pour remettre en ordre la ville après la décrue. – © Angers.Villactu.fr
Commerçants et assurances
Concernant les commerçants, le recours à l’activité partielle est possible pour ceux qui emploient des salariés. À Angers, des arrêtés de fermeture administrative ont été pris afin de permettre « l’activation des assurances perte d’exploitation sans attendre la procédure nationale », indique le maire d’Angers.
Alors que près de deux kilomètres de passerelles piétonnes provisoires ont été installés et que des milliers de sacs de sable ont été distribués, les autorités insistent sur la vigilance. Tant que les niveaux demeurent supérieurs à 6 mètres sur la Maine, « la mobilisation doit rester totale », rappelle Christophe Béchu. Un nouveau point de situation est prévu lundi matin.

Deux kilomètres de passerelles ont été mises en place par des agents de la ville. – © Angers.Villactu.fr
Par Eline Vion.
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