Selon le dernier Observatoire de l’immobilier d’entreprise en Maine-et-Loire réalisé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), le stock de bureaux vides est de plus en plus important dans l’agglomération angevine.

De nombreux bureaux sont disponibles dans l’agglomération – © Angers.Villactu.fr
La ville d’Angers n’échappe pas à la tendance nationale. La crise sanitaire et l’essor du télétravail ont fait évoluer l’usage des bureaux. De son côté, l’instabilité politique, aussi bien au niveau national qu’international, fragilise de nombreuses entreprises et freine leur développement.
La conséquence se remarque dans les rues d’Angers avec de nombreux panneaux indiquant la présence de locaux disponibles. Selon l’Observatoire de l’immobilier d’entreprise publié par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Maine-et-Loire, 94 105 m² de bureaux sont actuellement vacants dans l’agglomération angevine (+8,5 % en un an), soit l’équivalent de « trois ans de stock ».
« Le territoire reste attractif et résiliant »
« Les chiffres ne sont pas si mauvais que ça, tempère Christophe de Guisti, président du Club immobilier de l’Anjou. Le territoire reste attractif et résiliant ».
En 2025, la surface de bureaux commercialisés s’est élevée à 34 086 m², un chiffre au-dessus de la moyenne de ces quinze dernières années qui est de 31 128 m². En 2024, 46 775 m² avaient trouvé preneur, avec 11 000 m² uniquement pour la Caisse des dépôts et consignations qui a rassemblé ses activités dans le quartier de la gare. Si le nombre de transactions a baissé entre 2024 et 2025 passant de 149 à 143, cela reste toutefois le meilleur total depuis 2020.
Une baisse des prix
Parmi ces différentes transactions, 77 % concernent des surfaces inférieures à 200 m². « Il y a une disparition de la demande exogène. Les grosses entreprises ne quittent plus les grandes métropoles où les prix ont également diminué », constate le président du Club immobilier de l’Anjou.
Cette baisse de prix est également visible à Angers. En 2025, le prix moyen à la location était de 137 €/m² contre 141 € un an plus tôt. À la vente, les bureaux se vendent en moyenne 2 500 €/m² contre 1 700 €/m² pour de l’immobilier de seconde main
Pour Christophe de Guisti, parmi les 94 105 m² de bureaux vacants, une partie est probablement désormais inadaptée à la demande. Des études complémentaires vont d’ailleurs être réalisées afin d’identifier les bureaux vides qui ne répondent plus aux besoins.
Ces deux dernières années, de nombreux programmes de bureaux sont sortis de terre, notamment dans le quartier Saint-Serge avec l’immeuble Métamorphose et ses 25 000 m². De nouveaux programmes sont prévus, toujours à Saint-Serge, mais aussi à Orgemont ou Belle-Beille. Faut-il pour autant continuer de construire si les stocks sont aussi importants ? Oui répond Christophe de Guisti : « Il faut continuer à construire, mais de façon plus raisonnée et à des endroits plus appropriés. La société a évolué. Des bureaux isolés et trop vétustes ne trouveront plus preneur. »
Par Sylvain Réault.
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