L’association Paroles croisées autour de la mort, qui a vu le jour à Angers en 2022, souhaite profiter des élections municipales pour interpeller les élus et candidats sur la nécessité de disposer de salles communales pour célébrer les obsèques civiles.

L’association souhaite que des cérémonies avec cercueil aient lieu dans des salles communales – © Adobe Stock
Parler de la mort n’est jamais facile. C’est pour cette raison que l’association Paroles croisées autour de la mort (APCM) a vu le jour en 2022. « Nous sommes partis du constat que la mort est taboue dans notre société », se souvient Élise Belliard-Beaussier, présidente de l’association.
Tout au long de l’année, l’association qui compte 150 adhérents propose des conférences, des ciné-rencontres, des groupes de lecture, mais également des « cafés mortels ». « C’est l’occasion de parler de mort, avec un moment convivial à la fin », indique Élise Belliard-Beaussier.
À deux semaines du premier tour des élections municipales, l’association entend mettre un sujet sur la table : la mise à disposition de salles communales pour célébrer les obsèques civiles.

L’association a été créée en 2022 – © Angers.Villactu.fr
« Une évolution sociétale »
« Nous estimons que les crématoriums, les églises et les cimetières ne répondent pas à toutes les demandes. Il y a une évolution sociétale qui amène de nouveaux besoins. Il y a un besoin de plus en plus important de personnaliser les cérémonies », avance Francis Huet, membre de l’association.
Selon une enquête du Crédoc, réalisée en 2024, « 30 % des personnes interrogées souhaitent une cérémonie civile ». Par ailleurs, le pourcentage de crémations est passé de 1 % en 1980 à 46 % en 2025.
Depuis un an et demi, un groupe de travail s’est mis en place à ce sujet au sein de l’association. En lien avec l’Association des maires et présidents de communautés de Maine-et-Loire (AMF 49), un questionnaire a été envoyé à l’ensemble des communes du Maine-et-Loire. Sur les 58 communes qui ont répondu, 40 % indiquent avoir déjà été interpellées par des habitants afin de disposer d’une salle à l’occasion d’une cérémonie. « Seulement 16 % déclarent avoir une salle permettant des cérémonies civiles, avec cercueil, soit 5,71 % de l’ensemble des communes du département », soulignent les membres de l’association.
Des projets de lois
Lors d’une enquête menée auprès de ses adhérents, l’APCM a constaté que 84 % d’entre eux ignorent si leur commune dispose d’une salle permettant les cérémonies civiles.
En 2016, la députée Catherine Beaubatie a déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale, proposant que chaque municipalité puisse mettre à disposition une salle gratuite pour des funérailles civiles. Le projet de loi avait été adopté par l’Assemblée nationale avant d’être rejeté par le Sénat. De nouvelles tentatives ont eu lieu en 2022 et 2024, mais n’ont pas abouti.
« Les maires peuvent accepter de mettre à disposition une salle communale. Ils n’ont pas l’obligation d’en délibérer en conseil municipal », précise Élise Belliard-Beaussier.
Une initiative citoyenne à Chemillé-en-Anjou
Au sud d’Angers, à Chemillé-en-Anjou, un collectif de citoyens a vu le jour il y a quelques mois afin de pouvoir porter cette demande auprès de la mairie. « Cette demande a été reçue très favorablement par la collectivité. Nous avons eu plusieurs rencontres avec des élus. Il faut maintenant attendre que les élections aient lieu pour continuer d’avancer sur ce sujet », explique Denis Charrier, membre du collectif qui compte à ce jour une cinquantaine de personnes.
Par Sylvain Réault.
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